• Un riche écrivain reçoit la lettre d'une femme qui lui révèle la passion qu'elle a nourrie pour lui, sans que jamais il ne s'en aperçoive.
  • Le pari est osé car cette forme théâtrale, ces enchaînements sans fioritures mettent de côté le divertissement au service de l’écoute attentive.
  • Plus de 30 ans de présence sur scène… L’indémodable Popeck fait toujours recette ! Son fidèle public le suit, toutes générations confondues...
  • La pièce la plus sombre d’Henrik Ibsen où l’auteur oscille entre la critique sociale et  son amour inconditionnel pour un personnage qu’on aurait plutôt tendance à détester.
  • Des jouets qui prennent vie ?! Un rêve d’enfant qui se réalise sur scène dans ce joli spectacle musical mêlant des danses, des chansons et textes drôles et tendres. C’est très réussi et le jeune public adore !


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Un spectacle bien rodé. Avec des comédiens qui vivent avec passion cette épopée flamboyante. Un des meilleurs Shakespeare, mis en scène avec efficacité.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 27/05/2017
au 02/07/2017

20h45 ou 17h selon les jours.
Nord-Ouest
13, rue du Faubourg Montmartre
75009 PARIS
Métro Grands Boulevards
Réservations :
01 47 70 32 75
En septembre 2012, sous un parking de la ville de Leicester, en Angleterre, un squelette nous ramène 527 ans en arrière, puisqu’il s’agit de la dépouille de Richard III, mort le 22 août 1485, au cours de la bataille de Bosworth. L’ADN ayant parlé, Sa Majesté, en 2015, est conduite en sa dernière demeure, la cathédrale de la ville. L’archevêque de Cantorbéry est là, accompagné du duc de Gloucester et de la comtesse de Wessex, représentant Elizabeth II, qui a refusé de faire le déplacement. Richard III n’est vraiment pas sa tasse de thé. Trop sanglant et, de plus, usurpateur !

La vérité, c’est que William Shakespeare, sous l’influence de la propagande Tudor, s’est laissé gentiment guider la main, car le règne de ce roi - environ deux ans – est loin d’être aussi noir qu’on l’a prétendu. Ses bonnes œuvres font foi, tout comme son acharnement à défendre de la frontière du nord du pays, envahie par les bandes écossaises. Mais, pour nous, et avec la grâce de Shakespeare, il reste ce "crapaud bossu de venin" qui chaloupe sur les planches.

Ce Shakespeare-là n’est pas si éloigné que cela du "Théâtre de la vengeance" qui faisait fureur à l’époque et où le sang coulait au vu et au su de tous, comme il coulait d’ailleurs à Rome dans les tragédies de Sénèque. William, en prenant de l’âge, s’en écartera, mais Richard III date du début de sa carrière. Entrant dans une tétralogie, avec les trois parties d’Henri VI, on peut dater ce drame des années 1591/1592.

Séducteur glacé, vénéneux, Richard III charme toujours, mais avec quelles ficelles ? Son portrait est cependant calamiteux :

"Moi, qui suis tronqué de nobles proportions,
Floué d’attraits par la trompeuse nature,
Difforme, inachevé, dépêché avant terme
Dans ce monde haletant à peine à moitié fait,
… Si boiteux et si laid
Que les chiens aboient quand je les croise en claudiquant.
"

A cela, ajoutez des desseins peu chrétiens :

"Je suis déterminé à être un scélérat."

… desseins qui nous rendent, nous spectateurs, tout aussi complices que voyeurs.

Frédéric Thérisod endosse la défroque du monstre avec une gourmandise féline. Il compose son personnage par petites touches, jouant sur les circonstances et les anfractuosités de l’Histoire, comme cette Guerre des Deux Roses entre deux maisons et dont la victoire semble revenir à la rose blanche – les York – vainqueur de la rose rouge – les Lancastre. Henri VI – Lancastre - fils d’Henri V et de Catherine de France, a hérité de la démence du grand-père, Charles VI. La reine Marguerite, son épouse, l’assiste et tente de faire front aux nobles pour que le pouvoir revienne à son fils, Edouard, prince de Galles. Mais un autre Edouard l’emporte sur ce fragile rejeton des Lancastre : Edouard IV. Avec ses deux frères, Clarence et Gloucester, il représente la maison d’York. Cette victoire éclatante cache un ver : la jalousie, propice aux cadets de toutes les dynasties. Gloucester – notre futur Richard III – en est le parfait exemple, anéantissant tous les obstacles à son irrésistible ascension. A commencer par son frère Clarence, conduit à la Tour de Londres et plongé dans un tonneau d’ambroisie. Puis Edouard IV, l’ainé, un roi déjà bien malade voulant étendre sa paix à toute la famille, convoquée sur le champ.

