• Rien qu’une voix. Mais une voix bouleversante qui vous arrache les tripes, replaçant l’individu au cœur du monde et lui rendant sa dignité.
  • A juste titre, une pluie de molières pour un spectacle qu’il ne faut pas manquer.
  • Un spectacle émouvant, basé sur la mémoire, la nostalgie d’une époque, la figure d’une Marlène Dietrich jouant à merveille les Mère Courage...
  • Cette belle réalisation, on la doit à Annie Monsange, metteur en scène.   L’adaptation du texte est une réussite, signée Marie-Véronique Raban !
  • Deux monstres sacrés portés par une troupe pleine de feu, entre violence et tendresse, un spectacle à la Mnouchkine…


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Le Mystère de la chambre jaune n’est pas seulement le titre d’un thriller, mais c’est la constante de presque chaque famille, claquemurée dans ses secrets. Stefan Zweig, une fois encore, pulvérise les tabous.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 02/02/2017
au 17/02/2017

Jeudi et vendredi à 21h.
Théo Théâtre
20, rue Théodore Deck
75015 PARIS
face au 206, rue de la Croix-Nivert. Métros Convention, Boucicaut
Réservations :
01 45 54 00 16
Le décor est assez cosy, avec ses doubles-rideaux, ses livres, son bureau et sa lampe de banquier avec le pied et l’abat-jour en laiton. Ce confort apparent annonce les années vingt-cinq, dites "Années Folles", mais côté allemand. Ici, rien n’est encore très gai, mais on respire enfin et les souvenirs de la Guerre s’amenuisent. Une civilisation européenne est en train de naître, tournée vers un monde nouveau, qu’illustrent les échos du premier jazz. Deux personnages sont en scène : Clarissa, jeune personne arc-boutée à son bureau et fumant avec élégance – ah ! le geste du fumeur dans les films muets ! – et un homme, encore un peu vert, visiblement nerveux. Il fait les cent pas. Dans le salon d’à côté, se prépare un événement, auquel il n’est pas étranger et que sa mère a savamment préparé. La tension monte quand un critique (la voix de Patrick Poivre d’Arvor) invité au cocktail, l’appelle au téléphone. Celui-ci fait preuve d’une telle déférence que Friedrich - le jeune homme – a envie de prendre la fuite. Il se sent manipulé, phagocyté par sa propre mère. Sa Léonore, veuve du "grand" Karl Amadeus Franck, entend faire revivre, à travers son fils, le génie de son cher époux. Friedrich vient d’écrire ses premier vers. Eh bien, il les lira devant la bonne société de la ville : "A bon chien chasse de race".

Or, le pion se révolte et, à la lumière de Clarissa, qui fut pourtant la collaboratrice du biographe officiel, le vernis craque. Karl Amadeus n’était pas cet auteur intègre, bon mari, bon père de famille. La réalité est plus vulgaire. Et, petit à petit, se dessine le visage d’une femme et stricto sensu, puisque, sur les doubles-rideaux qui servent d’écran, apparaissent les quelques plans d’un fil muet. Yeux charbonneux, chapeau désuet, sourire artificiel, l’allure s’accélère… et nous voici à l’année de la création de l’œuvre : 1919. Hambourg.

Légende d’une vie est une des rares pièces de Stefan Zweig, plus connu pour ses nouvelles et ses trois romans : La Pitié dangereuse, Ivresse de la métamorphose (inachevé), Clarissa (posthume et inachevé). Caroline Rainette, qui joue et cosigne la mise en scène avec son partenaire Lennie Coindeaux, a traduit cette pièce. Mieux, elle l’a adaptée et, se méfiant du pathos, l’a refondue. Les quatre personnages de l’original se sont transformés en duo. D’où un texte très fort, subtile et un jeu savant qui nous fait passer du vaudeville au drame psychologique, voire métaphysique puisque Zweig traite de la maturation d’une carrière et des paravents derrière lesquels se cache le créateur.

Quand Friedrich apprend qui fut son père, au lieu de s’effondrer, découvre la liberté. C’est ce que Lennie Coindeaux, avec sa belle allure et une élégance non dépourvue de verdeur – arrive à nous faire passer. Face à lui, Caroline Rainette. Le personnage qu’elle a refondu et qui répond au beau nom de Clarissa – hommage sans doute au dernier roman de Zweig ? – glisse de la raideur d’une secrétaire à l’ivresse de la vérité, enfin révélée. Je dirai même plus ! A l’amour tout court. Au baisser de rideau, ils batifolent dans le voile des apparences déchirées.
Mis à jour le 30/01/2017
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