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A la Une Flo Quentin HERFORT: La liberté d’aimer …
Interviewée en amont de la pièce Marie Stuart, Rose d’Ecosse jouée au Théâtre du Nord-Ouest à Paris Flo Quentin HERFORT l'auteure de cette adaptation théâtrale, Psychologue clinicienne pour enfants et adolescents et auteure dramatique nous livre, à travers le choix d’une héroïne aux amours sacrifiés, un témoignage historique, artistique et sans extrapoler analytique d’une reine en proie à la liberté sous différentes formes et en premier lieu celle d’être une femme …

GROS PLAN
Affiche du spectacle
© X,dr
Quels mots, quels adjectifs utiliseriez-vous pour qualifier cette pièce : Marie Stuart, rose d’Ecosse ?

Trahison, complot, meurtre, passion amoureuse.

Partant de ces mots est-ce que vous pouvez me dire combien de temps vous avez mis à faire ces recherches sur cette héroïne, cette reine et pourquoi ce choix de travail sur Marie Stuart ?

J’ai vécu en Écosse en 2012 pendant un an et demi et j’ai travaillé comme psychologue là-bas puisque c’est mon métier et l’autre partie de mon temps je l’ai dédié à monter la pièce de théâtre adaptée de Jack l’éventreur et c’est cela qui soudainement a fait naître mon intérêt pour Marie Stuart augmenté du fait qu’à chaque fois que je rentrais dans un pub je voyais des portraits d’elle. En Ecosse on voue une véritable vénération pour cette reine là et j’avais donc envie de savoir pourquoi c’est vrai que selon qu’ on soit franco-écossais on a plutôt tendance à vénérer cette reine, à la voir comme une héroïne ou quelqu’une qui a une foi catholique et effectivement on pourrait dire une martyr de la foi catholique , en somme une femme qui était une grande amoureuse et qui à bout de force en est morte. Elle est morte du fait d’avoir trop aimé et de ne pas s’être positionnée comme une reine et je trouve que les franco-écossais ont beaucoup d’indulgence vis-à-vis de cette reine et les Anglais la voient comme la reine complice de l’assassinat de son mari Henri Darney Stuart. J’ai fait des recherches à la National Library of Scotland où j’ai extrait des lettres qu’ avait écrites Marie Stuart à différents souverains européens et papes et j’ai vu que c’était une personne très érudite qui maniait les langues et les arts auxquels elle a été initiée par les poètes de la Pléiade en France puisqu’elle a vécu une partie de sa vie en France étant mariée au roi de France François II.

Par rapport aux poètes, je vais aller plus loin dans votre développement car le titre de votre pièce s’intitule Marie Stuart rose d’Écosse et on pense inéluctablement aux poètes de cette époque-là. On pense à du Bellay , on pense à Ronsard et vous êtes-vous inspirée d’un poème en particulier ? Y aurait-il une œuvre qui aurait retenu votre attention pour que vous donniez ce titre « Rose d’Écosse » à cette héroïne Marie Stuart ?

C’est drôle que vous me posiez la question car justement j’aime beaucoup Ronsard. Je voue une passion à Ronsard et le poème auquel je pensais est l’ode à Cassandre : Mignonne, allons voir si la rose qui ce matin avait déclose sa robe de pourpre au soleil, a point perdu cette vesprée, Les plis de sa robe pourprée, Et son teint au vôtre pareil. Marie Stuart fut l’amie de Du Bellay, Ronsard et Brantôme donc elle a vraiment été initiée dans sa jeunesse . Elle est arrivée en France à l’âge de six ans et de l’âge de six ans à 19 ans elle a vraiment profité allègrement de tous les enseignements de ces poètes et certains sont même venus avec elle sur le bateau quand elle a décidé de revenir en Écosse.

Une question à présent plus personnelle s’impose. Êtes-vous féministe et si vous l’êtes cette œuvre que vous avez écrite pourrait telle être considérée comme un hommage à cette femme icone, à cette tragédienne qui incarne quelque part le féminisme à part entière, la bravoure, l’audace, le courage ?

J’irai même plus loin en disant finalement qu’elle avait juste le droit à régner comme un homme. En France on n’a pas eu beaucoup de femmes qui ont régné. En effet en face il y avait la reine Élisabeth. Je ne suis pas une féministe pure et dure et je ne dirais pas que je fais partie effectivement des « chiennes de garde » et je ne suis pas non plus une militante. J’en avais assez de voir - parce que j’ai vécu aussi en Angleterre et en Écosse - les rôles principaux toujours tenus par des hommes et pour les femmes c’est un peu de faire valoir. On voit ça souvent dans les comédies de boulevard avec le mari, la femme et l’amant et c’est toujours l’homme qui a le beau rôle et, là, effectivement, l’héroïne …

Vous avez en ce sens choisi de donner comme titre Marie Stuart Rose d’Écosse mais cela aurait pu être Marie Stuart ou la liberté d’aimer parce que cette femme a cette liberté audacieuse pour l’époque d’aimer qui elle veut ?

