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Après Camille Claudel et Thérèse d’Avila, l’acteur devient Sarah Kane, cette jeune dramaturge anglaise qui a, à la fin du XXe siècle, révolutionné le théâtre, proposant des textes et des mises en scènes totalement novatrices.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 04/01/2007
au 07/01/2007

Jeudi à 20h15, vendredi et samedi à 20h30, dimanche à 16h.
Théâtre Poème
Rue d'Ecosse, 30
BELGIQUE SAINT-GILLES
Réservations :
02 538 63 58
Site Internet
"Dans notre société, on ne rencontre que deux choses : rarement l’extrême sagesse, souvent l’extrême stupidité", écrivait Nicolas Poussin dont l’œuvre est incontestable. C’est bien l’extrême stupidité qu’a dû rencontrer Sarah Kane, et qui l’a finalement terrassée. Que n’a-t-on pas entendu ? Insultes, malentendus, procès d’intention, savoirs parcellaires projetés avec violence avec une obscène certitude ! Charles Gonzalès met en scène la chute d’un être qui, vulnérable au monde, poreux, en vibrations, trop faiblement cuirassé, arrive à son point limite. Un être entier, excessif sans doute. Mais apporte-t-on toujours à l’Art, à la dramaturgie, à la poésie, à la philosophie avec des sentiments tièdes, une obéissance aux discours officiels, un conformisme tranquille ? Etre en avance, innover, révolutionner, bouger des normes, porter les jalons du nouveau passe-t-il toujours par le confort et la protection inconditionnelle de soi ? L’Art est cannibale.

Après un long combat fait d’imprécations contre la violence aveugle, criminelle des gouvernements conservateurs soumis à la toute-puissance des intérêts économiques – la guerre est rentable – comment, parti d’espérance, de nostalgie quant aux valeurs, d’utopie, d’un projet de soi, de révoltes nées d’une lucidité sur le monde, comment résister ? Une œuvre non limitée à la mondanité engage son auteur tout entier, non ?

Sarah Kane offre jusqu’à son suicide au monde, qui ne serait qu’une tragédie personnelle si elle ne la hissait au statut d’œuvre d’art en le mettant en mots. L’écrasement devient style. Charles Gonzalès est-il un nouveau Munch et son cri pareil à celui du Peintre ? La formule de Luc Norin est magnifique éclairée par beaucoup d’intuition, de justesse et d’humanité profonde ? Dans cette interprétation, et parce que travaillé de l’intérieur par son exigence de metteur en scène et d’interprète soldant l’inutile, le facile, l’anecdote, le surplus, épurant constamment comme tout artiste exigeant, Charles Gonzalès confirme son talent de grand tragédien. Sa diction, son rythme, sa tendresse, l’osmose avec le désarroi découd les pansements mis pour continuer de vivre avec une espérance et une volonté de hauteur. En parlant de son désert à elle, par la douceur, la simplicité et la grâce, il rapproche le public de son propre désert, parfois de sa fatigue de vivre. Par la justesse et la tenue du jeu théâtral, il lui insuffle du courage, de la créativité et des forces nouvelles. S’adressant en même temps aux deux visages de Janus qui sont en lui, puisant dans ses forces souterraines de vie et de mort qui lui livrent des ressorts insoupçonnés, comme un poisson de haute mer qui aime à évoluer du côté des gouffres, il permet à la fois à la beauté et la réflexion de se mettre en scène. Qui, de ceux réunis dans le silence durant tout le spectacle qui s’interdit grandiloquence, lyrisme de bas niveau, moralisme et propos pontifiants, militantisme et réalisme anecdotique, ne devient pas plus vivant, plus vibrant, plus généreux, emportant ce chant profond en viatique pour sa propre vie ? Plus de respect pour l’Autre, plus de tact, plus d’écoute, plus de cette réelle fraternité où les actes et les mots sont en exacte concordance ? Au risque sinon de n’être que dans la consommation d’un spectacle de plus ou de l’opportunisme à se saisir d’un destin tragique qui fait vendre, puis l’oublier ? Le Théâtre est bien aussi en accord avec un Art de vivre, une Ethique, la Liberté ?

A son tour, et pour nous, Charles Gonzalès rend à Sarah morte trop jeune, écartelée physiquement et psychiquement, l’hommage que ses contemporains lui ont trop peu rendu. Mais – l’histoire se répète – le fantôme, le spectre, l’être déréalisé reçoit plus que le vivant ! Ultime miracle de la mort, de l’absence sans retour ?! Un grand moment théâtral sans prise pour la frivolité. L’émotion, l’intelligence, la sensibilité du texte et du Comédien en phase avec l’Essentiel.
Mis à jour le 05/01/2007
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