• Il est trois heures du matin, Franck bougon termine de ranger le bar et 
s'apprĂŞte Ă  fermer l'Ă©tablissement, quand surgit une jeune fille. C'est 
vrai il pleut très fort dehors et il tonne même. Mais bon il est trois 
heures du matin !!
  • Un an après leur rupture, Alice dĂ©barque Ă  trois heures du matin, chez Hugo !! Elle qui croyait Ă  l’amour Ă©ternel, pur, absolu, lui plus terre Ă  terre, rĂ©aliste, peut-ĂŞtre moins envie de « s’installer ».
  • Encore ! Allez-vous me crier dans les oreilles. Ben oui, encore, mais lĂ  c’est un misanthrope pas commun. D’abord cela se passe de nos jours. Ils ont tous des tĂ©lĂ©phones portables. Rien ne choque, tout est plausible. VoilĂ  l’extraordinaire talent de Molière.
  • Et nous voilĂ  embarquĂ©s dans une sĂ©rie d'Ă©vènements avec les spectateurs comme principaux
  • HystĂ©ries est une sĂ©rie de saynètes sur la rupture, l’amour, la trahison et mĂŞme le meurtre .


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Monde de création à la fois tyrannique et merveilleux, flexible et brutal ; quand un enfant de la scène nous livre sa vision de cet univers si particulier.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 25/06/2013
au 08/07/2013

Du 25 juin au 8 juillet Ă  20h30, dimanches 30 juin et 7 juillet Ă  17h.
Théâtre de la Ville
2 place du Châtelet
75004 PARIS
Réservations :
01 42 74 22 77
Site Internet
Voici la dernière création de James Thiérrée. Un projet énorme, d’autant plus important que cette fois, James n’est pas en scène. Il dirige une dizaine de comédiens danseurs et danseuses. Un projet audacieux avec l’envie de refléter, de transposer sa vision du théâtre et de la scène. Un spectacle fort, grandiose et, malgré de nombreuses répétitions, percutant.

L’univers est abstrait, savant mélange de La Cité des enfants perdus avec Les Temps modernes. Un vieux monsieur las est attendu avec ferveur et discipline par son équipe. Celle-ci se compose de son bras droit, le chef de service, et d’une armée de jeunes femmes dévouées. Monde futuriste, post-moderne en déclin, les matériaux sont bruts, durs et tout à la fois brillants, réflecteurs, immenses miroirs aux effets d’agrandissement de l’espace hallucinants. Des matériaux à l’image des personnages de la pièce. A la fois bruts et magnifiques ; en tension, avec une grande force et pourtant flexibles à l’extrême. Le directeur de cet endroit a à ses côtés une jeune demoiselle, sorte d’esprit malicieux, à l’image de Puck pour Obéron ou d’Ariel pour Prospero. Cette jeune femme est extraordinaire. Elle manie son corps à loisir et s’amuse à vivre la tête à l’envers. Une très belle et grande circassienne.

Les autres femmes présentes sur scène ne sont pas en reste. Leur beauté est naturelle et même brutale ; elles aussi tourbillonnent, sautent, rampent, éprouvent leur corps et cherchent toujours plus loin dans leurs capacités. Il nous semble les voir voler ou planer sur scène mais en aucun cas simplement marcher. Chacune d’entre elles possède son moment solo. Cela allonge un peu le spectacle, mais c’est agréable de voir qu’aucune ne tire la couverture à elle et que la création du spectacle a été pensée pour que tout le monde s'y sente bien et puisse s’y épanouir totalement.

Trois hommes complètent ce tableau. Un jeune homme, sorte de technicien du théâtre ou de l’entreprise, à la présence discrète mais indispensable. Il est tout en retrait, finesse et légèreté. Lui aussi saute et virevolte. Il est comme l’acteur de l’ombre mais aux passages remarqués.

L’intendant du grand directeur ouvre le bal avec une pantomime spĂ©ciale. Un jeu de cigarette. Et oui, ici tout est prĂ©texte au jeu et Ă  la dĂ©couverte de son corps et de ses incroyables possibilitĂ©s. Tel un mĂ©tronome, il donne le rythme, bat la mesure et dirige les chœurs. Il est grand, fin, entièrement flexible et joue sa partition au pied de la note. Un maestro.

Pour finir, le patriarche du groupe. Certes, son corps ne lui permet plus des prouesses et des fantaisies comme ses partenaires sur scène, mais sa présence est forte et posée. Son jeu est basé sur les émotions de cet homme face à cette machine infernale et capricieuse. Il est doux, touchant et même dénote avec cette place tyrannique qu’on lui attribue. Mais en vérité, lui aussi est malmené. On exige de lui, on ne lui laisse aucun répit.

Et pour cause. Dans Tabac Rouge, chacun pourra transposer cet univers indéterminé à ce qui lui conviendra. Mais l’on peut y voir un grand directeur de théâtre et metteur en scène (puisqu'au théâtre nous sommes). Un homme génial, mais comme tous les génies, un homme fatigué, harassé même, qui refuse de travailler et voudrait s’enfermer dans son monde. Un homme de talent que tout le monde attend. Son assistant le pousse, le force à travailler ; et ses comédiennes n’attendent plus que lui pour créer. Son théâtre lui-même, représenté par cette énorme (et très coûteuse) structure amovible faite de métal et de miroirs, l’empêche de fuir et lui commande son dû : une nouvelle création. The show must go on !

C’est vibrant, intense, truffé de références à ce monde, cet univers si capricieux, à la fois beau et violent qu’est la scène.

Les hommes sont en minorité face à cette meute de femmes. Pourtant, pendant un long moment dans la pièce, ce sont eux qui détiennent le pouvoir. Les femmes sont soumises à leurs ordres. Mais revirement de situation, elles élèvent leur voix et finissent par s’affirmer et retrouver leur liberté. Tout un jeu de renversement de pouvoir est abordé.

Un voyage dans un autre monde donc avec une bande sonore, signée Matthieu Chédid, constamment présente. Les sons sont tordus, amplifiés ou très doux, répétés, déformés. C’est en échos et en totale adéquation avec le visuel attrayant et dérangeant de la scène.

Dans l’univers théâtral de James ThiĂ©rrĂ©e et de sa famille, quelques crĂ©atures fantasmagoriques font leur apparition. Mais un passage bien trop court, selon nous. On peut le voir comme un dĂ©licat clin d’œil.

Les chorégraphies sont signées James Thiérrée. Magnifiques, mais trop marquées par leur créateur. Aussi, semble-t-il que les comédiens-danseurs ne sont pas totalement libres dans leur interprétation. Il aurait été intéressant de voir une adaptation des mouvements et de l’inspiration de James Thiérrée par son équipe ; comment chacun les ressent et les transpose à sa manière. De ce fait, les gestes semblent être un peu toujours les mêmes et les passages solos redondants.

Pour cette création en équipe et pour la première fois uniquement en tant que metteur en scène, James Thiérrée offre un spectacle d’une grande beauté. Peut-être, une sorte de catharsis de sa vision et de son ressenti du bonheur et à la fois de l’exigence du monde des arts et de la scène. Les artistes et familiers de ce monde seront touchés par tout ce que cela évoque ; et les personnes plus ou moins étrangères à cet univers, pourront y transposer leur vision et en avoir leur propre interprétation. Un pari osé, mais relevé haut la main. Une sublime création de plus pour James Thiérrée, un artiste en constante recherche et évolution, qui promet encore de nombreux autres merveilleux spectacles.
Mis à jour le 02/07/2013
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