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Donatien Alphonse François Marquis de Sade était un homme qui avait beaucoup de choses à dire et pas seulement sur des expériences sexuelles étranges. Un génie d'une rare clarté.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 09/01/2013
au 16/03/2013

Du mercredi au samedi à 21h30, dimanche à 17h30.
Ciné 13 Théâtre
1, Avenue Junot
75018 PARIS
Métro Lamarck Caulaincourt
Réservations :
01 42 54 15 12
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Le Marquis de Sade, une plume rare, un homme très intelligent, de famille noble et de bonne éducation, un mari et père de famille. Oui, mais un homme au désir de liberté avant tout. Etonnant pour une personne qui passa un tiers de sa vie enfermée en prison. Tout le monde connait, si ce n'est son œuvre littéraire foisonnante, du moins son univers. Un univers fait de chair, de désirs, de fantasmes et de délires. Un monde où le plaisir et la liberté sont rois. De ses propres dires, ce libertin expérimenta beaucoup, mais inventa une plus grande partie encore des expériences décrites dans ses œuvres.

Pour le réprimander de ses actes que certains jugent cruels et barbares, mais surtout pour éviter qu'il dévoile au monde les faits et gestes répréhensibles et inavouables du grand monde et des hommes de pouvoir, Donatien Alphonse François fut condamné à l'enfermement. Cette peine ne cessa de se prolonger sous l'influence de sa belle-mère, une femme importante, qui voyait d'un mauvais œil la réputation de son gendre entacher celle de sa propre fille. De sa prison à Vincennes, il fut transféré à la Bastille.

Voici le point de départ de la pièce D.A.F. Marquis de Sade. Installé dans une nouvelle prison qui ne lui sied guère, il subit la perte de son confort et la présence d'un geôlier, Lossinote, dont il ne supporte pas l'ignorance et le manque d'éducation. Le Marquis de Sade souffre et nous ouvre son esprit. Aussi tout au long de la pièce, pourra-t-on entendre avec délectation les pensées et les points de vue du Marquis sur la religion, la peine de mort, les lois, la souffrance, la famille, la prison, la femme...

Les textes de Sade sont d'une grande beauté et le découpage orchestré par Pierre-Alain Leleu est intelligent et permet un condensé attrayant et bien mené de l'ensemble de l'œuvre du Marquis. Dans la pièce, Sade parle, ou plutôt se moque allègrement de son geôlier et échange ses idées avec le prêtre venu lui apporter la rédemption. Afin de traiter plus en profondeur de la sexualité et des problèmes relationnels que Sade entretenait avec la gente féminine, une femme, apparition fantasmagorique, sert de pont. Elle est à la fois sa femme, son fantasme, la maîtresse et la catin.

L'action se veut volontairement contemporaine. Les costumes, dans les tons noirs et foncés majoritairement, de cuir, de vinyl, des surplus de l'armée... apportent une distance avec l'époque du Marquis. Ainsi, il est frappant que, peu importe l'époque, les hommes d'une intelligence supérieure et d'un désir de liberté, qui peut certes s'avérer dangereux pour autrui, sont en marge de la société et effrayent. La scénographie reste très simple, deux panneaux de grilles pour les barreaux de la cellule, une table, une chaise, un lit de camp. Un jeu de lumière lui aussi simple et élégant. Certains effets permettraient de contraster plus nettement entre les délires de Sade et cette horrible réalité qu'il espère tant fuir.

Les ingrédients sont réunis pour créer une œuvre intéressante sur les différentes facettes de ce personnage célèbre et atypique. Car là est bien le désir de cette pièce ; dévoiler le côté humain et terrifié par la solitude de Donatien Alphonse François Marquis de Sade. Il n'est nullement question d'un spectacle uniquement sur les travers et les penchants sadiques du Marquis. Mais plutôt un désir de comprendre pourquoi, ou même comment, un homme si brillant était perçu par son entourage et de lui-même, quelle en était la vision.

Malheureusement, les comédiens et la direction d'acteur nous apparaissent déplorables. Il n'est d'aucun intérêt que les émotions du personnage de Sade soient exactement calquées sur ses propos. Dans ce cas, on s'arrête à la lecture seule de ses œuvres. Le théâtre permet d'apporter de la vie aux mots, du souffle, de la sincérité. Il n'en est rien ici. Les comédiens récitent et se déplacent là où on leur à indiqué de s'asseoir ou de s'allonger. Rien n'est vécu, ressenti ou ne fait sens. Ce qui importe pour le spectateur, c'est le sous-texte et les vibrations des acteurs sur scène.

Dany Verissimo pour l'unique rôle féminin est un choix merveilleux. Cette sublime créature semble tout droit sortie de l'imagination prolifique et sensuelle du Marquis de Sade. Elle capte l'attention du public, hommes et femmes sont subjugués par sa beauté. Malheureusement, comme ses comparses, elle est mal dirigée et déambule sur scène sans vraiment vivre et sans vraiment de nuances alors qu'elle représente toutes les femmes de la vie de Sade. Rôle merveilleux et multiple, elle pourrait donner et oser beaucoup plus.

Quant au choix visuel du prêtre, ce n'est pas clair. Est-il réel ou le produit de l'imagination du Marquis ? Le choix doit être plus évident. S'il n'est pas une vision, alors pourquoi la toge moulante et fendue, les bas résilles et les talons hauts ? Et s'il est une figure de fantasme, pourquoi ne se permet-il pas quelques folies en contradiction avec sa fonction ?

D.A.F. Marquis de Sade aurait pût être un magnifique spectacle. Cette pièce aurait pût permettre à ceux qui ignorent la nature du Marquis et ne le voient uniquement que comme un pervers sexuel sadique et misogyne, de comprendre, ou à défaut de s'intéresser, à cet homme fascinant. La forme est en bonne voie, même si de nombreux éléments sont à revoir. Mais le fond est complètement délaissé, ce qui donne un résultat presque amateur. Etonnant et d'une grande déception lorsque l'on voit le casting et l'équipe artistique.
Mis à jour le 24/02/2013
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