ET AUSSI
• A la Une. Les Contes d'Offmann par Gilles Ramade
• Entretien. Scarlett James, l’american dream au goût de sirop d’érable et de paillettes
• En vidéo. Le jukebox du théâtre
• Texte. Découvrez la pièce La Surprise d'anniversaire

Vos textes de théâtre en ligne
Notre sélection de spectacles
Vos petites annonces gratuites



A la Une Esther Candaës joue 'Lettre d'une inconnue'
Après plus d'une centaine de représentations dans 9 Théâtres touulousains, le premier prix du Coup de Chapeau 2006 (festival de Théâtre solo du Théâtre Chapeau Rouge à Toulouse), Lettre d'une inconnue de Stefan Zweig est de retour jusqu'au 28 avril 2018 au Théâtre le Visiteur à Plaisance du Touch (31).

Rencontre avec la comédienne Esther Candaës.


Visiter le site de la Cie Fées et Gestes

GROS PLAN
Affiche du spectacle
© DR
Ce spectacle a rencontré un énorme succès sur les scènes toulousaines en 2001, vous le reprenez à partir du 12 avril. Parlez-nous de cette femme.
Le spectacle a démarré exactement le 7 décembre 2001, la veille de mes 30 ans, âge du personnage.

Cette femme est très spéciale, elle a été inventée par un homme, pourrait elle exister ou pas ? Nous nous sommes souvent posé la question, lors de discussions, avec des spectateurs. Ce qui frappe, c’est à quel point Zweig connaît, décrit et fait vivre une âme féminine dans ce qu’elle a de plus profond… tout en étant un homme. Cette femme voue une passion hors norme à un homme, mais une passion secrète, entourée d’une abnégation totale et incroyable, qui lui fait avoir une destinée hors norme : les choix, les raisons incroyables de ses décisions par rapport à l’enfant né de leur union, à son choix de vie, à ses secrets… Mais je ne veux pas trop en dévoiler justement !

 
Qu'est-ce qui vous touche dans l'âme de cette femme ? Vous éprouvez de l'attachement pour elle ?
Comme je le disais, ce comportement est hors normes, et l’obstination, l’abnégation et la discrétion totale de cet amour, pourtant complètement fou, le sont également, cela pourrait-il exister dans la vraie vie ? Peut-être pas totalement, et c’est ce qui en fait une héroïne magnifique et bouleversante… Mais malgré tout je pense que toute femme a un peu de cette « inconnue » en elle, c’est pourquoi l’attachement du public à ce personnage est si fort et c’est pourquoi mon attachement est si fort également. Je dois quand même ajouter que j’ai découvert ce texte à l’adolescence et que je me suis totalement reconnue dans ce personnage, en tous cas telle que j’étais à l’époque, telle que peut l’être une jeune fille très timide et pourtant d’un caractère assez passionnel et rêveur…

 
Qu'aimez-vous dans l'écriture de Stefan Sweig ? Comment peut-on sublimer scénographiquement cette nouvelle ?
L’écriture de Zweig est terriblement concise et plus particulièrement sur la description de l’âme humaine, ses émotions, ses passions, ses folies. La psychologie des personnages est incroyablement bien dépeinte. Les nouvelles, en particulier, tiennent en haleine et sont souvent bouleversantes. En revanche, il s’agit de nouvelles et non de pièces de théâtre (même si Zweig a également écrit du théâtre). L’adaptation pour la scène est donc nécessaire. Pour « Lettre d’une inconnue » nous nous sommes contentées de coupures, nous n’avons pas changé les mots. Les coupures portent sur les passages trop descriptifs, ou sur les descriptions d’états émotionnels qui peuvent être joués sur scène plutôt que dits. En ce qui concerne la scénographie, j’aime les choix d’Isabelle Ramade et le public aussi. Hier soir encore, je parlais longuement avec une dame qui exprimait le plaisir qu’elle avait eu, également, grâce au décor épuré et symbolique et évolutif qui laisse toute la place à l’imagination du spectateur, aux lumières qui redessinent si bien le chemin retracé par l’inconnue lorsqu’elle « rallume » tous ses souvenirs un par un….

