• Rien qu’une voix. Mais une voix bouleversante qui vous arrache les tripes, replaçant l’individu au cœur du monde et lui rendant sa dignité.
  • A juste titre, une pluie de molières pour un spectacle qu’il ne faut pas manquer.
  • Un spectacle émouvant, basé sur la mémoire, la nostalgie d’une époque, la figure d’une Marlène Dietrich jouant à merveille les Mère Courage...
  • Cette belle réalisation, on la doit à Annie Monsange, metteur en scène.   L’adaptation du texte est une réussite, signée Marie-Véronique Raban !
  • Deux monstres sacrés portés par une troupe pleine de feu, entre violence et tendresse, un spectacle à la Mnouchkine…


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Nothing hurts, des corps en décomposition existentielle, des identités qui se perdent dans un labyrinthe sans issue, des bribes de paroles qui traduisent des crises d'angoisse.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 28/10/2014
au 03/11/2014

Du mardi 28 octobre au lundi 3 novembre à 21h.
Le Triton
11 bis, rue du Coq Français
93260 LES LILAS
Métro Mairie des Lilas
Réservations :
01 49 72 83 13
Site Internet
En 2013, Marie Fortuit s'essaie à mettre en scène le texte de Falk Richter, Nothing hurts. Une écriture dynamique qui analyse la nature humaine au XXIe siècle, une dramaturgie construite sur la déconstruction physique et sensorielle des corps transgressés par les éléments extérieurs qui imposent des limites infranchissables. La première épreuve de Marie Fortuit s'avéra aboutie dans l'exécution artistique pluridisciplinaire engagée. Nothing hurts, Rien ne blesse, s'imprimait dès lors sur la scène de La Maille dans une version qui associait la co-existence et la recherche des fréquences humaines dans une quête identitaire. Octobre 2014, une nouvelle mise en scène de Nothing hurts, une distribution de comédiens quelque peu modifiée, une scénographie adaptée au nouveau lieu de programmation, une salle divisée en deux et unanimement satisfaite d'être là.

L'écriture de Richter se marginalise par son côté subversif. Il exprime avec des mots simples, la jeunesse déstabilisée par le balayage social, que ses yeux enregistrent. Il conditionne sa recherche théâtrale sur un engagement indiscipliné véhiculé par des personnages fictifs et qui prennent vie dans l'intelligence de la mise en scène de Marie Fortuit.

Nothing hurts s'invite de nouveau aux Lilas dans une salle vouée à accueillir du jazz, Le Triton. La superficie du plateau offre des perspectives intéressantes dans l'installation des panneaux, lesquels s'articulent dans une géométrie qui définit l'espace intime des comédiens.

La scénographie de Jacques-Benoît Dardant, un mixage de création vidéo et de lumières, lequel s'adapte au jeu scénique imaginé d'un hall d'aéroport, d'un studio d'enregistrement, d'un hôpital ou d'un bar. Le renvoi flouté du Rubik's Cube dans la projection visuelle catégorise subtilement la mécanique à quatre dimensions expérimentée par les personnages.

La création sonore de Christophe Hammarstrand couvre des bruits de fond perceptibles par ceux qui les vivent de l'intérieur. La musique, une partition électronique instrumentalisée par la prise de paroles directes et la transversalité de la dynamique échangée entre les deux comédiennes.

La nouvelle mise en scène de Marie Fortuit prend source dans un échafaudage de fantasmes et de hantises transmis par les séquelles invisibles laissées à l'issue d'un accident de voiture. Deux femmes ont en commun un amour, dès lors des points d'interrogation ponctuent leur mémoire. Nait entre elles une relation simultanément intense et distante, laquelle caresse des cicatrices jusqu'aux limites du supportable. La pièce traverse les personnages, s'entremêle une confusion de substances salivées répétées en boucle. La collusion monte en puissance jusqu'à atteindre un degré de jouissance proche de l'Absolute beginners chantée par David Bowie.

L'intimité glisse progressivement vers l'agression physique et sensorielle de ces corps à la recherche de leur véritable identité. Avant d'être des corps, qui étaient-ils ? Mise en scène qui rouvre les plaies mémorielles de terribles épreuves infligées par le destin, réveille des expériences vécues en faux-semblant, anesthésie des silences en cris d'angoisse, mue la parole vers un abysse psychologique.

Texte sans narration, les mots sont échangés sur le principe des ricochets. Les lumières brûlent les yeux, la musique s'échappe pour s'engouffrer dans les silences, le plateau se révolte sous l'impulsion des cris adressés au monde.

L'écriture de Falk Richter ne se lit pas stricto sensu. Une littéralité s'invite dans le jeu scénique, le cynisme de Kafka, l'arrogance de Pinter, la fragilité de Skorobogatov.

Marie Fortuit impose une mise en scène exigeante, inventive et engagée. Dans cette nouvelle version, elle a intégré la distribution de comédiens, sa présence donne de l'ampleur, de la légèreté et de l'intensité à Nothing hurts. Cyrielle Le Coadic se révèle une nouvelle fois à la hauteur, elle rentre de corps dans son personnage avec une détermination qui lui appartient. Nessim Kahloul, une présence remarquée qui s'articule avec la logique mécanique du Rubik's Cube auquel il s'attache la représentation durant.

Nothing hurts, une belle et intense création à découvrir au Triton.
Mis à jour le 31/10/2014
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