LES CHRONIQUES DU FESTIVAL D'AVIGNON 2026





TANTO POCO
de Marco Lodoli
Mise en scène de Cécile Garcia Fogel
Avec Cécile Garcia Fogel
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Du 06/07/2026 au 23/07/2026
Tlj à 19h35 (relâche les 10 & 17 juillet).
11.Avignon
11, bd Raspail
84000 AVIGNON
0484512010
Site Internet
Le vertige d’un amour muet
Adapté du roman Si peu (Tanto poco) de Marco Lodoli, ce spectacle raconte l’histoire d’amour singulière, bouleversante et presque insensée d’une concierge de lycée pour un professeur de lettres. Ils sont tous deux très jeunes lorsqu’ils se rencontrent. Elle le prend d’abord pour un élève en retard ; il lui répond simplement qu’il est professeur. Confuse, elle reprend aussitôt le vouvoiement. En quelques secondes, tout est dit : elle vient de basculer dans un amour absolu, muet, clandestin.
Ce coup de foudre ne durera pas une année scolaire, ni même quelques saisons : il traversera quarante années. Quarante ans de silence pour elle, d’indifférence pour lui. Elle le regarde vivre, réussir, aimer ailleurs, écrire, vieillir, tomber parfois, tandis qu’elle demeure à sa place, immobile, fidèle à ce sentiment qui l’habite entièrement. Comment peut-on aimer si longtemps sans jamais rien demander ? Comment peut-on, de l’autre côté, ne rien voir, ne rien deviner, rester aussi longtemps étranger à une telle dévotion ? C’est toute la force du texte : nous placer face à cette énigme intime, à la fois dérangeante et profondément humaine.
Seule en scène, Cécile Garcia Fogel est passionnante. Elle ne force jamais l’émotion, ne cherche ni l’effet ni le pathos. Elle laisse monter, par petites touches, la complexité de cette âme discrète, presque invisible, et nous la rend peu à peu immense. Sa voix, ses silences, sa manière d’habiter l’espace donnent à cette femme effacée une présence bouleversante. On croit entendre une confession, mais c’est bien du théâtre : précis, sensible, tenu, d’une grande intelligence.
Le décor, sobre et sans fioriture, épouse parfaitement cette parole intérieure. Rien ne vient encombrer le récit : tout est au service de l’interprétation et de l’adaptation, assurées par Cécile Garcia Fogel elle-même. Cette économie de moyens permet au texte de Marco Lodoli de respirer et à la comédienne de faire surgir, presque à vue, la grandeur tragique d’une vie qui semblait ne compter pour personne.
Encensé par Le Monde et chaleureusement recommandé sur France Inter, dans Le Masque et la Plume, ce spectacle mérite largement les éloges qu’il reçoit. Courez le voir : vous ne le regretterez pas. Vous en sortirez peut-être troublés, peut-être émus, mais certainement touchés par cette histoire de si peu qui, sur scène, devient immense.
Ce coup de foudre ne durera pas une année scolaire, ni même quelques saisons : il traversera quarante années. Quarante ans de silence pour elle, d’indifférence pour lui. Elle le regarde vivre, réussir, aimer ailleurs, écrire, vieillir, tomber parfois, tandis qu’elle demeure à sa place, immobile, fidèle à ce sentiment qui l’habite entièrement. Comment peut-on aimer si longtemps sans jamais rien demander ? Comment peut-on, de l’autre côté, ne rien voir, ne rien deviner, rester aussi longtemps étranger à une telle dévotion ? C’est toute la force du texte : nous placer face à cette énigme intime, à la fois dérangeante et profondément humaine.
Seule en scène, Cécile Garcia Fogel est passionnante. Elle ne force jamais l’émotion, ne cherche ni l’effet ni le pathos. Elle laisse monter, par petites touches, la complexité de cette âme discrète, presque invisible, et nous la rend peu à peu immense. Sa voix, ses silences, sa manière d’habiter l’espace donnent à cette femme effacée une présence bouleversante. On croit entendre une confession, mais c’est bien du théâtre : précis, sensible, tenu, d’une grande intelligence.
Le décor, sobre et sans fioriture, épouse parfaitement cette parole intérieure. Rien ne vient encombrer le récit : tout est au service de l’interprétation et de l’adaptation, assurées par Cécile Garcia Fogel elle-même. Cette économie de moyens permet au texte de Marco Lodoli de respirer et à la comédienne de faire surgir, presque à vue, la grandeur tragique d’une vie qui semblait ne compter pour personne.
Encensé par Le Monde et chaleureusement recommandé sur France Inter, dans Le Masque et la Plume, ce spectacle mérite largement les éloges qu’il reçoit. Courez le voir : vous ne le regretterez pas. Vous en sortirez peut-être troublés, peut-être émus, mais certainement touchés par cette histoire de si peu qui, sur scène, devient immense.
Jeanne-Marie Guillou
25/07/2026

AVIGNON
Théâtre des Doms
de Ascanio Celestini
Mise en scène de Ascanio Celestini
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Rumba
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