• Il est trois heures du matin, Franck bougon termine de ranger le bar et 
s'apprĂŞte Ă  fermer l'Ă©tablissement, quand surgit une jeune fille. C'est 
vrai il pleut très fort dehors et il tonne même. Mais bon il est trois 
heures du matin !!
  • Un an après leur rupture, Alice dĂ©barque Ă  trois heures du matin, chez Hugo !! Elle qui croyait Ă  l’amour Ă©ternel, pur, absolu, lui plus terre Ă  terre, rĂ©aliste, peut-ĂŞtre moins envie de « s’installer ».
  • Encore ! Allez-vous me crier dans les oreilles. Ben oui, encore, mais lĂ  c’est un misanthrope pas commun. D’abord cela se passe de nos jours. Ils ont tous des tĂ©lĂ©phones portables. Rien ne choque, tout est plausible. VoilĂ  l’extraordinaire talent de Molière.
  • Et nous voilĂ  embarquĂ©s dans une sĂ©rie d'Ă©vènements avec les spectateurs comme principaux
  • HystĂ©ries est une sĂ©rie de saynètes sur la rupture, l’amour, la trahison et mĂŞme le meurtre .


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Un enfer revu et corrigé par Michel Raskine

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Jusqu'au 21/03/2007
Le Point du Jour
7 rue des Aqueducs
69005 LYON
Réservations :
04 78 150 180
Inutile de tourner autour du pot : cette nouvelle, et pourtant énième, mise en scène de Huis clos, la pièce la plus connue, la plus étudiée et la plus représentée de Sartre, est excellente (n’ayons pas peur des mots) ! Michel Raskine, le metteur en scène et directeur du théâtre du Point du jour, possède le don d’actualiser et de dynamiser les plus grands classiques du théâtre. Après son superbe Périclès, prince de Tyr, présenté aux Nuits de Fourvière 2006, il délaisse cette fois Shakespeare pour s’attaquer à Sartre ; changement de genre, de ton et d’auteur, mais nouvelle réussite !

Petite séance de rattrapage pour qui n’aurait jamais lu le dramaturge et philosophe existentialiste : Huis clos présente trois personnages enfermés ensemble dans un enfer, qui n’est autre qu’un salon bourgeois sous la plume de Sartre. Estelle, Garcin et Inès vont devoir cohabiter éternellement, livrés les uns aux regards des autres. Chacun sera le bourreau des deux autres, car si le regard de l’autre permet d’exister, il est aussi accusateur, concupiscent et curieux. Chaque personnage ne peut ainsi s’empêcher de questionner l’autre, de vouloir le posséder ou l’humilier, afin d’asseoir sa propre domination. D’où le célèbre constat : "l’enfer c’est les autres" ! Philosophique, me direz-vous ; certes, mais le texte de Sartre n’est jamais didactique. Il se contente de montrer les trois protagonistes en action les uns face aux autres : ils se livrent une joute verbale, essayant de percer à jour les péchés de chacun ; mais ils s’affrontent également physiquement. On l’oublie souvent : la pièce de Sartre montre les rapports physiques de ces trois damnés. Et ça, Michel Raskine a voulu le mettre en valeur. Sa mise en scène insiste sur la lutte des corps : bagarres ou étreintes rythment le quotidien monotone des trois protagonistes. Leurs échanges sont ainsi d’une violence exacerbée, car elle n’est pas seulement verbale.

Sous des néons qui ne laissent aucune place à l’intimité ou à la retraite solitaire, Marief Guittier (Inès), Christian Drillaud (Garcin) et Cécile Bournay (Estelle), tous les trois parfaits, se cuisinent donc jusqu’aux aveux les plus crus de leurs fautes. La scénographie qui préfère le cadre décadent et la lumière violente d’une sorte d’entrepôt, jonché de vieux meubles (et du bronze de Barbedienne !), au salon bourgeois décrit dans la pièce, traduit précisément l’atmosphère oppressante de l’enfer sartrien. Dès que s’ouvre la trappe lumineuse et que retentit la sonnerie stridente soulignant chaque arrivée, nous, spectateurs, sommes plongés dans un univers à la fois contemporain et atemporel, un univers où l’aliénation des êtres se dit avec les lieux, les corps et les mots, un univers, enfin, où les situations les plus tragiques peuvent faire rire. Ca aussi Michel Raskine l’a bien compris : Huis clos possède un vrai potentiel comique dans le grotesque de ses personnages. Leurs conflits dérisoires prêtent à rire et à réfléchir ; il ne faut pas s’en priver !
Mis à jour le 20/03/2007
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