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Passion, jalousie, trahison et complot politique sont les ingrédients de ce thriller hugolien à la fois romantique et contemporain.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 07/02/2017
au 12/02/2017

Du mardi 7 au samedi 11 février à 20h, dimanche 12 février à 15h.
Théâtre de Ménilmontant
15, rue du Retrait
75020 PARIS
MĂ©tro Gambetta
Réservations :
01 46 36 98 60
Site Internet
Jouer Marie Tudor sur les hauteurs de Ménilmontant aurait sans doute plu à Victor Hugo car ce quartier, réputé populaire, est en parfaite adéquation avec l’ouvrier Gilbert, protagoniste de ce drame romantique et adversaire de la reine dont l’alcôve s’ouvrait de plain-pied sur l’échafaud. On comprend pourquoi les Anglais l’ont appelée "bloody Mary". D’où ce climat de peur qui hante les couloirs du palais, comme les bouges et les bas-fonds de Londres.

Ainsi, dès le lever de rideau, surprend-on les lords se demandant quel sera le prochain d’entre eux arrĂŞtĂ© et exĂ©cutĂ©. Marie la Sanglante ne badine pas, mais on la sait sous l’influence de deux hommes, qui se dĂ©testent d’ailleurs cordialement. Le premier, Simon Renard, est le lĂ©gat de Charles-Quint, spĂ©cialement occupĂ© Ă  conclure le mariage du futur roi d’Espagne Philippe II avec la reine d’Angleterre. Son profil de rapace est l’image parlante du machiavĂ©lisme politique qu’il incarne. Le second personnage est l’amant-mĂŞme de "Sa MajestĂ©", un Napolitain flamboyant, prĂŞt Ă  toute les bassesses, comme la sĂ©duction d’une jeune fille innocente. En l’occurrence, Jane, orpheline, recueillie et Ă©levĂ©e par l’ouvrier-ciseleur Gilbert, lequel, fou d’amour, se promet de l’épouser. Mais, le beau courtisan, Fabiano Fabiani, change vite d’attitude quand il apprend que Jane serait la fille de lord Talbot. Donc une hĂ©ritière. Ayant intĂ©rĂŞt Ă  empĂŞcher le mariage, il se vante auprès de Gilbert d’avoir abusĂ© de sa promise. Celui-ci dĂ©cide de se venger et, par l’entremise de Simon Renard – qui comprend le parti qu’il peut tirer de cette haine – obtient une audience avec la reine. La main crispĂ©e sur le poignard et prĂŞt Ă  sacrifier sa propre vie, il rĂ©vèle tout Ă  Marie Tudor, lui demandant de favoriser le mariage entre Fabiano Fabiani et sa pupille, histoire de protĂ©ger ses biens puisqu’elle hĂ©rite aujourd’hui de lord Talbot. La colère change de camp. La reine hurle, tempĂŞte. Son amant, convoquĂ© sur le champ, est sommĂ© de s’expliquer. Ce qu’avait prĂ©vu Simon Renard se rĂ©alise : sur le champ, Marie Tudor fait arrĂŞter Fabiano. Ainsi, le mariage espagnol est sauvé… Mais Gilbert, lui aussi, est incarcĂ©rĂ©, tous deux accusĂ©s d’avoir voulu fomenter un complot.

Comme on peut le voir, le drame romantique est loin d’être un fleuve tranquille. L’action se noue sans cesse. Mais, ce qui est Ă©tonnant, c’est que le destin de chacun paraĂ®t libre. Et l’auteur donne l’impression de ne jamais intervenir. Tenant en lisière le texte – c’est ce qu’il recommande dans la prĂ©face d Cromwell - il laisse les situations se dĂ©rouler. Et ses ĂŞtres de chair et de sang, se livrent Ă  leurs contradictions, en personnages responsables. En individus. Un siècle plus tĂ´t, Hugo annonce le Personnalisme d’Emmanuel Mounier. Mais pour lui, dans le prisme du Romantisme, ses hĂ©ros sont des poèmes vivants qui, chaque soir – d’une manière toujours diffĂ©rente – gagnent la complicitĂ© du public.

La confrontation de Marie Tudor et de Jane est poignante et d’un lyrisme digne d’un opéra – du Bellini ou du Donizetti. Comme il se doit, Bloody Mary porte une robe rouge. Aude Kerivel, qui l’incarne, fait preuve d’un abattage étonnant. Elle flambe sous nos yeux. Face à elle, la toute tremblante, mais si sincère Jane, vêtue de soie blanche. Selin Kilinc, qui prend le rôle, défend sa partition, bec et ongles. Et comment ne pas se laisser emporter par la fougue de Pierre-François Kettler, qui, tout en cosignant la mise en scène, campe un Gilbert, expression même d’un peuple face aux puissants. Il est toute gouaille, authenticité, bonté. C’est déjà Jean Valjean dont le regard de tendresse se pose sur la fille qu’il a recueillie.

Mais, en Gilbert, il y a beaucoup de Hugo. Hugo qui, en cette année 1833, vient de rencontrer Juliette Drouet. C’est pour elle qu’il a écrit le rôle de Jane. L’amour le submerge, dans une confusion totale : "Mais je te pardonne, mais je te remercie, mais tu es pour moi la seule chose vraiment rayonnante de ce monde, mais à chaque mot que tu prononces, je sens une douleur mourir et une joie naître dans mon âme !".

La passion d’ailleurs anime chacun de ces dix acteurs. Chacun dans sa partition. C’est le cas de de Ludovic Coquin, infidèle Fabiano, de Frank Delage en lord Gardiner, de Frédéric Morel en cynique Simon Renard, d’Alan Bryden en lord Clinton, de Remi Picard en lord Chandos, d’Alexandre de Pardailhan en lord Montaigu et de Mohamed Guellati en Joshua, sorte de Juif errant qui, en ces temps difficiles, a le sentiment d’« avoir été deux ou trois fois dépendu »… La mise en scène sobre s’accompagne d’une musique significative, prenante à souhait. On reconnaît Purcell, avec des extraits de Funérailles pour la Reine Mary ou des lamentations de King Arthur. Glas et coups de canon complètent le paysage sonore où Victor Hugo se serait senti à l’aise, n’hésitant pas à dire : "on ne m’a point trahi".
Mis à jour le 23/01/2017
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