C’est très juste ce que vous dites et oui cela aurait été un titre intéressant. J’aime beaucoup ce titre : « la liberté d’aimer » surtout que c’est une pièce romantique. Ce qui m’a paru intéressant de traiter dans cette pièce et cela va dans le sens de votre question, c’est que je décris tout ce mouvement de misogynie ambiante où se sont des hommes qui gouvernent le pays ou plus précisément des Lords calvinistes parce que la religion est très prégnante quand elle arrive en Écosse et c’est une religion Calviniste très extrémiste hostile aux femmes. A son arrivée Marie Stuart se heurte à John Knox qui est un disciple de George Wishart ; quelqu’un qui a été victime lui-même de persécutions par les catholiques parce qu’ il était très extrême dans sa façon de penser et donc ce même John Knox va écrire un brûlot contre le droit des femmes à régner donc Marie Stuart se heurte à lui mais aussi aux Lords protestants et c est ces personnes-là qui ne vont cesser de lui tendre des pièges et qui vont ourdir des complots pour la faire trébucher tout cela orchestré par le demi-frère bâtard de la reine Marie Stuart et là où se trouve l’originalité de la pièce c’est dans le fait que beaucoup d’historiens prêtent des intentions instigatrices à Elisabeth mais il faut savoir que certes cette dernière a toujours eut des craintes par rapport au fait qu’ elle n’était pas légitime puisque c’était une bâtarde et les historiens ont je crois laissé trop de présupposés en disant tout se résumait en une histoire de jalousie féminine et de peur que Marie Stuart reprenne la couronne d’Écosse et d’Angleterre et personne ne voulait voir clairement qu’ il y avait surtout le demi-frère bâtard qui n’a jamais été légitimé, a été élevé dans un monastère et qui était lui aussi calviniste et la pièce pointe cet oubli important à savoir qu’ il nourrit toujours une haine et une rancune contre sa sœur parce que pour lui le pouvoir ne devait être exercé que par des hommes et pas par des femmes. C’est donc ce demi-frère bâtard, dans ma pièce, qui complote.

Vous pointez donc bien du doigt l’idée que ce ne sont pas les femmes qui sont la cause de tout ce qui tombe et pèse sur cette héroïne ?

La jalousie est mêlée dans cette pièce à l’ambition et à un désir de revanche. Le demi-frère, Lord James n à eut de cesse que de vouloir reprendre les rênes du pouvoir et il y parvient par les fautes que va commettre Marie Stuart, des fautes d’imprudence, d’avoir notamment laissé son cœur et moins la raison dicter ses décisions. En fait il va finir par demander l’abdication au profit de son fils et obtenir la régence et quand je positionne temporellement Marie Stuart dans ce texte que j’ai écrit il lui reste encore dix-neuf ans à vivre. Ensuite elle demandera asile à la reine Elisabeth et c’est ce mauvais choix qui va faire qu’elle va rester emprisonnée pendant dix-neuf ans .Elisabeth signera son arrêt de mort et il y a aussi un problème d’ingérence dans lequel ces deux reines n’auraient jamais dû se mêler puisqu’ il ne concernait que l’Écosse ! Le sort s’est acharné sur elle et c’est bien la raison pour laquelle cela en fait une tragédienne.

Venons-en à présent aux comédiens et au metteur en scène avec qui vous semblez travailler en synergie depuis longtemps qu’en dites-vous ?

Ma pièce avant de véritablement lui donner la forme actuelle je l’ai testée au travers de lectures tout d’abord par un ami historien qui organise des cafés littéraires et qui se nomme Dominique Vibrac . Il raconte l’histoire et invite des artistes et j’ai donc pris si je puis dire un peu « le pouls »de la pièce et comme j’ai vu que cela fonctionnait bien j’ai choisi d’aller plus loin. Jeanine Milange interprète Elisabeth et Jérémie Hamon Lord Darnley et ce sont eux qui m’ont encouragé à connaître ce metteur en scène qui se nomme Olivier Bruaux . Ce dernier était le metteur en scène cet été de la pièce Richard III au Théâtre du Nord-Ouest dont j’ai apprécié la mise en scène et du coup je lui ai demandé s’il voulait adapter Marie Stuart d’autant plus qu’il fut professeur d’Anglais et qu’il porte un intérêt tout particulier à l’Angleterre sur la période de la renaissance.

On pourrait dire finalement qu’il y a une part de chance qui vous fait vous réunir .Est-ce le hasard selon vous ?

Paul Eluard disait : « il n y a pas de hasard dans la vie il n y a que des rendez-vous » .

On remarquera aussi que vous n’avez pas fait les choses à moitié puisque vous avez choisi un costumier pour parer les comédiens d’une vêture historique la plus vraisemblable possible ?

