Je m'voyais déjà de Pascal David

Genre : Comédie
Distribution : 4H 6F
Durée : Environ 1 h 30
Mathilde tente sa chance auprès du grand producteur « Edgar ». Elle est jeune. Elle est jolie. Tout ce que la Comtesse Rebecca, riche héritière et femme du producteur ne supporte pas ! Alors c’est entre comédiens romantiques, figurants arrivistes, producteur malsain et metteur en scène ambitieux qu’elle va tout faire pour gagner sa place sous les projecteurs… Mais qu’il est difficile de faire sa place quand les jeux de pouvoir dominent !

 Note de l'auteur. Un théâtre. Une création à grand budget en préparation. Une femme de producteur, ancienne comtesse et comédienne à la retraite qui soutient l’activité de son mari mais n’accepte pas l’image que peuvent lui renvoyer les comédiennes engagées, jeunes, jolies, compétentes. Le début de la pièce débute sur la mise à la porte d’une comédienne par la comtesse. Dans une ambiance de tragédie naissante, cette création fait volteface et s’inscrit dans une comédie contemporaine. Sur un fond de vie qui s’écoule laissant alors des traces indélébiles sur le physique, l’énergie et la nécessaire adaptation de son image vieillissante par la société, le thème principal de la pièce est celui des sentiments antagonistes (la jalousie, l’envie, le regret et le remord) et tout ce qui permet la récupération narcissique par l’agressivité, par le fait de tout faire pour parvenir au sommet et ne dépendre ainsi que de soi pour recevoir ses propres signes de reconnaissance. Comment explorer, à travers cette pièce, une multitude d’émotions? Pour ce faire, j’ai choisi 7 comédiens: Trois hommes et quatre femmes; L’une des comédiennes incarne un nombre important de personnages fictionnels. Au fil du récit, ils deviennent moteurs et instruments d’intrigue. Le travail d’acteur de la comédienne illustre un état de schizophrénie volontaire qui lui permet de s’échapper de situations complexes tout en conservant une certaine emprise sur l’environnement immédiat. Alors, sommes-nous tous un peu dans ces jeux multiples de personnalités qui nous permettent de constamment nous adapter à l’autre et au groupe ? La pièce a été écrite en plusieurs temps : En premier lieu, j’ai commencé par raconter l’histoire que j’avais en tête à chacun des comédiens, perpétuant ainsi la tradition orale du conte ou du récit. Ce faisant, j’ai élaboré moi-même l’histoire au fil des rencontres et des répétitions après avoir réparti les rôles. J’ai alors utilisé des improvisations dirigées pour élaborer des scènes fragiles et vivantes, presque toujours sur le fil. Je rentrais alors réécrire la scène, enrichie de la contribution des «personnages», comme s’ils existaient pour de bon. Cette pièce offre une vision des relations humaines et de leur complexité, une ouverture sur un monde qui n’est en rien manichéen. Même au plus fort de la noirceur de certains personnages, les spectateurs pourront trouver des prétextes à les excuser, à peut-être même les comprendre. C’est également une pilule anti crise où chacun devrait pouvoir s’identifier si ce n’est dans un personnage tout au moins sur des attitudes et comportements déjà rencontrés. Le choix délibéré d’installer l’intrigue au sein même d’un théâtre, générateur inépuisable d’imaginaire, et donc, d’un espace artistique, ouvre et exacerbe les passions, l’état narcissique de chaque personnage et la volonté de réussir à tout prix face à l’argent, face à la vieillesse, face à la reconnaissance, face à l’amour même. "Pouvoir" et "hiérarchie"… C'est à cause de cette quête de "pouvoir" si les relations humaines sont parfois complexes et pour la "hiérarchie" il y en a bel et bien une dans cette pièce. Cette hiérarchie confère même un certain "pouvoir" à chaque personnage qui peut en abuser sur ses subordonnés. La comtesse se lâche sur Friedrich qui a son tour se lâche sur Philippe. La cascade. Finalement on s'aperçoit que ces deux notions que sont la hiérarchie et le pouvoir sont intimement liées et font surtout de cette comédie le reflet de notre société actuelle qui se construit aussi sur ces fondements. Metteur en scène depuis plus de 15 ans auprès de compagnies d’amateurs, j’ai eu l’occasion de croiser chacun des traits de caractère présents dans cette histoire. Une combinaison savante d’attitudes et de comportements rencontrés au détour des chemins et ici réunis pour une création. « Je m’voyais déjà », alterne rires, émotions et suspens. Un crescendo rythmé qui ne pourra aboutir qu’à une seule conclusion afin de faire redescendre la pression… La disparition de l’un des personnages ! Alors, comédie, tragédie, pièce de boulevard… Un cocktail contemporain de genre dans lequel chaque spectateur s’y retrouvera.