• Un conte Ă©cofĂ©ministe pour enfants ! Original, inventif, dynamique et questionnant ! Une vĂ©ritable pĂ©pite Ă  aller dĂ©couvrir au ThĂ©o Théâtre.
  • Une vraie prouesse. L'un des meilleurs spectacles pour enfants depuis longtemps.
  • Courez vraiment voir son show, vous n’allez pas ĂŞtre déçu !
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Mensonges, trahisons, folie des sentiments... L'adaptation contemporaine de l'unique et grotesque tragédie de Cyrano de Bergerac.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 10/12/2016
au 11/12/2016

Samedi 10 décembre à 17h, dimanche 11 décembre à 20h45.
Nord-Ouest
13, rue du Faubourg Montmartre
75009 PARIS
MĂ©tro Grands Boulevards
Réservations :
01 47 70 32 75
Le héros d’Edmond Rostand n’a rien de commun avec Savinien de Cyrano de Bergerac, auteur du XVIIe siècle, appartenant à la mouvance des Libertins qui se regroupaient derrière le philosophe Gassendi et qui auraient intéressé Molière. Parmi les écrits de Cyrano : une comédie, Le Pédant joué et une tragédie La Mort d’Agrippine, datant de 1653 et jouée à L’Hôtel de Bourgogne. Alexandre de Pardailhan a eu l’idée d’exhumer cette œuvre, digne de figurer entre Racine et Corneille, autant pour l’aisance et la fluidité des vers que pour l’intrigue admirablement ficelée, ABC du machiavélisme en politique.

Agrippine l’aĂ®nĂ©e – notre Agrippine – est la petite-fille d’Auguste et la mère de Caligula. Elle a Ă©pousĂ© le plus fameux des gĂ©nĂ©raux romains, Germanicus. Ce surnom, il le doit au triomphe remportĂ© sur les tribus germaniques, toujours en guĂ©rilla. L’homme fait de l’ombre Ă  l’empereur Tibère, fils adoptif d’Auguste. EnvoyĂ© en Asie, il meurt mystĂ©rieusement. Pison, le gouverneur, l’aurait empoisonnĂ©. Rien n’est prouvĂ©, mais Agrippine est persuadĂ©e qu’il a Ă©tĂ© assassinĂ© sur ordre. Elle n’aura de cesse de le venger en trempant mĂŞme dans une conjuration. Tibère d’ailleurs s’en doute : « Le Grand Germanicus me combat dans sa femme ».Amer imbroglio, nĹ“ud de vipères, chacun marchera masquĂ©. Mais le plus traĂ®tre d’entre les traĂ®tres sera SĂ©janus, qui, espĂ©rant la mort de l’empereur, brigue la main d’Agrippine : le trĂ´ne est agrĂ©able, mĂŞme pour les princes-consorts...

La mise en scène d’Alexandre de Pardhailhan nous plonge dans un puits de lumière oĂą, au bout des marches, se joue le drame. L’air que l’on respire est d’une sĂ©cheresse totale : pas la moindre Ă©lĂ©vation, hormis le crime, passĂ©, prĂ©sent et futur. Une obsession. Cyrano de Bergerac jette sur le monde le regard pessimiste de l’athĂ©e. VoilĂ  ce qu’il pense des dieux – donc de Dieu :

… ces enfants de l’effroi,
Ces beaux riens qu’on adore, et sans savoir pourquoi
Ces altérés de sang des bêtes qu’on assomme,
Ces dieux que l’homme a faits et qui n’ont point fait l’homme...


Il fallait du courage au temps de Louis XIV pour défendre de tels propos, mais un courage suicidaire. C’est la raison pour laquelle la pièce fut interrompue : en s’attaquant à Dieu, on s’attaquait au roi, c’est-à-dire à son représentant par la cérémonie du sacre. Cette pièce était donc hautement dangereuse parce que hautement politique. Elle était aussi hautement moraliste, j’en veux pour preuve ces vers :

"Le vertu devient crime en faisant trop de bruit."
"Quand j’ai du mauvais sang je me le fais tirer."
"Sache que je préfère à l’or d’une couronne
Le plaisir furieux que la vengeance donne.
"

Une équipe formidable de comédiens défend ce texte, sombre, terrible, mais combien réaliste. Saluons sans restriction Alfred Luciani, Béatrice Mandelbrot, Jeannine Milange, Alain Michel, Rémi de Monvel, Rémi Picard, Samantha Samson !
Mis à jour le 06/12/2016
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