 
Il y a des changements, des modifications, des évolutions dans cette reprise ? Est-ce que le personnage a grandi au fil de votre maturité ?
Les changements oui, il y en a, mais ils sont subtils. Nous n’avons rien changé à la mise en scène. Nous nous sommes contentés de retravailler la direction d’acteur. En effet, oui la maturité a énormément apporté et à mon personnage et à mon jeu d’actrice. Pour le personnage : simplement, j’ai vécu des choses dures qui me permettent aujourd’hui de donner à mon personnage plus de réalité et de chair dans les souffrances par rapport à la mort de son enfant, à l’hôpital etc… Pour mon jeu : c’est la même raison, mes « accidents » de la vie m’ont permis de grandir et d’être plus connectée à mon être profond et à mes émotions. De ce fait, je ressens une grande évolution dans mon jeu et nous avons essayé de donner cela au personnage, au texte, pour repartir de zéro : redécouvrir le texte, une façon plus directe de le dire qui s’éloigne de son côté littéraire, le texte a pris corps, chair… encore plus qu’avant…

 
Qu'auriez-vous envie de nous dire pour donner envie au spectateur de découvrir ce texte et votre interprétation ?
Je crois en avoir dit déjà beaucoup, alors je dirai juste ceci : mon plaisir et mon bonheur, c’est d’offrir ce texte et cette histoire aux personnes du public… Quand on se voit après la représentation, très souvent, les gens ont les yeux remplis de larmes et la gorge serrée, alors ils essayent de me parler mais leur voix est toute petite, serrée par l’émotion, alors certains se contentent de me regarder en silence, avec les yeux qui brillent, et cela me touche énormément. Cette émotion est due à la force de cette histoire, qui très souvent frappe énormément mais aussi à ce qu’apporte mon interprétation et mon personnage, je me permets de le dire car on me l’a tellement dit, répété, écrit (on m’écrit encore pour m’en parler parfois des années après). Cette histoire marque beaucoup et c’est jubilatoire de pouvoir l’offrir et la faire découvrir ! Et je remercie Stefan Zweig de l’avoir écrite !!!

 
Et pour terminer, pouvez-nous nous présenter en quelques mots la Cie Fées et Gestes ?
La Compagnie Fées et Gestes, créée depuis 2006, est en résidence permanente à Tarascon sur Ariège (convention de partenariat culturel). La résidence à Tarascon se manifeste à travers : des lectures, des cours de théâtre dans nos locaux, la création des spectacles au Centre Culturel, des spectacles déambulatoires, du sur-mesure (lectures, montages événementiels) du théâtre d’entreprise…
Nous présentons régulièrement nos spectacles en Occitanie et sur le territoire national. Actuellement, figurent au répertoire de la Compagnie, cinq spectacles tout public : Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig, Ces gens-là (spectacle sur Jacques Brel), Le journal d’un fou de Nicolaï Gogol, le Cabaret Macabre et le Cabaret Canaille .
Nous préparons une création importante pour novembre 2018, en « Résidence d’Artistes » avec le Conseil départemental de l’Ariège : LA FLEUR AUX FUSILS un spectacle entièrement dans le noir, une pièce que notre metteur en scène, Jean Louis Manceau, a écrite (avec 8 comédiens) et qui se déroule dans les tranchées de 14-18… projet très très ambitieux et excitant qui a reçu le label national de la Mission du centenaire.


Publié le 18/04/2018

  En complément
 SPECTACLE 
 SPECTACLE Lettre d'une inconnue

VOTRE AVIS
Donnez votre avis sur cet article


Publicité
PUBLICITE
PARTENARIAT