Mais, au cours de cette réunion au chevet du roi, celui-ci apprend la mort de son frère Clarence. La nouvelle l’achève. Et Richard impute ce drame à la reine et à ses partisans, se déclarant aussitôt le protecteur des enfants royaux (les fameux Enfants d’Edouard), puis se retirant dans un couvent. Là, en bon pharisien, il se fait offrir la couronne, grâce à l’intervention de son homme-lige, Il ne restera pas longtemps cet homme-lige, refusant de voler au souhait de Richard : l’exécution des Enfants d’Edouard. Un spadassin se chargera de la besogne et Buckingham perdra la vie. Le cynisme de Richard n’a pas de bornes. Alors qu’il s’appelait encore Gloucester, croisant lady Ann, veuve d’Edouard prince de Galles et fils d’Henri VI-Lancastre, il décide de la séduire et d’en faire sa femme. Elle sait à qui elle a affaire, mais curieusement la séduction marche, comme elle marche chez nous, spectateurs. Pourtant personne n'ignore le sort qu’il lui réserve, quand elle cessera de lui être utile.

Lady Ann, la reine Elizabeth – mère des Enfants d’Edouard – et la reine Marguerite, veuve d’Henri VI – le dernier des Lancastre – sont les seules dans cette cour à marquer de la résistance. Honte aux hommes ! Elle forme une sorte de chœur, comme dans le théâtre grec. Nous le devons à Samantha Sanson (lady Ann), à Nathalie Charade (la reine Elizabeth) et à Jeannine Milange (la reine Marguerite).

L’apparition de cette reine déchue, errant dans ce palais qui n’est plus le sien, à les accents Cassandre dans L’Iliade. Elle dit la vérité et on ne croit pas. On se demande même si, dans la mise en scène d’Olivier Bruaux, elle est vraiment vivante. Peut-être est-ce une hallucination ou une mise en abîme des fantômes qui se produiront dans la nuit qui précède l’assaut final.

A cette union des femmes, ajoutons la duchesse d’York, campée par Geneviève Jadot. Magnifique rôle, tout en sépia ! Béatrice Mandelbrot est un inquiétant Buckingham, sans doute séduit par les poisons du pouvoir, mais dont la conscience se réveille, un peu trop tard : on ne transige jamais avec les dictateurs et ces régimes totalitaires qu’on a connus depuis. Ici, tous les comédiens ont une importance stratégique : Raphaël Robert en Clarence, Bernard Lefebvre en Edouard IV, Ludovic Coquin en Stanley, Jose Manuel Saraiva en Catsby, Véronique Dugon en personnage de sac et de corde, prêt à manier le poignard, et Maïlys Favraud en jeune Elizabeth, absolument délicieuse. Olivier Bruaux s’octroie le rôle de Richmond, autrement dit du futur Henri VII, champion d’une démocratie dont la royauté britannique s’honore encore aujourd’hui.

Mais Bruaux est surtout l’auteur de cette mise en scène, calquée sur la topologie de la salle : grand escalier et loges sur le côté. Dans l’une d’elles mourra Clarence, noyé dans son tonneau d’ambroisie. Cette scène mélange les ingrédients du macabre et du burlesque, si bien que les assassins de Clarence finissent par ressembler à des clowns un peu tristes ou à des personnages de Samuel Beckett. Car ce "drame" oscille sans cesse entre le rire sournois et les défaillances d’une conscience déchirée. C’est de cette étoffe qu’est tissé le rôle de Richard III. Frédéric Thérisod en fait scintiller les mille nuances.
Mis à jour le 20/05/2017
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