• Il est trois heures du matin, Franck bougon termine de ranger le bar et 
s'apprĂŞte Ă  fermer l'Ă©tablissement, quand surgit une jeune fille. C'est 
vrai il pleut très fort dehors et il tonne même. Mais bon il est trois 
heures du matin !!
  • Un an après leur rupture, Alice dĂ©barque Ă  trois heures du matin, chez Hugo !! Elle qui croyait Ă  l’amour Ă©ternel, pur, absolu, lui plus terre Ă  terre, rĂ©aliste, peut-ĂŞtre moins envie de « s’installer ».
  • Encore ! Allez-vous me crier dans les oreilles. Ben oui, encore, mais lĂ  c’est un misanthrope pas commun. D’abord cela se passe de nos jours. Ils ont tous des tĂ©lĂ©phones portables. Rien ne choque, tout est plausible. VoilĂ  l’extraordinaire talent de Molière.
  • Et nous voilĂ  embarquĂ©s dans une sĂ©rie d'Ă©vènements avec les spectateurs comme principaux
  • HystĂ©ries est une sĂ©rie de saynètes sur la rupture, l’amour, la trahison et mĂŞme le meurtre .


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Si l’histoire est écrite par les vainqueurs, où est passée l’histoire des vaincus ?

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 08/12/2012
au 22/12/2012

Jeudi et vendredi Ă  20h30, samedi Ă  14h et 20h30, dimanche Ă  14h.
Théâtre du Soleil
Cartoucherie
75012 PARIS
Métro Château de Vincennes
Réservations :
01 43 98 16 96
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La compagnie Majâz Théâtre est invitée au théâtre du Soleil en cette fin d’année 2012 pour sa dernière création, Les Optimistes. Une pièce au titre enjoué et au sujet profond. L’histoire de cette compagnie débute lors de la rencontre entre Ido Shaked (Israël), Lauren Houda Hussein (France-Liban) et Hamideh Ghadirzadeh (France-Iran), en 2007 lorsqu’ils étudient à l’école Jacques Lecoq. S’en suit en 2009 le Akko Project. Deux spectacles sont créés, explorant chacun différents aspects des conflits méditerranéens. Premièrement Seawall de Boaz Gaon et Croisades de Michel Azama. Ces pièces furent présentées à l’occasion de la 30e édition du Festival international de théâtre de Saint-Jean d’Acre, du 4 au 8 octobre 2009. Ce fut un succès.

A la suite de ce projet, Ariane Mnouchkine propose aux membres de Majâz Théâtre une résidence au théâtre du Soleil pour poursuivre leur travail sur le spectacle Croisades au cours de l’année 2011. S’en suit une belle collaboration. Aujourd’hui, les portes du Soleil sont à nouveau grandes ouvertes pour accueillir cette jeune compagnie à la fois poétique et engagée.

Les Optimistes est une création originale, née d’un travail intense de recherche sur l’état Palestine / Israël. L’hébreu, l’arabe, l’anglais et le français se mélangent pour nous faire part d’un conte utopique sur la rencontre entre le passé et le présent ; la rencontre de différentes cultures, des personnes qui vont se rencontrer et se découvrir. Un message d’espoir, de résistance et d’amour. Une réflexion sur la mémoire afin de ne pas oublier le passé, pour comprendre le présent et surtout améliorer les temps à venir.

A la mort de son grand-père Béno, qu’il n’a jamais connu, Samuel, un jeune avocat français, part à Jaffa pour vendre la maison dont il vient d’hériter. Cette maison est chargée de souvenirs, des histoires que Samuel va découvrir au fur et à mesure du temps passé entre ces murs. Cette histoire commence bien avant sa naissance, en 1948 après la Deuxième Guerre mondiale, lorsque Béno, juif polonais, et sa femme Malka se réfugient sur la terre des nouvelles promesses en Israël. "Une terre sans peuple pour un peuple sans terre" ; pas vraiment. Samuel, qui ignorait les raisons pour lesquelles sa grand-mère avait quitté son mari lorsqu’elle était enceinte et de ce fait, pourquoi lui-même n’avait jamais connu son grand-père, va découvrir l’histoire de cet homme et de ceux qui vécurent quelques temps dans cette maison.

Des années avant la venue de son petit-fils dans cette demeure, Béno reçoit une lettre des anciens propriétaires. Ils sont une famille arabe expulsée ou obligée de fuir comme beaucoup ; vivant désormais dans des camps de réfugiés dans la peur, la misère et l’incertitude. Seule lumière de leur vie devenue si sombre, l’espoir de revoir un jour Jaffa, leur si jolie ville avec l’orangerie et son petit commerce au bout de la rue. La réception de cette lettre bouleversera la vie de Béno et de bon nombre de personnes à jamais. Lui qui tentait avec tant d’énergie d’oublier les blessures du passé et de reconstruire une vie heureuse, comment trouver la paix et le bonheur quand il sait que d’autres vivent l’exil que lui-même a subi et qu’il est maintenant de l’autre côté ?

