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Zoom de Gilles Granouillet mis en scène par Marie Provence, la langue de la solitude d'une fille paumée en quête de rêves hollywoodiens pour son fils, Burt.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 26/04/2016
au 27/04/2016

Jeu de paume
17/21 rue de l'Opéra
13100 AIX-EN-PROVENCE
Réservations :
08 2013 2013
Site Internet
Une jeune fille d'aujourd'hui accouche à dix-sept d'un enfant conçu pendant la projection d'un film dans une salle de cinéma vide de tout public. Bernard, son copain, incarne à lui-seul tous les rôles de Tant qu'il y aura des hommes, le titre du film. Une brève rencontre amoureuse, un coup tiré entre deux rangées de fauteuils et puis s'en va. Commence dès lors le parcours de l'inconnu pour la jeune mère de famille placée dans un foyer mère-enfant. Sa vie, un scénario écrit pour un long métrage dont elle tiendra le rôle principal jusqu'au clap de fin.

Burt, le prénom du bambin a déjà un avant-goût de cinéma américain, Lancaster y est pour beaucoup. De quoi rêvent les filles qui ont connu le désamour maternel, l'échec scolaire, l'errance sociale et des mecs uniquement intéressés pour 'baiser' et se tirer une fois le caleçon remonté ? Ces filles rêvent de princes charmants, de paillettes, de p'tits bonheurs croqués dans le fruit mûr du jour levé, d'ambitions démesurées pour leur môme. Etre mère à peine sortie de l'adolescence, un accident de parcours qui ouvre la brèche à un lot d'infortunes en tout genre. Dans ce long métrage, rentrent en scène des second rôles exigeants et envahissants, les psy, les éducateurs, les assistantes sociales, qui ont pour texte, des répliques administratives toutes faites.

Jusqu'au jour où les clés d'un appartement sont remises en gage de confiance à la jeune mère afin qu'elle puisse aspirer à un peu d'intimité avec son fils... Mais toujours sous le contrôle des intermittents des services d'aide à l'enfance. La liberté a un goût amer quand le manque d'argent et la perte des repères s'enchainent à la vitesse d'un Grand-huit qui ne s'arrête plus.

L'écriture de Gilles Granouillet n'a rien de littéraire, le ton est direct, le style est construit dans un rapport au présent, les mots sont simples, violents, émouvants et intensément humains. Ainsi en était-il dans Ma mère qui chantait sur un phare, une épopée familiale mise en scène par François Rancillac au Théâtre de L'Aquarium en 2013. Zoom de Granouillet, la complexité des rapports familiaux est criée par une voix déclinée au pluriel. Marie Provence porte le texte de l'auteur éponyme dans un jeu à trois. La mère est représentée par trois comédiennes qui interviennent de façon inattendue et s'arrêtent sur un chapitre inachevé aussitôt repris par une nouvelle influence. La narration s'appuie sur une histoire décousue à l'image de la scénographie, un branle-bas de chaises installées, alignées et balancées sur le plateau. Le pop-corn bon marché bourrent les bouches les jours de huis-clos moral.

La mise en scène, une projection libre et assumée du mal être véhiculé par la fracture sociale dont sont victimes les filles-mères paumées et délaissées pour compte. Lucile Oza est simplement grande dans l'interprétation de la mère. Elle est un tout, une présence, une voix et une aisance artistique impressionnante. Elle s'accapare le plateau comme le personnage et les partage dès qu'ils ne lui appartiennent plus avec Marion Duquenne et Marie Provence pour mieux les reprendre ensuite. Marion Duquenne et Marie Provence jouent à jeu égal avec Lucile Oza car chacune apporte sa propre identité pour la caler par séquence dans ce film en technicolor dont la V.O. est écrite en noir et blanc. Surprenants et magnifiques sont les extraits des comédies musicales américaines chorégraphiées avec talent par les trois comédiennes.

Zoom, un texte à l'épreuve du temps de Gilles Granouillet, une mise en scène inspirée de Marie Provence et une interprétation subtile de Marion Duquenne, Lucile Oza et Marie Provence. Une Happy end ? What else !
Mis à jour le 02/05/2016
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