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Charles Gonzalès seul en scène, le visage inquiet, maquillé tel un cadavre de vieille femme en chemise de nuit, les mains et les poignets recouverts de bandes de crêpe, apparaît tel un spectre à la face de plâtre et aux rides expressives d'un masque de la Commedia Dell'Arte en redonnant vie à trois "mortes-vivantes"que sont Camille Claudel, Thérèse d'Avila et Sarah Kane.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 06/07/2014
au 27/07/2014

21 h.
Théâtre des Halles
4, rue Noël-Biret
84000 AVIGNON
Réservations :
04 90 85 52 57
Quel Fil d'Ariane peut il bien relier la vie et le destin de trois femmes à la personnalité forte portant chacune en elle une part de drame?

C'est-ce que Charles Gonzalès dans une vraie performance scénique digne d'Artaud durant trois heures nous donne comme réponse en incarnant tour à tour trois icones réunies la comme les trois Parques dans un rapport presque sororal et dont la paternité de leur mémoire revient à un seul comédien accouchant de leur pensée.

Tel "L'onnagata" personnage du théâtre japonais Charles Gonzalès stylise la féminité de telle manière que son physique réel n'a plus d'importance dans l'interprétation de ses rôles. Seule la théâtralité compte. Jusqu'où va donc la force suggestive de ces trois vies dans la mise en scène et dans l'interprétation de Charles Gonzalès ?

Très loin assurément! Le pouvoir d'interpellation de son travestissement, sa tessiture et les détails de sa vêture ont quelque-chose de Socratique, de ces philosophes anachorètes dont la pensée touche l'infini de notre être avec un rien de simplicité.

Tour à tour les vies se déroulent comme des paysages qui défilent à cent à l'heure et dans lesquels ne surgissent que les reliefs, l'aigu, les bosses et la tempête.

Paysages d'avaries climatiques pendant trois heures et pour trois vies en crise avec des mots indissociables de leurs pensées dans une gestuelle parfois proche de la déchéance, parfois hystérique, parfois rieuse ou bien encore comique , ce n'est pas un cliché, c'est bel et bien une figuration exceptionnelle qu'a choisit le comédien pour imprimer dans nos mémoires l'essentiel des vies de ces trois femmes: Camille Claudel, Thérèse d'Avila et Sarah Kane.

Chacune de ces héroïnes apparaît là forte et "indéboulonnable".

Charles Gonzalès travestit en femme dans sa masculinité leur donne une puissance surnaturelle. C'est d'abord, Camille Claudel dont il va nous falloir ingérer les psychoses en son asile d'aliénés de Mondevergues; inclassable temporellement , asexuée et sans géographie.

Le comédien nous fait revivre dans une vraie performance la part d'ombre de cette artiste dans ses trente années flottantes de démence où elle ressasse sa rancune et ses amours pour Rodin et les cris désespérés qu'elle lance en vain à son frère Paul la laissant s'enfoncer sans lui donner de réponse.

Elle a les mains et les poignets couverts de bandes médicales, les mêmes qui servent certainement à l'attacher aux barreaux du lit dans l'asile d'aliénés ou elle finira ses jours.

Une heure après sans interruption aucune on passe presque sans s'en rendre compte comme si ces vies avaient un lien à l'incarnation de Thérèse d'Avila . La transition est comme naturelle. On eut dit même que ces vies associées en trilogie, Charles Gonzalès par on ne sait quelle magie a réussi à les faire se rencontrer, se donner la main.

C'est donc une Thérèse d'Avila " brute de décoffrage" qu'il nous est donné de voir.

Déjà que Charles Gonzalès n'y va pas de mains morte pour viriliser ces maitresses femmes, c'est leur vie incontestablement qu'il a raison de peindre ainsi dans son talent d'homme de théâtre.

Car tout de même si l'on sait que la pensée de Thérèse d'Avila pèse lourd dans la littérature immortelle c'est aussi grâce à cette personnalité féminine et virile à la fois dans laquelle l'artifice est superfétatoire.

La troisième heure pour une troisième "morte vivante" Sarah Kane qu'on entend nous dire du plus loin de notre connaissance de son œuvre:" c'est parce que je suis née morte que j'ai choisi le théâtre qui est un spectacle vivant" c'est l'apothéose d'un spectacle qui coupe le souffle comme s'il était animé par ce que les chrétiens nomment l'esprit saint.

Son œuvre incomprise la fait se pendre a 28 ans avec ses lacets de chaussure dans les toilettes de l'hôpital King's College de Londres.

Fatalement c'est une fois morte que son talent sera reconnue. On la sanctifiera presque dans les milieux intellectuels et littéraires après le drame allant jusqu'à la surnommer "Sainte Sarah".

De là on est tellement ému par la violence du cri de vie de Sarah Kane ajouté des deux autres portraits tout aussi chargés d'énergies qu'on sort de la salle au terme du spectacle, les lieux levés au ciel , interpellé, bouleversé comme si nous avions été témoins que quelque chose d'inhabituel avait pendant trois heures traversé notre être pour le nourrir d'une substance inconnue mais qui rend paisible.
Mis à jour le 20/07/2014
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