• A 26 ans, il l’aurait écrit en une heure et cinq minutes et pourtant Tchekhov n’aura jamais été aussi sincère. Une bouleversante plongée dans l’âme russe et le monde des comédiens !
  • Au milieu des turbulences, des déchirements et de la violence actuelle, une oasis de bonheur s’offre à vous.
  • Une chanteuse provocante, trois musiciens déjantés, des textes drôles et percutants, voilà la recette de ce spectacle vivifiant et fantaisiste ! Ils puis en tournée en France.
  • Revoilà le sympathique groupe bordelais de quatre chanteurs déjantés et talentueux !
  • La Mouette est le sommet de l’art de Tchekhov, cassant les codes et se livrant presque  charnellement.


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Turandot ouvre de manière grandiose la saison monégasque.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© Opéra de Monte-Carlo
Du 19/11/2009
au 24/11/2009

Mardi à 20h.
Opéra de Monte Carlo
Place du Casino
MONACO MONTE-CARLO
Réservations :
377 98 06 28 28
Site Internet
Ecrin idéal, le Forum Grimaldi se devait d’accueillir au moins une fois l’ultime chef-d’œuvre de Puccini qui a ouvert ainsi de manière grandiose la saison lyrique de la Principauté, tel un cadeau luxueux offert à l’occasion de la Fête nationale. Œuvre complexe, au caractère monumental et implacable, dominée par l’écrasante personnalité du rôle-titre (qui apparaît à la deux-cent cinquantième page de la partition !), Turandot, dont la silhouette muette puis menaçante plane d’un bout à l’autre de l’ouvrage, ne supporte pas l’approximation ou la médiocrité. Il faut pour ce volcanique péplum jouer franco la carte de la superproduction, voire du grand guignol. A l’heure où les metteurs en scène transposent, réactualisent, modernisent, trahissent à tout va, le spectacle signé à l’origine par Chen Kaige pour le Palau des Arts Reina Sofia à Valence est une réussite. Avec, en plus, cette maîtrise constante de l’art de donner à voir et entendre, ce qui contribue largement à la crédibilité psychologique et théâtrale des situations de ce conte cruel, hémoglobinesque même, qui se feuillette alors comme un somptueux et coloré conte de fées exotique, nous installant en première classe d’un fabuleux, fantasmagorique voyage dans une Chine hors du temps.

Les costumes authentiques (Chen Ton Xun) et décors (Liu Qing), les éclairages poétiques, surnaturels d’Albert Faura portent eux aussi aux rêves. Nous sommes bel et bien dans un somptueux et irréel manga, survitaminé par la musique la plus inventive du vériste en chef Puccini.

On ne sort pas indemne, comme groggy, de la représentation, tant ce que se passe sur le ring est d’une fluidité, d’une progression dramatique constante, captivante de bout en bout, avec cette régie des foules digne des meilleurs shows made in Broadway. Même les pages ultimes qui ne sont pas de la main de Puccini, l’on sent avec regret comme une carence structurelle entre texte et orchestration, n’ont jamais paru aussi limpides.

Avec ses effectifs orchestraux et choraux impressionnants, conférant à l’ouvrage une grande puissance émotionnelle, nous n’en démordons pas : il faut à Turandot de grandes voix dont seule l’ampleur permettra de chanter naturellement, sans ces efforts entraînant une perte de la qualité du chant et de l’organe.

De son timbre de bronze, Ramaz Chikviladze, campe un imposant et digne Timur. Des trois ministres, honorables comme il sied à des mandarins, tour à tour drapés de brocards ou de gazes crémeuses, le Ping de Giorgio Caoduro et le Pang de Norbert Ernst font de leur mieux pour ne pas écraser Florian Laconi (Pong).

Spécialiste du rôle un peu partout sur la planète, Sylvie Valayre, s’arrange avec une intelligence diabolique de sa terrible partie. Dardant ses si et ut avec éclat, la soprano dessine ailleurs plus une petite fille capricieuse qu’une princesse altière, inaccessible et névrosée. On attend un iceberg chinois, on a droit ici à un glaçon... Par ailleurs joli tout plein et à croquer...

Le sympathique couple – à la ville comme à la scène – Daniela Dessi-Fabio Armiliato est simplement enthousiasmant, superlatif ! Daniela Dessi, séduisante dans sa spontanéité, avec une belle maîtrise des aigus tenus sur le souffle, campe une touchante Liù. Fabio Armiliato enfin vous chante un Calaf d’une désarmante facilité. Tout y est : éclat solaire du timbre, fierté et douceur, au plus près du texte musical et de ses nuances, générosité, musicalité raffinée, sincérité. L’acteur, engagé comme pas deux, paie comptant, comme ses plus illustres aînés. Voilà un ténor de la race des Gigli, Corelli ou autres Del Monaco !

Osant Puccini aux dimensions d’une cérémonie funèbre, tragique, lunaire, Jacques Lacombe révèle un Puccini nouveau ! Il y a bien longtemps que la finesse, la richesse orchestrale et chorale de l’ouvrage n’avaient été aussi somptueusement exaltées. A la tête du Philarmonique de Monaco (génial), des chœurs maison renforcés par la phalange montpelliéraine (à la générosité exemplaire), le chef québécois donna une lecture spectaculaire mais toujours respectueuse des nuances diaphanes d’une partition magique, unique, surnaturelle. Question pour un champion : "Quel est donc cet opéra exotique contemporain du Wozzek d’Alban Berg ?"...
Mis à jour le 23/11/2009
VOTRE AVIS
MARIES. J'ai vu sur le programme que le metteur en scène qui a dirigé cette reprise était aussi lors de la création en Espagne et qu'il a étroitement travaillé avec le réalisateur. J'ai le DVD de cette Turandot et dans le making-off, on voit beaucoup plus l'assistant que le réalisateur lui même. Étrange, non? Moi, personnellement, je crois que beaucoup de réalisateurs-cinéma qui se mettent à faire de l'opéra (très à la mode ces derniers temps) n'ont absolument rien à dire dans ce monde qui leur est complètement...
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JJLELOUP. Mais qui a donc dirigé cet opéra, puisque des amis qui sont dans le chœur m'ont dit que le cinéaste chinois n'y était pas? Sur le programme y figure Allex Aguilera, qui a réglé cet mise en scène. Que veut dire "réglée par"? J'ai un enregistrement de l'opéra qui a été retransmis sur ARTE et franchement, ce que j'ai vu sur la scène du Grimaldi n'a absolument rien à voir avec la médiocrité vue sur Arte. Une Guleghina qui surjoue tout le temps, un Berti sans aucune direction d'acteur, le chœur perdu...
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