• Il est trois heures du matin, Franck bougon termine de ranger le bar et 
s'apprĂŞte Ă  fermer l'Ă©tablissement, quand surgit une jeune fille. C'est 
vrai il pleut très fort dehors et il tonne même. Mais bon il est trois 
heures du matin !!
  • Un an après leur rupture, Alice dĂ©barque Ă  trois heures du matin, chez Hugo !! Elle qui croyait Ă  l’amour Ă©ternel, pur, absolu, lui plus terre Ă  terre, rĂ©aliste, peut-ĂŞtre moins envie de « s’installer ».
  • Encore ! Allez-vous me crier dans les oreilles. Ben oui, encore, mais lĂ  c’est un misanthrope pas commun. D’abord cela se passe de nos jours. Ils ont tous des tĂ©lĂ©phones portables. Rien ne choque, tout est plausible. VoilĂ  l’extraordinaire talent de Molière.
  • Et nous voilĂ  embarquĂ©s dans une sĂ©rie d'Ă©vènements avec les spectateurs comme principaux
  • HystĂ©ries est une sĂ©rie de saynètes sur la rupture, l’amour, la trahison et mĂŞme le meurtre .


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La Compagnie Aigle de Sable ravive la flamme de Jean Jaurès, l'homme de Castres voué à un destin exceptionnel.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 30/11/2015
au 16/12/2015

Lundi, mardi, mercredi Ă  20h30.
Théâtre de l'Epée de bois
Cartoucherie
Route du Champ-de-manoeuvre
75012 PARIS
Métro Château de Vincennes / Bus 112
Réservations :
01 48 08 39 74
La salle en pierre du théâtre de L'Epée de bois résonne des discours prononcés dans le brouhaha de la Chambre des députés par Jean Jaurès, des envolées de Gavroche vendant L'Aurore dans la rue, des échanges enflammés entre Charles Péguy et Pierre Bellais, des frissons éditoriaux d'Eve, journaliste à L'Humanité. En ce 30 novembre 2015, Jaurès semble renaître dans l'interprétation d'Eric Wolfer. La ressemblance entre le député républicain et le comédien est troublante, la profondeur du regard, la voix rocailleuse des gens du Causse, l'allure trapue, les mains fermes. Le propos s'accorde à la circonstance du moment, le verbe est posé, la ponctuation est marquée.

Mettre en scène la vie de Jean Jaurès revient à réunir les Rougon Macquart d'Emile Zola en un tome unique. Autrement dit, il a fallu que l'auteur, Jérôme Pélissier, et Milena Vlach créent un mur d'histoire avec des pierres taillées pour s'adapter sans faille les unes sur les autres. Pour les lier, un ciment d'anecdotes rapportées des gens que fréquentait Jaurès.

Le Gavroche s'Ă©gosille Ă  vendre le J'accuse de Zola paru dans L'Aurore pour cinq centimes. Dans la librairie de Charles PĂ©guy, Bellais et Jaurès Ă©talent le propos sur la table, le socialisme est au cœur des conversations. Jaurès n'est pas homme Ă  marcher avec des sabots usĂ©s. Il arpente les chemins de Castres et de la rĂ©gion pour porter haut la parole socialiste Ă  la France laborieuse des mineurs et du petit peuple. "La Chambre des dĂ©putĂ©s n'est pas mauvaise, elle est malade", Jaurès. Le socialisme, un mot synonyme de tollĂ© revendiquait par nombre de dĂ©putĂ©s. Ses amis d'hier lui tournent dĂ©sormais le dos Ă  le considĂ©rer tel un imposteur de la rĂ©publique. L'idĂ©al socialiste de Jaurès relatif au suffrage universel, aux partages des biens de production industrielle, aux colonies en Afrique, Ă  la misère grandissante dĂ©rangent l'Etat et les Ă©lus. La France n'est pas prĂŞte de subir les mutations en profondeur exprimĂ©es par le leader socialiste. Les notions de collectivisme, de sociĂ©tĂ© Ă©galitaire, de laĂŻcitĂ© crĂ©ent un dĂ©sordre politique sans prĂ©cĂ©dent. La parution des premiers exemplaires de L'HumanitĂ©, un tournant dans la presse française et Jaurès n'y est pas Ă©tranger.

La mise en scène de Milena Vlach dessine le portrait d'un homme décliné pastel et fusain. Humaniste était-il avant tout, Jaurès a marché sur les pas des grands hommes en laissant ses propres empreintes d'orateur exceptionnel, de socialiste convaincu, de journaliste et de pacifiste. Le travail scénique s'articule avec la virtuosité d'une équipe technique, Alexandre Palma Salas à la scénographie, Mathieu Courtaillier à la création lumières, Denise Namura et Michael Bugdahn à la chorégraphie, Michel Glasko à la direction musicale, Pierre Lenczner au décor.

Guillaume Van't Hoff, un Gavroche attachant. Alexandre Palma Salas en Charles Péguy, un homme de lettres qui a changé la couleur de l'encre de sa plume. Milena Vlach en Eve la journaliste, l'équation de l'émotion et de l'ambition. François Perrin en Pierre Bellais et Dunois, un personnage à rebondissements. Eric Wolfer en Jean Jaurès, qui est qui car le talent de l'un sied à la l'engagement au pluriel de l'autre. Un mot pour ce spectacle, EXCEPTIONNEL.
Mis à jour le 02/12/2015
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