Frédérique Fricker, une comédienne qui promet

A 29 ans, Frédérique Fricker sait ce que signifie le travail. Elle n’est pas arrivée dans l’équipe des Cinq Filles couleur pêche, qui a triomphé au théâtre Célimène d’Avignon cet été, par hasard. Quinze ans de théâtre, de l’école Périmony à Côté Cour et l’apprentissage de Radka Riaskovka, ont forgé sa panoplie d’actrice.

Sa drôlerie, c’est ce qui vient d’abord quand on presse le fruit. Mais l’émotion ne tarde pas non plus à démanger le spectateur. Frédérique Fricker sait y faire. Ses expériences sont riches de diversité mais elle a toujours pris le temps de choisir ses projets. Après la pluie de Serge Belbel, théâtre du Temps, Le Ravissement d’Adèle de Rémy De Vos au théâtre du Marais, En attendant le Nobel, création d’une jeune dramaturge Ewa Kraska, de Witold Gomdrowicz... Frédérique jubile quand elle dégote de ces rôles qui vont comme un gant de velours. Puis, ce fut les Cinq Filles couleur pêche, en juin 2011, toute l’année à Paris. au théâtre des Deux Rêves, au Marsoulhan, au café-théâtre Le Sonart. Frédérique a intégré la première équipe à l’audition.

"J’ai aimé tout de suite les répliques inattendues, cash et crues (…) C’est un rôle superbe pour une comédienne." La comédie d’Alan Ball, à qui l’on doit au passage American Beauty et ses savoureux dialogues, mais aussi Six Feet under, conquiert toutes les générations. Les demoiselles d’honneur célibataires pleines de cœur et de fiel font fondre l’assistance. Frédérique Fricker, dans le rôle d’une lesbienne sincère et caustique, s’y révèle excellente. L’excellence, le travail mais aussi le rire et le plaisir. Un alliage remarquable pour une comédienne qui promet. 

Joseph Agostini