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Poésie journalière

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 23/01/2007
au 28/01/2007

Théâtre Les Ateliers
5 rue Petit-David
69002 LYON
Métro Cordeliers (ligne A)
Réservations :
04 78 37 46 30
Site Internet
Est-il possible de montrer le quotidien de cinq ouvriers sur un chantier de manière poétique ? La réponse apportée par le texte de Daniel Keene et la mise en scène de Robert Bouvier est résolument : oui ! Les cinq héros, maçons exilés pour le travail, se trouvent obligés de vivre ensemble pendant quelques semaines : le jour ils bâtissent un mur, la nuit ils cohabitent dans un hangar, sans aucune intimité. Alors, forcément, la promiscuité tisse des liens entre eux : de confidences en disputes, de bagarres en parties de cartes (au seul bar potable du coin), ces cinq protagonistes vont apprendre à se connaître et, pour certains, à s’apprécier. Les discussions tournent tout aussi bien autour du camion en panne, du patron tyrannique que de la famille, abandonnée le temps du chantier, ou des rêves secrets de chacun. Mais, plus le temps passe, plus ces confessions se font intimes et émouvantes. Car ces maçons-poètes livrent de plus en plus leurs émotions, que ce soit au cours de duos au clair de lune ou lors de monologues, adressés au seul public. Leurs vies de déracinés nous apparaissent par bribes, par éclats de parole : l’un a quitté femme et enfants pour trouver du travail et envoie régulièrement l’argent gagné au bled, l’autre est sans famille et noie son mal-être dans l’alcool, un autre encore, loin de sa patrie africaine, rêve d’écrire... Voilà tout ce que l’on découvre au fil de la représentation.

Robert Bouvier, fidèle au lyrisme du texte, place ses acteurs dans un cadre intimiste : certes, un mur de pierre(s) constitue le décor unique, mais il est inondé de lumières chatoyantes et passe par tout un dégradé de tons chaleureux, accueillant même des projections de silhouettes humaines sur ses rugosités. Le réalisme n’en est pas moins convoqué sur scène avec la pluie (oui, oui ! de la "vraie" eau qui tombe sur les têtes des comédiens !), les bâches, le ciment, les pelles, les truelles et j’en passe. Ce mélange d’éléments bien réels et de fantaisie lumineuse est précisément ce qui fait le charme de la mise en scène. C’est une manière séduisante de traiter d’un sujet qui a peu inspiré les auteurs : la vie d’ouvriers journaliers. D’autant que les cinq comédiens retenus pour les interpréter semblent plus vrais que nature. Tous d’origines différentes, ils ont les accents de leurs personnages. Paco l’Espagnol, Larbi le Marocain, Luca le Roumain, Diatta le Sénégalais, et Janusz le Polonais, interprétés respectivement par Antonio Buil, Abder Ouldhaddi, Dorin Dragos, Boubacar Samb et Bartek Sozanski, nous enchantent ainsi grâce aux multiples couleurs de leurs voix. Qu’ils parlent un français marqué par leurs inflexions personnelles ou qu’ils récitent quelques vers dans leur langue maternelle, ils réjouissent nos oreilles. On sort finalement de la salle comme d’une parenthèse poétique, bercé par les mots et envoûté par la scénographie.
Mis à jour le 30/01/2007
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