




Mademoiselle Julie
de August Strindberg
Mise en scène de Frédéric Fisbach
Avec Juliette Binoche, Nicolas Bouchaud, Bénédicte Cerutti
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Du 08/07/2011 au 26/07/2011
18h ou 22h (selon dates).
Gymnase Aubanel
Rue Palapharnerie
84000 AVIGNON
Une épure de tragédie naturaliste
Un grand aquarium, c’est le cadre choisi et édifié par Frédéric Fisbach et son scénographe Laurent P. Berger pour les premières scènes de cette adaptation de la célèbre pièce d’August Strindberg. Comme s’il voulait nous contraindre à poser nous aussi sur cet univers figé dans une blancheur de clinique le même regard froid, mais ici trompeur, d’entomologiste dont il semble vouloir faire preuve. Au premier plan, la cuisine où vont se dérouler les affrontements entre les personnages principaux, Mademoiselle Julie, fille de la noblesse déchue, attirée par Jean, son jardinier, ce dernier aussi amoureux de sa maîtresse qu’avide jusqu’à la révolte de reconnaissance sociale, enfin la jeune cuisinière, Christine, qui s’accommode mieux que Jean, son fiancé, de sa condition de domestique.Au-delà, près d’un bois de bouleaux très stylisé, se déroule le bal de la Saint Jean. C’est la fête dionysiaque pendant laquelle, au moins pour une seule nuit, le soleil ne se couche pas tout à fait, les barrières sociales tombent, les désirs se donnent libre cours... La maîtresse se livre avec sa domesticité à des danses endiablées. Très bientôt vont leur succéder de vrais combats d’individus acharnés à se détruire faute de pouvoir se rencontrer...Naturaliste, Mademoiselle Julie ? Sans doute. Mais, et surtout ici, pas réaliste... Le choix de Frédéric Fisbach me paraît tout à fait pertinent. J’attends d’ailleurs que l’on me démontre ce que peut être le réalisme, au théâtre ou ailleurs. La vérité se situe en deçà ou au-delà c’est l’éternelle fausse querelle du fond et de la forme ! de cette vaine notion de réalisme. Les personnages sont déterminés par leurs origines, leur condition sociale, économique, leur statut de dépendance ou non, leur sexe aussi, surtout pour Strindberg. La tragédie vient de ne pouvoir outrepasser ces limites, les abolir... C’est tout le problème de la liberté individuelle dans une époque ou une société qui les limitent ou les nient : savoir se délivrer de ses déterminismes en les affrontant ou, au besoin, par la fuite ! Est-ce toujours possible ?Les trois personnages sur le devant de la scène : Juliette Binoche (Julie), Nicolas Bouchaud (Jean) et Bénédicte Cerutti (Christine) sont magnifiques de présence émotionnelle. Entre ces trois personnages, l’élément perturbateur, moteur de la tragédie qui va se jouer, c’est bien l’amour, ou plus exactement le désir... Le désir contrarié. La passion amoureuse, irréductible et finalement destructrice... Seule solution envisageable finalement pour Julie : le suicide. Car pour elle, il y a déjà trop de transgressions. Envers ses parents, sa condition d’aristocrate... et l’humiliation de se voir assujettie, humiliée parfois, par les sens et les sentiments à un être humain qu’elle doit bien ressentir parfois comme inférieur. Un passif beaucoup trop grand pour une jeune fille fragilisée aussi par son éducation.Voilà un spectacle brûlant comme de la braise qui couve trompeusement sous la cendre d’un feu mal éteint et qui, le temps d’une représentation, ne demande qu’à se raviver... On n’oubliera pas cette Mademoiselle Julie là !
Henri Lepine
10/07/2011

PARIS
Théâtre La Pépinière
de Marion Mezadorian
Mise en scène de Mikael Chirinian
Marion Mezadorian, après son one woman show "Pépites", nous présente son deuxième spectacle intitulé "Craquage". Elle décortique des situations différentes les unes des autres mais qui se terminent toutes, inexorablement, par la même conclusion : dire une bonne fois pour...
L'avis de Jeanne-Marie Guillou
Théâtre La Pépinière
PARIS





MARION MEZADORIAN - CRAQUAGE
de Marion MezadorianMise en scène de Mikael Chirinian
Marion Mezadorian, après son one woman show "Pépites", nous présente son deuxième spectacle intitulé "Craquage". Elle décortique des situations différentes les unes des autres mais qui se terminent toutes, inexorablement, par la même conclusion : dire une bonne fois pour...
L'avis de Jeanne-Marie Guillou