J’ai rencontré cet artiste couturier par l’intermédiaire d’une amie qui se nomme Annick Astro que j’ai connue lors des cafés littéraires dont je vous ai parlé auparavant et qui fait des spectacles aussi. C’est elle qui m’a dit tu devrais contacter ce jeune styliste Luc Darribere, puisqu’ il vient de créer une robe Marie Stuart. On me motive en me disant vous avez à peu près le même univers et vous devriez vous rencontrer et c’est ce que j’ai fait ! Tout le monde me disait alors il va demander une somme astronomique sachant entre autre qu’il a travaillé pour la haute couture pour les maisons Chanel ou Dior et il a aussi déposé sa propre marque et il a pensé que ce challenge de créer les costumes de la pièce pourrait lui permettre de montrer son travail et de promouvoir son talent. Ce dernier a refusé d’être payé pour son travail donc nous avons décidé avec la compagnie d’Olivier Bruaux de créer une page sur un site participatif. Originellement, c’est un styliste de formation. Il n’est pas costumier et il nous a montré les costumes et nous sommes tombé sous le charme de son travail sans hésiter. Il y a deux robes Marie Stuart vu qu’il y a deux comédiennes pour le même rôle alternativement et il a fallu donc qu’il double son travail en ne prenant qu’une semaine de vacance car l’ampleur du travail de confection et de création est faramineux. Pour le choix des tissus c’est lui qui a choisi et il s’est documenté pour voir comment on s’habillait à la renaissance. Il fait porter des kilts dans la pièce mais c’est un aménagement car ce sont historiquement les catholiques qui les portent et là dans la pièce ils sont portés par des protestants. C’est aussi et il faut le dire à des fins d’économie et d’un point de vue créatif cela donnait une petite touche écossaise. Le kilt était plutôt porté par le peuple à l’époque et les catholiques portaient le kilt pour montrer leur indépendance à la couronne d’Angleterre ! Le public vous savez est littéralement ébloui par les costumes et Luc Darribere pour encore une fois saluer son travail a gagné la sélection comme styliste pour le concours des Miss régionales.

Nous venons de parler des costumes mais il me semble aussi que vous avez choisi aussi un musicien ?

La musique a été composée par un ami Franco Écossais qui se nomme Richard Sanderson qui a beaucoup travaillé avec Vladimir Cosma avec lequel il a composé des musiques .C’est un artiste de génie qui chante et qui compose et je trouve que le mélange du texte et de la musique donne un petit plus au spectacle, une sorte de supplément d’âme comme cela se dit . Pour que la boucle soit bouclée, j’ai sollicité Philippe Boireau pour les chorégraphies. Ce dernier est un spécialiste de la danse renaissance. Les comédiens se sont prêtés au jeu et les Marie Stuart dansent l’une et l’autre très très bien. L’attaché de Presse Tony Rocchi a lui aussi fait un travail remarquable en communicant sur les réseaux sociaux.

Peut-on faire un pont entre votre activité professionnelle de Psychologue clinicienne et le théâtre ? Peut-on établir un lien ? L établissez-vous vous-même ou est-ce une passion extérieure à votre vie professionnelle ?

J’ai commencé il y a dix ans à écrire avec ma sœur et je pense que c’est ma sœur qui est une grande essayiste et une belle plume qui m’a mis le pied à l’étrier .On a commencé à écrire des essais ensemble et effectivement vous avez raison elle m’a demandé de faire l anamnèse de Léonard de Vinci et j’ai essayé de le faire sous un trait psychanalytique. En réalisant ce petit opus sur Léonard de Vinci, la genèse de sa vie et ce travail lui plaisant elle m’a demandé si cela me plairait d’adapter Jack l’Éventreur . On a écrit les dossiers de l’hôtel Dieu puisque j’ai travaillé dans cet hôpital et ensuite j’ai adapté jack l’Eventreur qu’elle a vendu à 50000 exemplaires. Ce texte nous l’avons envoyé à Robert Hossein qui nous a dit qu’il était d’accord lui-même pour monter la pièce hélas cela n’a pas pu se faire mais il a préfacé le texte et pour moi comme pour ma sœur c’est une belle récompense quand on sait qui est ce grand monsieur qui est toujours mon idole. Je peux dire que dans mon travail je suis très influencée par Robert Hossein dont j’ai vu quasiment tous les spectacles au palais des Sports : Marie Antoinette et plus près de nous Seznec et Dominici et plus anciennement Les brumes de Manchester avec Sophie Barjac qui est ma marraine de théâtre. C’est elle qui m à préfacé cette dernière pièce et c’est un honneur pour moi car elle a joué dans beaucoup de pièces historiques ! Les deux personnes que je voulais rencontrer dans ce cheminement qui est le mien je les ai rencontré : c’est Robert Hossein et Sophie Barjac.


Publié le 01/11/2017
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