• Rien qu’une voix. Mais une voix bouleversante qui vous arrache les tripes, replaçant l’individu au cœur du monde et lui rendant sa dignité.
  • A juste titre, une pluie de molières pour un spectacle qu’il ne faut pas manquer.
  • Un spectacle émouvant, basé sur la mémoire, la nostalgie d’une époque, la figure d’une Marlène Dietrich jouant à merveille les Mère Courage...
  • Cette belle réalisation, on la doit à Annie Monsange, metteur en scène.   L’adaptation du texte est une réussite, signée Marie-Véronique Raban !
  • Deux monstres sacrés portés par une troupe pleine de feu, entre violence et tendresse, un spectacle à la Mnouchkine…


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Les aventures picaresques d’un jeune Romain dans un pays où tout peut arriver, même de se retrouver métamorphosé en âne. Un roman du deuxième siècle de notre ère, qui peut nous faire penser à Candide de Voltaire, rajeuni par des accords de guitare électrique.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 10/01/2017
au 21/03/2017

Mardi à 18h et 21h.
Darius-Milhaud
80, allée Darius-Milhaud
75019 PARIS
Métro Porte-de-Pantin
Réservations :
01 42 01 92 26
Site Internet
Deux femmes surgissent des entrailles de la terre. La première déclame une tirade en latin. Les sonorités chantantes de cette langue, presque méconnue aujourd’hui, se heurtent à la rugosité d’une autre tirade, cette fois en français. On est en Thessalie au pays des sortilèges et ces dames sont tout simplement des enchanteresses. Mais rien à voir avec celles de Macbeth. Elles charment et Lucius, la vingtaine, vit l’éblouissement de la jeunesse. Une jeunesse prête à tenter toutes les expériences – magie, stupéfiants – sous un ciel "où les loups prédisent l’avenir et où les statues dansent sous la lune". Intrigue sur intrigue, aventure sur aventure, le jeune homme, sortant de chez son hôte, l’usurier Milo, se trouve attaqué par des bandits qu’il met d’ailleurs au tapis. Le lendemain, il est traîné en prison, accusé d’assassinat. La sentence est sur le point de tomber, mais, quand lui demande de soulever le drap mortuaire, chacun éclate de rire. C’était une blague, une blague qu’il devait à la femme de Milo, Pamphile. Profession : sorcière. Pour qu’on soit tout à fait persuadé, elle prend la forme d’un oiseau de proie, puis s’envole. Lucius est fasciné, mais une telle expérience, il veut la vivre de l’intérieur. Pour cela, il s’adresse à Photis, la servante avec qui il partage la couche et qui est également membre de la "confrérie".

Ici, toutes les femmes sont des enchanteresses… Croyant le changer un oiseau, Photis se trompe d’onguent. Et, au lieu d’un oiseau, Lucius devient un âne avec de grandes oreilles. Il et braie au désespoir. L’apprentie-sorcière le rassure : demain matin, elle usera d’un autre onguent. Mais, dans la nuit, des malfaiteurs assaillent la maison. L’âne fera partie du butin et sera emmener de force. Ainsi commenceront les tribulations de l’Ane-Lucius.

Apulée, l’auteur de ce conte – désigné également sous le titre des Métamorphoses – est un parfait Méditerranéen qui aime relater des histoires. Il est originaire de Numidie, c’est-à-dire notre Algérie actuelle. Son récit picaresque – adapté par François Charron – s’émaille d’incidents où l’action, se ralentissant, déborde sur plusieurs livres. L’action cède aux récits, comme celui de l’histoire de Psyché, éprise d’un être qu’elle ne voit pas et qu’elle ne doit pas voir, sous peine de … Mais finalement elle le verra et, au lieu d’être un monstre présumé se révèlera Eros.

Psyché – l’âme en grec – et Eros – l’amour – auront une fille qui s’appellera Volupté. L’auteur, ayant fait ses humanités à Carthage et Athènes, marquera une prédilection pour les religions aux mystères auxquelles on l’initiera. Le moraliste percera sous le « romancier », nous faisant comprendre que pour atteindre l’Au-delà – ou une vie dans les sphères supérieures – toute voie artificielle est condamnée – drogues, magie. L’homme ne peut atteindre l’impossible qu’à travers une ascèse. Comme l’alchimiste dont le but en fait n’est pas de transmuter les métaux – le plomb changé en or – mais d’accomplir en lui-même une totale transformation.

François Charron et les membres de sa compagnie – Tant pis pour la glycine – ont actualisé cette histoire antique, la truffant de quelques clins d’œil contemporains, d’où ce regain de jeunesse qui nous fait oublier les heures que l’on a passées en classe de latin pour traduire ce texte. Avec le Satyricon de Pétrone, c’est un petit bijou. Son style assez leste n’a rien à envier de notre télévision actuelle, comme la réflexion d’une des sorcières : "Tu vas te brûler si tu mets la main sur mon petit fourneau".

Le jeu d’acteurs réglé par François Charron – lui-même un des comédiens – donne à l’œuvre une cure de jouvence, accentuée par la console et la guitare électrique. Philippe Bethenod pousse même parfois la ritournelle. Quentin Casier a troqué toge et tunique pour un jean et un maillot à rayures rouges. Lorsqu’il l’enlève toutes les minettes du coin sont subjuguées par ses tatouages – l’oiseau que Lucius aurait voulu devenir et quelques roses, potion magique qui lui permettra de retrouver sa forme humaine. Personnellement, ce qui m’a subjugué en lui c’est son caractère direct et sa parfaite adéquation avec le personnage. Il conduit notre rire, tout en communiquant ses frayeurs ou son attirance pour les deux enchanteresses, Ilona Coulom et Anne Savina. Cette fois, c’est moi qui suis charmé…
Mis à jour le 19/03/2017
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