A l’histoire de Béno, s’ajoute celle de Taha, poète et traducteur ainsi que son épouse Leïla, celle de Myriam qui recherchait l’Eldorado en Israël mais qui perdit son frère lors de son voyage, et aussi le Père Boutros en relation avec tous les camps de réfugiés. Toutes ces personnes vont s’unir pour apporter de l’espoir et de la vie à tous ceux qui souffrent des injustices de ce conflit.

C’est une histoire très émouvante, claire et pleine de tendresse que nous raconte le Théâtre Majâz. Un conte utopique mais basé sur des faits et des personnes réels. La dimension en est d’autant plus forte. Le travail de mémoire est primordial. De brèves interruptions dans l’histoire de la pièce permettent une compréhension totale du sujet. Le conflit Palestine / Israël, qui pourtant dure depuis de trop nombreuses années, n’est pas toujours compris ou seulement abordé d’une seule vision étroite et maladroite. Ici, pas de bons, de méchants ou de fautifs. La pierre n’est jetée à personne. Il est juste un besoin nécessaire de faire entendre la voix de tous ceux qui subissent les atrocités des guerres et des conflits qu’ils n’ont pas désirés. D’ouvrir aussi la vision sur un rassemblement, une communion entre les hommes pour la vie. Un espoir, l’envie d’un monde meilleur où les êtres s’aiment en tant qu’homme et ne font plus de distinction de culture, de croyance ou de traditions.

Les comédiens interprètent plusieurs personnages. Que ce soit des enfants, des déménageurs, une jolie serveuse ou les protagonistes de l’histoire, leur interprétation est simple et sincère. Sheila Maeda est convaincante et superbe dans le rôle de Béno ; la comédienne disparaît complétement pour laisser place à cet homme tiraillé entre son désir d’un monde plus juste et la réalité de son monde.

La scénographie est chargée en accessoires et à la fois peut, tout d’un coup, être très épurée. La maison, centre de l’action, devient elle-même un personnage important de l’histoire. Représentée par une structure carrée amovible, elle tourne et évolue selon la temporalité de l’action. Cette conception du décor offre une vision cinématographique de la pièce. C’est à la fois une sorte de huis-clos dans un lieu où il se passe beaucoup de choses qui doivent rester secrètes, mais étant complétement ouvert, le spectateur en devient le témoin discret, gardien lui aussi du secret.

Les changements sont à vue aux extrêmes cour et jardin. De ce fait, les comédiens ne quittent jamais le plateau et deviennent à leur tour spectateurs quand leurs personnages ne sont pas présents sur scène. Cet effet crée une intimité entre le plateau et le public. Il n’y a pas de coupures et l’histoire, racontée en continu, est un moment unique partagé entre tous. Un voyage commun fait dans le temps et l’espace.

Les différentes langues utilisées sont agréables à l’oreille. Pas besoin d’être bilingue, trilingue ou autre, la compréhension se fait d’elle-même par le jeu efficace des acteurs. Le sur-titrage n’est en aucun cas une gêne dans la fluidité de la vision de la pièce. On se laisse prendre par la musique des mots et cela devient comme habituel. Le mélange des langues est comparable à la musique de la mer lors d’un voyage en bateau. Les effets numériques comme les projections vidéo sont travaillées et fonctionnent très bien. Le court-métrage tourné à Jaffa et qui clôture la pièce est très émouvant.

C’est un sujet grave, profond et douloureux mais c’est avec raison et intelligence que l’équipe des Optimistes raconte cette histoire avec beaucoup d’humour. Les rapports entre les personnages sont simples et on Ă©vite tout pathos dĂ©goulinant. La gorge est serrĂ©e et les yeux humides car toutes les dimensions traitĂ©es dans cette pièce, et elles sont très nombreuses, touchent l’homme, son histoire, ses souffrances, ses folies, ses injustices... Mais jamais Majâz Théâtre ne tombe dans le pathĂ©tique. On sourit, on rit et on en ressort troublĂ©, Ă  la fois le cœur gonflĂ© d’espoir et d’amour ; autant qu’il peut ĂŞtre attristĂ© et rĂ©voltĂ© de la connerie humaine.

Les Optimistes est tout simplement une pièce magnifique !
Mis à jour le 19/12/2012
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