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Dans l'actualité Hommage à Claude Rich
Le jeudi 20 juillet, une longue maladie – comme l’on dit pudiquement - a eu raison de Claude Rich, ce gentilhomme des planches, cuvée 1953 du Conservatoire d’art dramatique, classe de Georges Le Roy. Il était passé précédemment par le cours de Charles Dullin. C’est la lecture de Mort à Crédit qui aurait décidé de sa vocation. La prose célinienne a toujours été sa petite musique.

GROS PLAN
Affiche du spectacle
© X,dr
La voix était un tantinet nasillarde, mais elle s’illuminait d’un coup, chaude, généreuse. On était sous le charme. Avec son visage épanoui et cette silhouette de jeune premier, il était le grand frère, le compagnon légèrement égrillard qui ne se départait jamais de sa distinction. Les grands seigneurs étaient son pré carré. Il imposait le respect par son élégance, et pas seulement une élégance vestimentaire, mais une élégance du cœur qui nous troublait quand il acceptait d’incarner des personnages antipathiques, comme l’inspecteur Bony dans le Stavisky d’Alain Resnais ou ce Talleyrand qu’il a campé à la scène et au cinéma dans Le Souper. Au théâtre, il pouvait être Mazarin (Le Diable rouge), à la télévision Léon Blum, au cinéma le général Leclerc (Paris brûle-t-il ?) qui a causé un frisson à sa veuve en le voyant apparaître. A l’écran, il pétillait dans les seconds rôles, réfractant la lumière sur les têtes d’affiche, comme Alain Delon ou Jean-Paul Belmondo, son camarade du Conservatoire et membre de la petite bande Marielle-Girardot-Rochefort. Pour le grand public, c’était un "Tonton flingueur" ou le partenaire de Louis de Funès dans Oscar.

Mais son domaine, c’était réellement les planches, là où il vous clouait sur votre fauteuil, avec une voix qui s’amplifiait dans la salle. Je me rappelle l’avoir côtoyé lors de deux grandes pièces, données au Théâtre de Paris : Honni soit qui mal y pense de l’auteur anglais Peter Barnes et Hadrien VII de Peter Luke (mise en scène de Raymond Rouleau). Cette dernière est l’histoire d’un ancien séminariste, devenu écrivain besogneux, qui rêve de se voir nouveau pape. Il a choisi de s’appeler Hadrien VII parce qu’il est anglais et que Hadrien VI, pontife néerlandais est le dernier des papes à ne pas être italien. A l’époque on était encore loin de Jean-Paul II. Or ce pape fantasmé, une fois sur le trône de Pierre, décide de se débarrasser du trésor du l’Eglise. Scandale ! Finalement il est assassiné et expiré dans les bras d’un de ses clercs. Claude Rich, dans le rôle, nous a fait frémir. On savait pourtant que c’était de la frime, mais le coup qu’il nous portait, nous avions du mal à l’encaisser...

Et puis cette prestation à la Comédie-Française. Franco Zeffirelli, metteur en scène d’opéra, ne voyait pas d’autre Lorenzaccio. Avec ses 50 films, de Lautner à Mocky, ses 80 pièces, de Shakespeare à Musset, il était devenu un compagnon. Ce qui est extraordinaire, c’est que Claude Rich avait oublié de vieillir. 88 ans, au fond, c’était 88 printemps. Et c’est cette jeunesse-là qu’on enterre aujourd’hui.


Publié le 26/07/2017
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