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La Jeanne d’Arc de Paul Claudel, un acte de foi qui grandit l’amour au-delà de l’amour

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 12/09/2012
au 27/10/2012

Du mercredi au samedi à 20h30, dimanche à 17h.
Crypte Saint-Sulpice
33, rue Saint-Sulpice
75006 PARIS
L’étrange se mêle au mystique dans les longs couloirs de pierres chargées d’histoire qui conduisent à la crypte de l’église Saint-Sulpice. L’impression de plonger dans les abysses d’une époque lointaine envahit le corps et l’esprit. La pénombre des lieux invite à la réflexion et soulève l’inconscient à cet instant précis, le temps ne nous appartient plus.

Les hommes de foi ont laissé en héritage une fresque murale dans ce qui devait être un refuge de prières et de méditations. Est-il à penser que Paul Claudel eut fréquenté l’endroit pour y trouver l’inspiration d’écrire Jeanne d’Arc au bûcher.

Un oratorio sombre et puissant voué à la pucelle de Domrémy, un cantique de l’amour écrit avec le verbe rapproché au plus juste de Jeanne d’Arc, une voix intérieure chantée par plusieurs corps.

La crypte se dévoile enfin. Des odeurs planent dans l’invisibilité de la chrétienté, la lumière les devine sous son halo protecteur, s’assoir à tout prix pour s’imprégner de l’ambiance des lieux. Le piano à queue se détache du décor, le livret ouvert intrigue car il semble que les notes accrochées aux lignes demandent d’être libérées de leur emprise. La musique s’approprie l’espace, extraits de Regards de l’enfant Jésus de Messiaen, interprétés en solo par François Cornu. Tout de blanc vêtu, le buste droit, les doigts du pianiste glissent sur les touches avec une rapidité déconcertante. Combien de mains a-t-il car la musique s’accorde au pluriel selon l’intensité de la scénographie.

Une estrade agrémentée de quelques marches trône dans un coin, la transparence de sa matière rappelle la pureté de Jeanne d’Arc. Mélanie Pichot construit un personnage tourmenté par la déraison des hommes d’église, lesquels l’abjurent et la transgressent jusque dans sa chair. Jeanne, sous couvert de son innocence, s’élève dans une aura pour clamer sa sincérité. Jeune femme fragile, elle prend conscience de sa destinée. Mélanie Pichot fait naitre tour à tour une jeune femme annihilée par la puissance divine, libre de revendiquer son désir de vivre, légère comme ses envolées qui glissent dans l’intimité de l’espace. Inconstante et féminine, soucieuse et rêveuse, la comédienne apporte au rôle un regard engagé en conflit contre un collectif spirituel soutenu dans ses convictions. Délicate et tragique, Mélanie brutalise par sa présence le silence. Une onde qui se déplace sans faire de bruit, mais dérange. Ses yeux parlent au nom de son cœur, elle livre l’âme de Jeanne d’Arc dans une quête d’amour, l’amour des hommes. Une prestation juste et guidée par le talent de cette brillante comédienne.

Frère Dominique interprété par Pierre-Yves Desmonceaux souligne l’attachement d’un homme de foi convaincu de l’erreur concernant la traduction de Jeanne d’Arc au bûcher. Loyal et réservé, il s’interroge sur la véritable identité spirituelle de Jeanne. Entre colère et assurance, le comédien incarne un personnage doublé d’une exigence intrigante et d’un accomplissement de soi. Un rôle de belle tenue.

La mise en scène d’Emmanuel Ray bouleverse par la singularité du texte de Claudel, de la musique de Messiaen, de la scénographie in situ. En respect à la pensée narrative de l’auteur, Emmanuel libère les éléments naturels que sont l’eau et le feu afin que la folie et la haine des religieux soient mieux perçus par les indigents incultes. Cette adaptation de Jeanne d’Arc au bûcher se veut lyrique et originale, intuitive et moderne. Le choix de la crypte de l’église Saint-Sulpice révèle un spectacle de qualité dans un lieu aussi mystique qu’historique.
Mis à jour le 20/09/2012
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