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Haut les mains
Peau d'lapin
Haut les pieds
Peau d'gibier
La maîtresse en maillot d'bain !


INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 23/11/2011
au 31/12/2011

Du mercredi au samedi à 20h, dimanche à 15h30.
Ciné 13 Théâtre
1, Avenue Junot
75018 PARIS
Métro Lamarck Caulaincourt
Réservations :
01 42 54 15 12
La scène s’éclaire sur la salle de repos des instituteurs, meublée d’une table et quatre chaises, une console sur laquelle sont déposés la bouilloire, un pot de pâte à tartiner et quelques ustensiles divers.

L’histoire raconte un concentré de vie dans une école maternelle dirigée de main de "maitre" par Myriam, l’impétueuse directrice, jouée par Ludivine de Chastenet. Quand elle s’adresse à Rémi, Christophe Corsand, l’un des deux instits, le ton est sec, autoritaire, jamais une marque d’attention. Tel un chiot apeuré, Rémi baisse la tête à la moindre réflexion. Sa passion, écrire des polars gores, genre grenouille éviscérée !

Nicolas, Fabrice Feltzinger, l’autre instit, dégage une allure débonnaire. Le genre à remuer la queue à chaque fois que son téléphone portable sonne. Pensez, c’est un accro du speed dating. Il tente de débaucher son collègue, mais sa réponse est aussi effacée qu’il peut l’être.

L’arrivée imprévue de Béatrice, Pauline Guimard, la psychologue scolaire mandatée par le ministère de l’Education nationale, va bousculer la routine de cette petite école. Myriam montre la garde et défend vaillamment son territoire en dévoilant ses crocs face à la psy. Plus cool que Béatrice, il n’y a pas. Sa mission, enquêter sur les violences en milieu scolaire. Pensez, c’est dans les classes de petites sections que se réveillent les graines de voyous, les grands bandits de demain ! Autant prendre le mal à la source, même si tout va bien, même parfaitement bien, s’énerve à dire la directrice.

Au jeu des questions-réponses, les masques commencent à tomber. Rémi et Nicolas se lâchent et donnent des aperçus épiques de leur vie privée. Le cocasse de la situation exaspère Myriam, elle abandonne le radeau au moment où le vent commence à souffler dans le sens de la vérité. Les répliques sont saillantes et justement dosées. Dans la salle, des spectateurs se sont retrouvés des points en commun avec les deux instits. L’humeur vagabonde est bon enfant et les rires fusent de siège en siège.

L’écriture de Fabienne Galula est certes plus proche de la comédie que du socio-tragique. Cependant, sans tomber dans les sempiternels clichés du mal-être vécu par les enseignants, les mots dénoncent l’équilibre précaire des écoles élémentaires. Une tension palpable véhiculée par les directives ministérielles qui ne cessent de polluer les bureaux des responsables d’établissement scolaire. La fragilité se mesure à la petite cuillère, selon la quantité de pâte à tartiner piochée dans le pot.

La mise en scène alterne entre émotion et effervescence. Simple, épurée, elle souligne sur scène ce que les médias diffusent sur les ondes et dans la presse écrite. La différence, Jean-Philippe Azéma dégraisse le mammouth en connotant les moments forts de la pièce avec des répliques promptes, fraiches et sincères. Servie sur le mode sarcasme et rire confondus, cette pièce se manifeste par le caractère factuel d’une réalité maintes fois déposée sans brevet.

Cette Maitresse en maillot de bain mériterait d’être brevetée car sans être enseignant, on se met volontiers à leur place. Pauvres instits, ils sont tirés comme des lapins de garenne dès qu’ils sortent à découvert. Nos chères têtes blondes les adorent quand ils sont gentils et les détestent quand ils se font gronder. Christophe Corsand et Fabrice Feltzinger sont le portrait des maitres d’école d’aujourd’hui. Perdus et placides, exubérants et fragiles, des personnalités opposées, lesquelles méritent considération et écoute. Christophe et Fabrice sont tellement sincères qu’on aurait envie de les adopter tout de suite pour... nos petits.

Ludivine de Chastenet n’a pas le rôle facile. Pourtant, elle joue à merveille cette directrice d’école maternelle exaspérée dont la sensibilité se dissimule sous un torrent d’humanité. Ses failles réveillent la conscience ficelée des législateurs de l’Education nationale, lesquels veulent imposer de nouvelles règles et pas toujours de trois. Une interprétation convaincante et touchante.

Pauline Guimard se glisse dans le rôle de Béatrice avec la pudeur et la retenue de son statut. Avenante et soucieuse, Pauline incarne indirectement plusieurs personnages en un seul : la confidente, la psy, l’amie, la femme libérée, la femme renfermée. Une belle prestation pour cette comédienne de talent.

La mise en scène de Jean-Philippe Azéma fait plaisir à voir, le texte de Pauline Galula est actuel et drôle. La Maîtresse en maillot de bain, une comédie très agréable à voir sans modération.
Mis à jour le 21/11/2011
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