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L’amour se lasse quand l’art se surpasse

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 27/04/2012
au 02/06/2012

Du mardi au samedi Ă  20h30, dimanche Ă  16h.
La Cartoucherie - Théâtre de la Tempête
Route du Champ de Manoeuvre
75012 PARIS
Métro Château de Vincennes
Réservations :
01 43 28 36 36
Site Internet
Tennesse Williams était de ces auteurs américains obscurs. Une vie guidée par l’écriture de pièces de théâtre, des succès jamais démentis car d’Un Tramway nommé Désir à La Ménagerie de verre ou La Chatte sur un toit brûlant, elles n’ont de cesse d’être adaptées sur les scènes du monde. Sur le papier, l’auteur couche des personnages accrochés à un fil, un fil sensible prêt à rompre à tout moment, l’amour. Des histoires d’hommes et de femmes ordinaires, des destins anonymes qui se trouvent, se lient et se confrontent. Les femmes occupent le devant de la scène, leur existence bascule sur un rocking-chair, le temps s’accorde sur le tempo d’une musique à deux mouvements, le romantisme et la désillusion.

Ces parcours griffonnés à la plume ne sont pas étrangers à Tennessee Williams. En chacun d’entre eux, des parenthèses de sa vie d’artiste et d’homme à femme se confondent et s’ouvrent sur les questions subjectives de la double intermittence.

L’écriture de Tokyo Bar s’apparente à une toile pastel, la durée efface les impressions et il ne subsiste que le contour des personnages. Tennessee Williams traverse une période difficile, sa vie est mise à rude épreuve après la disparition de sa femme. Une fragilité soudaine et durable le contraint de noyer ses angoisses en plongeant dans les paradis artificiels. Dans cette pièce, il se réincarne en Mark, artiste peintre sur le déclin affecté par des troubles de la personnalité, lesquels conduisent de gré son épouse à s’éloigner.

Tokyo Bar, une pièce autobiographique peut-être. La décision reviendra à chacun selon comment la pièce aura été perçue. Ambiance feutrée dans un bar d’hôtel de standing à Tokyo. Musique locale, l’onde programmée sur le mode sourdine. Pendant que l’employé s’affaire à préparer la salle, rentre une femme portant les forces contraires, l’élégance et la provocation. A la gestuelle délicate, elle lie une attitude déplacée à l’égard du serveur. Pendant ce temps, Mark, son mari, s’isole dans une chambre pour peindre des toiles inspirées d’un courant avant-gardiste, le Pop'art. Mark n’est pas Andy Warhol, enfin ce n’est pas de cette manière qu’a voulu le présenter l’auteur. Miriam, l’épouse de Mark, rejette violemment son mari, la drogue a détruit l’homme qu’elle aimait. A sa demande, arrive de New York, Léonard, le marchand d’art, auquel elle confie ses attentes.

Miriam et Mark, un couple usé jusqu’au dernier poil du pinceau. Leur relation, une toile peinte dans la transparence des éléments qui jalonnent le quotidien. Les questions existentielles, un débat ouvert sur l’avenir. Le passé, c’était les changements d’air, la passion, l’art nomade. Le présent se manifeste par les pulsions de Miriam pour les hommes, l’excessivité artistique manifestée par Mark pour ses peintures. Un couple pris au piège de son propre décor, un labyrinthe dont l’issue de secours est fermée à double tour. L’amour combiné à l’art pendant plusieurs années conduit à une fatalité insoupçonnée. L’oxygène manque, l’un et l’autre sont menacés d'asphyxie.

Christine Boisson interprète Miriam, une femme prise dans l’étau de la patho-psychologie de son mari, une femme éprise d’hommes rencontrés par hasard. Elle entreprend une recherche de l’absolue nécessité de se retrouver avec elle-même. L’éloignement de son mari contribuerait à la faire avancer dans cette démarche identitaire. Miriam avale la vie selon les situations présentes. Christine Boisson avale le rôle de Miriam sans exagération, le ton se hisse sur la pointe de la colère et s’évapore en séduction. Une interprétation fragile et tangible bien interprétée par cette comédienne dont la beauté équivaut à son talent.

Alexis Rangheard joue le mari, Mark, de façon convaincante. Le côté ahuri s’associe au physique du personnage, un artiste qui a le vent en poupe, toute voile dehors. La consommation d’expédients l’amènent à perdre le contact avec la réalité. Amoureux sans l’être, artiste en perdition, homme psychotique, un rôle difficile à assumer. Alexis Rangheard l’assure avec sérieux et déraison.

Léonard est incarné par Laurent d’Olce, un marchand d’art en transit entre le génie d’un artiste sur le déclin et les intempérances de sa femme. Personnage discret et assurément la clé de la pièce. Laissera-t-il sa sensibilité s’accrocher dans les derniers ressorts de lucidité de Mark ou succombera-t-il au charme de Miriam ?

Dans la mise en scène de Gilbert DĂ©sveaux, les regards se font Ă©trangers, le conditionnel n’existe plus, la relation du couple Miriam – Mark imprime l’image de la sirène qui s’extirpe des profondeurs abyssales. Un travail menant de front un texte difficile donc intĂ©ressant Ă  adapter et l’écoute de la respiration des comĂ©diens afin que la pièce Ă©volue selon l’intensitĂ© exprimĂ©e par Tennessee Williams.

Gilbert Désveaux a travaillé les personnages en profondeur car les douleurs se mêlent à la délitescence de l’amour et entreprendre se conjugue comme comprendre. Les comédiens trouvent l’énergie nécessaire pour occuper tout l’espace scénique car les proportions du bar et de la salle soulignent l’aisance et le calfeutrement. La mise en scène est soignée, le réalisme se décline en une prose conceptuelle car Tokyo Bar ainsi réalisée se veut une pièce actuelle.
Mis à jour le 04/05/2012
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