• Trio endiablé à la manière d'un vaudeville, 
  • Une chanteuse provocante, trois musiciens déjantés, des textes drôles et percutants, voilà la recette de ce spectacle vivifiant et fantaisiste ! Ils puis en tournée en France.
  • Ne manquez pas ce spectacle ébouriffant et drôle qui tourne en région parisienne et en province !
  • ''<i>L’homme le plus aimé des Français</i>'' revient parmi nous. Il nous raconte sa vie, affirmant que rien n’est désespéré.
  • Théâtre de papier, d’objets et de marionnettes, de la Cie Les Ateliers du capricorne pour les enfants (à partir de 7 ans), d'après les dessins de Sempé.


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Il est des enfances semblables à des romans de Zola marquées par l’intransigeance des liens familiaux. Le rouge et le noir parent de jeunes vies avant même qu’elles n’aient eu le temps de découvrir les couleurs du printemps et de l’automne. Quand les brimades et les gifles remplacent les attentions et les caresses d’une mère aimante, l’enfant s’épanouit en silence du bonheur et grandit sa vie durant le coeur greffé d’épines.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 28/11/2012
au 02/02/2013

Du mardi au samedi à 18h30.
Lucernaire
53 Rue Notre-Dame des Champs
75006 PARIS
Métro Vavin, Notre-Dame des Champs, Montparnasse Bienvenüe
Réservations :
01 45 44 57 34
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Aujourd’hui, quelle est la place légitime de l’enfant dans la famille ? Les études menées par les instituts de sondage parlent d’eux-mêmes. Les parents avant d’être parents privilégient leur jeunesse post-étudiante et leur carrière professionnelle. L’intérêt de fonder un foyer commence à émerger dans les esprits au moment où les sexes se frottent d’interrogation à l’approche de la quarantaine. Coït intellectuel doublé d’une jouissance partagée quand les regards se portent sur le p’tit nouveau des voisins de pallier. Clin d’œil à la chanson d’Yves Duteil Prendre un enfant par la main, pour l’emmener vers demain... Traduction du désir tardif qui se manifeste par le choix de la couleur du papier peint à motif et de la déco tendance qui orneront la chambre du bébé attendu ou providentiel. Assis sur son nuage, Jules Renard doit se frotter les mains en regardant les nouveaux modes de vie qui correspondent à une expression de besoins et à un attentisme exagérément consensuel.

A son époque, les ménages se composaient généralement de deux enfants en ville et au minimum de trois dans les campagnes. Il fut le dernier d’une fratrie, l’enfant de trop. Un accident, comme le plaident les jeunes couples. Dès sa prime enfance, sa mère lui fit comprendre qu’elle ne l’aimerait pas comme elle n’aimait plus son mari. Difficile de ne pas pouvoir se blottir dans les bras de sa mère et respirer son parfum à plein poumon jusqu’à s’en enivrer pour le reste de la journée.

Poil de carotte, une pièce autobiographique qui vit le jour en 1900 et raconte l’enfance malheureuse de Pierre-Jules Renard dans la vraie vie et baptisé François dans la narration.

Théâtre rouge du Lucernaire. La salle est à son comble car pour nombre de personnes, cette pièce rappelle des souvenirs de lecture comme nous pouvions en avoir autrefois. Au sortir de la pièce, la réflexion d’une grand-mère à sa petite-fille devant l’étal de livres, sis au rez-de-chaussée du Lucernaire, "Ta mère, elle lisait à ton âge. Toi, tu n’es bonne à rien sans ton portable". La violence des propos s’accroche au fil tendu entre les générations.

La scénographie, un rien sobre et contextuelle. Une échelle, une brouette, une sarclette, une avancée de maison enduit d’un bleu effacé composent le décor. La lumière met en évidence tous ces éléments comme s’ils étaient les témoins plaidants de la pièce. Les personnages, M. Lepic père, Mme Lepic mère, Poil de carotte le fils, et Annette la servante. Les costumes d’époque leur vont à ravir et d’écrire en toute sincérité qu’ils sont taillés pour la circonstance. Ils dénotent une certaine aisance matérielle dans le choix des tissus et le confort couvert en apparence.

L’histoire, tout le monde la connait pour l’avoir lu ou vu au cinéma. Au théâtre, l’exercice est d’autant plus rare qu’il mérite d’être porté noir sur blanc. La mise en scène de Michel Pilorgé respecte scrupuleusement le texte à l’origine de Jules Renard. Les guillemets sont ouverts sur des répliques distribuées sur le ton de l’enfance humiliée. La mère, l’air chafouin, parle peu, mais les quelques mots proférés ne manifestent aucun épanchement. Poil de carotte ne peut que s’exécuter au risque d’être réprimandé ou battu. De parole, il n’a point le loisir d’exprimer ses désirs, juste le devoir d’obéissance et de se convertir à l’indifférence. Le père, un homme hors-les-murs, paraît soucieux et quelconque aux méandres de l’ambiance familiale. Seul compte le plaisir de la chasse et à contre-courant, emmener son fils battre les chemins forestiers en sa compagnie. L’arrivée d’une nouvelle bonne, Annette, n’est pas tout à fait fortuite. Elle porte en les poches de son tablier la sincérité et la volonté de dire vrai. Sous les sabots, la mauvaise terre s’agrippe et laisse l’empreinte d’une expérience vécue et difficile à vivre.

Poil de carotte, alias Morgane Walther, revendique le personnage comme s’il était un peu d’elle et elle beaucoup de lui. La concordance de tempérament souligne un parallèle individuel qui se rejoint en ses extrémités par l’exigence apportée en souci à la narration. Les répliques sont justes, dosées avec subtilité et abnégation. Morgane interprète un Poil de carotte avec le sourire en coin des larmes de tristesse. Sa bonté soulève l’envie de rébellion pour fuir cette mère austère. La complicité, jusqu’ici jamais avouée entre le père et le fils, s’écoute comme un témoignage d’affection poignant et touchant.

Elle ouvre les yeux de M. Lepic et permet à Poil de carotte de trouver désormais en son père, un confident et ami. L’expression des sentiments, un délice sur la lie du supplice. Morgane Walther, une jeune comédienne dont le talent s’exprime dans cette pièce au regard d’une présence imposante et fluide, performante et élégante. Morgane, l’essence du théâtre à fleur de personnage, un parfum de subtilité et d’exaltation.

Michel Pilorgé réconcilie le père avec sa véritable nature, la générosité et l’ouverture d’esprit. Son interprétation se manifeste par son éloquence et son regard songeur prêt à braver les intempérances de cette femme, sa femme. Annie Monange joue une Madame Lepic loin d’être un ange. Cette comédienne qui a travaillé avec Robert Hossein et Luis Bunuel, entre autres, est sublime dans le rôle de cette mère qui n’est pas sans rappeler Folcoche, femme odieuse de Vipère au poing de Hervé Bazin. La profondeur sombre de ses yeux expriment de la colère, certes, mais peut-être un peu de compassion.

Alexia Papineschi dans le rôle d’Annette la bonne fait de courtes mais très convaincantes apparitions. Sa liberté n’a d’égal que sa spontanéité, sa fraicheur et en sa présence, la pièce prend une nouvelle tournure.

Poil de carotte, à ne pas s’y tromper, cette pièce séduira petits et grands car la mise en scène – et le jeu des comédiens – s’écrit avec avec un M majuscule pour Merveilleux.
Mis à jour le 07/12/2012
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