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Entretien Rencontre avec Gaëlle Pinheiro
De Spamalot aux Bavards, une jeune artiste très prometteuse !

GROS PLAN
Affiche du spectacle
© BM Palazon 2010
Après avoir partagé la scène aux côtés de Pef dans Spamalot cet hiver, Gaëlle Pinheiro se retrouve en Avignon dans un opéra bouffe d’Offenbach, Les Bavards, tous les jours à 15h35 au Théâtre La Luna.

Dans sa jeune enfance, Gaëlle fait du théâtre d’improvisation et, à 14 ans, elle tombe sous le charme du musical Cats. Celle qui voulait toujours chanter entreprend des études théâtrales au lycée et à l’université. Mais sa passion se confirme et elle se retrouve chez un professeur de chant qui, au bout de trois vocalises, voit en elle un talent très prometteur. Et quand vous verrez sa performance dans Les Bavards, vous ne pourrez que confirmer son avis.

Elle quitte assez rapidement le conservatoire d’art lyrique car elle "n’aime pas l’esprit de compétition qui court dans les couloirs". Elle fait du théâtre de rue avec Les Grooms, intègre la compagnie Opéra éclaté, qu’elle quitte pour faire du théâtre musical. Gaëlle aime l’opéra et le chant lyrique mais trouve que ce registre est trop élitiste dans le sens où le côté théâtral n’est pas vraiment exploité. C’est la raison pour laquelle elle souhaite faire de la comédie musicale.

Elle crée le rôle de Pamela Pouète dans Casting le musical (création au Vingtième Théâtre), on la retrouve ensuite dans la troupe de Spamalot (Théâtre Comédia).

Dans ces spectacles musicaux, on sent qu’elle s’épanouit, pour le plus grand plaisir du public, charmé par ses différentes interprétations.

Gaëlle, vous jouez Les Bavards depuis le 8 juillet dans le Off d’Avignon. Qu’appréciez-vous avec cet opéra-bouffe ?

"Nous avions déjà créé ce spectacle au festival d’Avignon en 2007. C’est un vrai plaisir de chanter Offenbach dans une version intimiste et modernisée.
"Ned Grujic a fait une mise en scène très colorée. C’est kitch, cartoonesque, très décalé et très dynamique. On s’éclate tous sur scène. Je suis ravie de travailler avec Ned qui est un habitué du théâtre musical et qui a beaucoup de talent, je suis très admirative de son travail. Au sein de la troupe Minute Papillon, nous sommes très soudé et il y a vraiment un esprit de famille. C’est très important dans une compagnie, surtout quand on participe au festival d’Avignon.
"Ce que j’apprécie énormément dans Les Bavards, c’est de jouer deux rôles, et j’aime surtout celui qui était à la base destiné à un ténor, le rôle de l’alcade. Je trouve que les rôles masculins ont beaucoup plus d’ambivalence, de caractère et de folie, surtout chez Offenbach.
"Pour la petite anecdote, quand j’étais petite je voulais toujours jouer les rôles masculins... et d’ailleurs en option théâtre au lycée, j’avais eu la chance de jouer Malvolio dans La Nuit des rois de Shakespeare !"

Que représente pour vous le festival d’Avignon ?

"Pour moi Avignon, c’est un véritable sens du partage avec les professionnels et le public, dans la rue comme au théâtre. J’aime la bienveillance des troupes les unes envers les autres, les artistes qui se respectent et qui s’intéressent aux créations des autres compagnies.
"Grâce à notre parade, où l’on chante dans les rues avignonnaises, c’est comme si on revenait aux sources de l’opéra qui est à la base un art populaire. Cela nous permet d’aller à la rencontre du public mais aussi d’intéresser les passants à ce genre de spectacles lyriques. Le public peut enfin accéder à un opéra-bouffe à prix abordable."

Vous étiez cet hiver dans Spamalot. Quelles différences y a-t-il entre cette grosse production et le fait de jouer dans une production de moindre envergure ?

"Dans Spamalot, nous n’avions pas à tracter ni à parader. C’était assez reposant. Nous avions les maquilleurs, les coiffeurs, les habilleuses... Pendant la journée, il fallait se reposer pour être irréprochable le soir sur scène. En revanche, il y a vraiment une pression de dingue. Mais c’est excitant de jouer dans un musical comme celui-ci. C’était vraiment une expérience exceptionnelle où j’ai rencontré des gens remarquables.
"En Avignon, c’est différent, même s’il faut être irréprochable sur scène, il faut canaliser son énergie. On vit tous ensemble, on mange ensemble, on met tous la main à la patte, on monte et démonte le décor, on s’occupe de nos accessoires en coulisses, on va chercher les gens dans la rue...
"L’aventure du festival d’Avignon est très humaine, nous sommes tous à égalité. C’est une aventure monty-pythonnesque et loufoquement décalée !"

Quels sont vos coups de cœur sur le festival ?

"Casting au Monte Charge, bien sur ! Je t’aime tu es parfait ..Change ! au Petit Chien qui Fume, ainsi que Perrault ça cartoon à La Luna (avec l’incroyable Stéphane Roux) et le Musset à 11h11 à la Luna également (je suis super fière de jouer dans ce théâtre où il y a une programmation d’enfer !). Mais je n’ai malheureusement pas encore pu voir beaucoup de spectacles, le festival est très frustrant pour ça, il y a tellement de choses à voir..."

Et pour finir, quels sont vos projets ?

"En novembre, je joue dans une mise en scène de Jacques Duparc, l’opérette La Route Fleurie à l’Opéra de Reims, en décembre et janvier je serai dans un spectacle pour enfants, Noël Magique, mis en scène par William Korso à l’Alhambra à Paris, et ensuite j’ai quelques projets personnels que je garde encore secrets !"


Publié le 19/07/2010

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