• Rien qu’une voix. Mais une voix bouleversante qui vous arrache les tripes, replaçant l’individu au cœur du monde et lui rendant sa dignité.
  • A juste titre, une pluie de molières pour un spectacle qu’il ne faut pas manquer.
  • Un spectacle émouvant, basé sur la mémoire, la nostalgie d’une époque, la figure d’une Marlène Dietrich jouant à merveille les Mère Courage...
  • Cette belle réalisation, on la doit à Annie Monsange, metteur en scène.   L’adaptation du texte est une réussite, signée Marie-Véronique Raban !
  • Deux monstres sacrés portés par une troupe pleine de feu, entre violence et tendresse, un spectacle à la Mnouchkine…


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Rien qu’une voix. Mais une voix bouleversante qui vous arrache les tripes, replaçant l’individu au cœur du monde et lui rendant sa dignité.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 16/07/2017
au 23/09/2017

Nord-Ouest
13, rue du Faubourg Montmartre
75009 PARIS
Métro Grands Boulevards
Réservations :
01 47 70 32 75
Solitiaritch, assis par terre, le dos contre le mur, se ronge les sangs car ce qu’il a fait est impardonnable : ce matin, en entrant au bureau, il a omis de saluer son chef. Or, ici, on ne badine pas. Le régime, inventé par Lénine, n’est guère porté sur l’humour. Toute faiblesse est une lâcheté et se poser la moindre question, oser la moindre critique, est déjà un crime. L’Etat a tout prévu. Il a pensé pour vous. Le citoyen n’a qu’à suivre le sillon, tracé pour lui. Pas bien compliqué …Solitiaritch en est conscient et la faute commise le ronge. Il sait que la sanction va tomber. Quelle sera-t-elle ? Pour le moins, le renvoi. Alors, fini le bureau, les collègues, les chefs – certes des insectes comme lui – et le travail sur lequel il planche depuis si longtemps - le recensement de la population. Perspective peu exaltante, mais son job tout de même…

La mémoire est le pire des pièges. Et ce fonctionnaire indigne voit sa vie défiler, mais avec les yeux d’un procureur, écrasant, phrase après phrase son plaidoyer. Le plaidoyer de l’individu qui se réveille et qui constate que, dans sa soumission, tout a commencé avec la disparition du père. La mère est présente, mais une mère bigote qui a choisi pour religion L’Etat dans son totalitarisme le plus pur. Certaines ferveurs sont déviantes. Elles vous phagocytent, parfois vous broient.

C’est en 2007 qu’Arny Berry a porté à la scène Les Adieux du Camarade Solitiaritch. Comédien, metteur en scène, directeur de troupe, c’est le fils de l’actrice Myriam Boyer et du réalisateur américain John Berry, victime du Maccarthysme pour sympathies communistes. Arny, par son entourage, a connu les luttes et les remises en question. Aussi il sait de quoi il parle. Lui-même est très proche du philosophe Jean Baudrillard qui oppose un monde où la symbolique a encore du sens à la globalisation planétaire. La mise en scène d’un récent Macbeth donne un éclairage nouveau aux "Adieux" : les deux héros tombent et se voient tomber. La monstruosité du premier – Macbeth – n’a d’égal que la monstruosité du cadre dans lequel végète Solitiaritch.

Le metteur en scène, Pascal Guignard-Cordelier, a su rendre ce climat irrespirable, drivant le comédien, comme il driverait un pur-sang dans une course. Une course vers la mort, à moins que son personnage soit déjà décomposé. Les quelques bulles de liberté qui s’en échappent encore rendent le jeu de Richard Fériot inoubliable. Sa résignation, ses pointes d’humour, souvent inconscientes tranchent avec l’exaltation d’un héros proche de Dostoievski ou d’un Gogol, celui du Journal d’un Fou.
Mis à jour le 21/07/2017
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