• Un riche écrivain reçoit la lettre d'une femme qui lui révèle la passion qu'elle a nourrie pour lui, sans que jamais il ne s'en aperçoive.
  • Le pari est osé car cette forme théâtrale, ces enchaînements sans fioritures mettent de côté le divertissement au service de l’écoute attentive.
  • Plus de 30 ans de présence sur scène… L’indémodable Popeck fait toujours recette ! Son fidèle public le suit, toutes générations confondues...
  • La pièce la plus sombre d’Henrik Ibsen où l’auteur oscille entre la critique sociale et  son amour inconditionnel pour un personnage qu’on aurait plutôt tendance à détester.
  • Des jouets qui prennent vie ?! Un rêve d’enfant qui se réalise sur scène dans ce joli spectacle musical mêlant des danses, des chansons et textes drôles et tendres. C’est très réussi et le jeune public adore !


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Caroline Loeb écrit son journal, elle y consigne les difficultés de créer le spectacle sur George Sand que lui a commandé son producteur.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Jusqu'au 17/06/2014
Mardi à 20h.
Gymnase Marie-Bell
38, boulevard de Bonne-Nouvelle
75010 PARIS
Métro Bonne-Nouvelle
Réservations :
01 42 46 79 79
Site Internet
Si les ouvrages de George Sand ne nous laissent en mémoire que le titre enfantin de La Petite Fadette et si le théâtre avait pour vocation de faire renaître l’intérêt passé pour une grande femme de Lettres françaises engagée dans de nombreuses causes, on se dirait qu’on ne rêve pas, en allant voir le nouveau spectacle de Caroline Lœb intitulé George Sand, ma vie, son œuvre.

Une fois passé la porte du théâtre du Petit Gymnase, après avoir emprunté un escalier souterrain puis un couloir de pierre, on arrive dans l’antre de l’écrivaine au propre comme au figuré. Très vite, on comprend qu’il ne s’agit pas de George Sand elle-même réincarnée par une comédienne de talent, mais d’une femme aux prises avec les affres du quotidien à qui un producteur a demandé de jouer sans tarder une pièce sur l’illustre dame de Nohant. C’est aussi et pour cause à Nohant que le décor se plante.

Caroline Lœb en ces lieux habités, se vêt bien des linges du XIXe siècle choisis comme accessoires de la scénographie, en se couvrant de temps à autres au gré des humeurs et des frissons qu’elle nous transmet d’un large drap de velours rouge, symbole des scènes théâtrales immortelles, autant que des étoffes en laine qui réchauffaient à Nohant, en son temps, le corps de Georges Sand, en ses longues soirées d’écritures hantées par l’imaginaire prolifique que nous lui connaissons. Ainsi parée de cette seconde peau, Caroline Lœb y love sa grâce, son élégance dans cet univers intime et très cosy dans lequel elle reçoit son public.

La comédienne était sans contestation véritablement faite pour jouer le rôle de George Sand. Ne chante-t-on pas d’ailleurs que l’âme des poètes traîne encore dans les rues longtemps après leur disparition comme Trénet savait si bien le dire, pour en conclure que l’âme de celle que Caroline Lœb célèbre au théâtre chaque soir traîne sûrement autour d’elle, tant le spectacle est mystérieusement envahissant de sa mémoire au-delà de toute explication tangible.

Ceci dit, les deux femmes ont le point commun d’avoir une forte personnalité et Caroline Lœb fait vivre au présent de sa vie dans sa manière de nous parler de son quotidien, tous les engagements et le militantisme qui ressemblent à ceux de l’illustre épouse du compositeur Chopin. Sur fond d’anecdote, Caroline Lœb insère dans sa pièce un petit clin d’œil à la chanson culte C’est la ouate qui fit d’elle un mythe, autant qu’elle emprisonna sa liberté d’exister dans ses arts et talents multiples de la scène. On sent qu’à présent, Caroline Lœb a repris les rênes et même de mains expertes, sa carrière qui méritait de renaître. Sand et l’hommage qu’elle lui rend au théâtre lui rendront assurément la reconnaissance de toute la profession et les applaudissements d’un public promoteur de l’énergie et du talent qu’elle insuffle et diffuse pour parfaire son jeu admirable aux arts polymorphes, autant que la mise en scène d’Alex Lutz.

Les chansons que Caroline Lœb interprète sont le fruit de la jeune fleur de composition française en des noms reconnus comme celui de Pascal Mary, Fred Parker ou bien encore Wladimir Anselme. L’exubérance et la provocation nécessaires à l’existence et à la reconnaissance d’une femme humaniste et féministe méritait bien qu’elle s’habille des créations d’un artiste couturier de son temps à l’écoute de la diversité. C’est ainsi qu’on voit Caroline Lœb évoluer devant son public dans le rôle de notre héroïne aussi classieuse que sensuelle dans un ensemble noir rayé blanc à la coupe corsetée spencer presque tauromachique signé Jean-Paul Gaultier.

Patrick Laviosa au piano et Gérald Eliott à l’accordéon nous entraînent dans ce voyage musical où pendant une heure quinze, George Sand ne renaît pas seulement en tant qu’illustre personne mais, proche de nous, grâce à son interprète, on peut revisiter et brandir encore les étendards, les luttes en s’armant de sa somme littéraire que le XIXe siècle nous a laissée et derechef les transposer dans notre époque, pour statuer de l’immortalité du testament livresque et humain de celle qu’on appelait la dame de Nohant.
Mis à jour le 27/05/2014
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