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La ligne dramaturgique du spectacle suit le parcours d'Arthur Rimbaud à travers l’Europe. Débutant à Charleville-Mézières, sa ville natale, elle traverse Paris pour finir en Afrique et à Marseille. Pour autant, il ne s’agit pas là d’un spectacle biographique mais d’une série de flashs, du passé, du présent et du futur. Le montage, volontairement fragmenté, réunit certains de ses textes, lettres, télégrammes et témoignages. John Arnold, le metteur en scène, explique que "deux acteurs étaient nécessaires pour cette création, l’un chargé d’une incarnation distanciée de Rimbaud, l’autre étant la somme de ses contemporains". L’excellent duo (Bruno Boulzaguet et Jocelyn Lagarrigue) aborde la question du génie face au monde et exprime la profonde solitude du poète.
L’insoumission, le thème de la pièce, est illustrée aussi bien par le contenu (le texte et le personnage), que par la forme, en particulier grâce aux différentes tonalités utilisées, aux ambiances sonores, aux jeux de lumière et à la mise en scène qui déjoue et se déjoue des codes. Les comédiens investissent aussi bien la scène que la salle pour se retrouver au milieu de spectateurs, et le spectacle se joue aussi bien dans le noir qu’à la seule lumière d’une flamme ou encore sous une lumière éclatante. Avec leurs costumes contemporains, les acteurs déclament un texte d’époque tantôt sur un ton vif, tantôt sur un air complètement désabusé : rien n’est logique et tout est insoumission à l’image de la vie et de l’art du poète.
Cette belle création permet d’entrevoir le poète et l’homme, un ange en exil sur terre, éternellement... insoumis. A ne pas rater. |