• L'œuvre de 1927 signée Hermann Hesse, Prix Nobel allemand. Brûlée par les nazis, elle est devenue culte vingt ans plus tard. A ne pas manquer !
  • Théâtre de papier, d’objets et de marionnettes, de la Cie Les Ateliers du capricorne pour les enfants (à partir de 7 ans), d'après les dessins de Sempé.
  • 2147 : c'est la date à laquelle un rapport de l'ONU prévoit que la pauvreté de l'Afrique aura diminué de moitié.
  • Deux monstres sacrés portés par une troupe pleine de feu, entre violence et tendresse, un spectacle à la Mnouchkine…
  • Qui connaît le peintre Philippe Dussaert (1947-1989), plasticien à l’origine du mouvement vacuiste dans les années 80 ?


Toutes les pieces de Moliere

Vos textes de théâtre en ligne
Notre sélection de spectacles
Vos petites annonces gratuites




Des bruits de pas approchent doucement vert la lumière. Le ton est donné, Mirabelle Wassef incarne ces voix de l’extrême obscurité, ces voix de la nuit.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© DR
Du 20/03/2018
au 21/03/2018

20.
Théâtre Garonne
1, avenue du Château d'eau
31300 TOULOUSE
Réservations :
05 62 48 54 77
Site Internet
Laylati / Ô ma nuit
– Poètes contemporaines d’Orient
Jeu, voix : Mirabelle Wassef – Clarinettes : Sylvain Kassap

Première à apparaître, la clarinette entre en scène comme un serpent. Elle rampe lentement entre des tonalités familières et lointaines, tapissant la scène de l’imaginaire proche orient. Les notes sublimées par des lumières chaudes, subtiles et tamisées sont une mise en bouche permettant de nous installer un peu plus profondément dans notre fauteuil, les oreilles aux aguets, prêtes à écouter. Une voix féminine émerge de l’obscurité.
Des bruits de pas approchent doucement vert la lumière. Le ton est donné, Mirabelle Wassef incarne ces voix de l’extrême obscurité, ces voix de la nuit. En effet la résistance poétique des voix de femmes syriennes, iraniennes, égyptiennes crient la vie parmi l’oppression. “Tue moi tu gagneras un dollar” . Choc de la réalité. Chacune des phrases prononcées interrogent le monde, le corps, la féminité, la liberté. “Est- ce un crime de mettre du rouge à lèvres ?” Ainsi, grince, se réveille et se lève cette partie en nous qui veut se battre face à la démesure. La lutte est portée par une clarinette aux sons graves ou stridents, qui jouent avec la voix. Les deux se synchronisent, se répondent, s’enflamment ou se tapissent dans l’ombre. Il est d’ailleurs important de souligner la technique du musicien variant ses instruments à vents, parfois deux à la fois mais toujours dans une continuité absolue.

La thématique du corps de la femme -cette maudite chaire- est centrale, et le corps de celle qui porte ces textes n’est pas en reste. Recroquevillé, libéré, retenu, presque transit de vouloir tant faire sortir ce qui veut éclore et que l’on contraint. Naît un corps aux mouvements symptomatiques comme pris dans un cercle infernal dont on ne peux sortir, tout comme les mots, répétées, rabâchés, tournant en boucle dans la gorge et dans les tympans. L’ivresse du corps et de la voix s’unissent. Cette dernière est changeante, parfois trop aiguë, ou monocorde mais toujours joueuse. Elle se fait aussi militante et digne, et n’annonce rien d’autre qu’un chant final voluptueux.
La voix de Mirabelle Wassef est transformée, suave, résonnante, frissonnante. Le chant est trop court. La clarinette n’est pas en reste, le duo est parfaitement accordé. L’exil est ici et notre ailleurs lui répond.



Le cri du caire (France-Egypte)
Adbullah Miniawy : textes, chant
Peter Corser : compositions, saxophone, clarinette, voix
Karsten Hochapfel : Violoncelle, guitares

Le « Cri du Caire » est un cri vertigineux. C’est en premier lieu la rencontre de trois individus d’origines différentes ayant un langage commun, celui de la musique.
Les techniques musicales des trois artistes viennent se compléter. Entre expérimentation et jazz, le saxophoniste Peter Corser et le violoncelliste Karsten Hochapfel exploitent et investissent leurs instruments de manière totale et surprenante. Ils jouent avec les sons, les rythmes, les décalages rythmiques comme sur un fil tout en apportant une base technique et des tonalités solides sur lesquelles vient se poser la voix du chanteur soufi. Adbullah Miniawy déploie sous nos yeux une voix majestueuse. Les premières notes sonnent et je pense pouvoir assurer, sans me tromper de beaucoup, que la majorité du public subjugué. Subjugué par tout ce qui est dévoilé. Son corps impatient oscille entre maîtrise et abandon, et au creux de son ventre bouillonne le chant, la révolte, la technique et la liberté, une marmite de sentiments dont ressort une voix hypnotisante, vertigineuse, comme un saut dans le vide. Dans le public, certains spectateurs ferment les yeux. Sourire au lèvres, ils se laissent eux aussi, mener par l’exil de cette soirée. Je fais de même et me laisse surprendre par ces notes follement justes, aiguës qu’il tient, pour renchaîner sans pause avec une autre note encore plus haute, elle aussi tenue indéfiniment. Chaque fin de morceaux surprend comme si elle nous sortait d’un doux sommeil, on a envie d’y replonger automatiquement, d’où le tonnerre d’applaudissement et la nécessité d’un rappel. Les frissons ne se font plus attendre et l’on se prend de plein fouet ce cri. Hurler la résistance. Ses yeux sont parfois fermés, sourcils froncés, et mon imaginaire me laisse voir sous ses paupières les images d’une jeunesse égyptienne en révolte, face aux régimes autoritaires, face aux disparitions, aux voies tues, aux « bavures » aux émeutes dans les universités et finalement Giulio Regani dont l’organisateur de la soirée nous rappelle l’histoire avant le spectacle. Un appel aux étudiants du monde, un écho à l’actualité de nos universités.

En effet, le talent des trois musiciens ne nous font pas perdre de vue que leur poésie naisse de l’exil, de la lutte, de l’envie de poursuivre leurs arts au-delà des frontières certes, mais aussi dans chaque pays natal. Autant d’art que de réclamations de justice, autant de poésie que de promesse de paix et d’envie de liberté.
Mis à jour le 03/04/2018
VOTRE AVIS
Donnez votre avis sur ce spectacle


Publicité
PARTENARIAT
PUBLICITE