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Après L'Apprenti, accueilli la saison dernière, Sébastien Bournac explore les bas-fonds de l'âme humaine avec La Mélancolie des barbares.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 13/11/2013
au 23/11/2013

TNT Théâtre national de Toulouse
1 rue Pierre Baudis
31000 TOULOUSE
Réservations :
05 34 45 05 05
Site Internet
Tout autant polar noir que tragédie mythologique, La Mélancolie des barbares nous plonge au cœur d'une cité abstraite qui résonne beaucoup avec notre époque : crise du travail, trafics en tout genre, violences diverses, perversions sexuelles, discours sur la morale et la loi...

Dans cette pièce, les apparences sont trompeuses, les personnalités labyrinthiques, les limites floues. L'histoire se construit autour de trois personnages : Zac, un délinquant à grande influence sur sa bande d'amis, il n'a plus de repère masculin et adopte un comportement malsain envers sa mère et sa sœur ; sa seule idôle : Scarface. Le komissari au discours moralisateur, prônant la justice, prend Zac sous son aile. Baby Mo, la jeune épouse du komissari mais elle n'aime que Zac et depuis peu, porte le voile. Le destin de ces personnages va basculer au fur et à mesure de la pièce, les désirs de Zac vont évoluer, Baby Mo va tomber son masque, et le komissari n'agira plus seulement en fonction de la loi. Les identités vont se dévoiler, le pouvoir, le désir et la pulsion vont salir l'histoire de cette cité "prostituée".

De la terre, partout sur le sol, atmosphère funeste, poussière, état délabré, voilà ce que le plateau nous offre, une métaphore de l'intériorité des personnages. En effet, ils ne sont que des corps aux âmes brisées, par la perte de l'être aimé, par des obsessions, par des principes contraire à leur pensée. Le seul personnage qui semble échapper au climat malsain et à des idées perverses c'est Lulu, la sœur de Zac. Malheureusement, elle ne sera pas épargnée. Dans sa bonne volonté de chercher du travail, on abusera d'elle, ce qui mènera Zac et sa bande à commettre un crime. La fatalité règne au-dessus de leur tête.

Si le début est long et périlleux à cause d'une certaine lourdeur dans la première scène, la suite est fulgurante. Les comédiens sont énergiques et justes. Zac est présent tant quand il parle que quand il est silencieux. Son adresse est saillante, précise, son regard toujours habité, une force étrangère l'anime. Des conflits internes bouleversent les personnages de manière générale, ils vacillent entre liberté et enfermement.

La scénographie est intéressante. Elle est simple mais suggère sans cesse. Il y a parfois une mise en parallèle des scènes qui trouble et interroge le spectateur. La tirade finale de Zac est splendide, la musique qui l'accompagne renforce cette ultime logorrhée. La toile qui voile son visage et son corps, vit grâce à des projections déliro-hypnotiques, qui retracent sa brève existence à un rythme effréné, nous sommes aspirés dans ce dernier souffle.

Malgré le côté "barbare" de ce que dit la pièce, elle n'en est pas moins poétique. La langue de Koffi Kwahulé est riche, savoureuse, sensorielle. Avec des phrases, des expressions très imagées qui donnent beaucoup de profondeur à des propos abruptes et crus.

La Mélancolie des barbares est un titre qui questionne : les personnages sont tous touchés par la cruauté de la vie, de leurs proches, par la misère humaine et par une politique douteuse. Leurs actions et leurs comportements sont nourris par l'amour poussé à son paroxysme qui devient haine, par le mensonge, la vengeance, la prétention. Les vices, nombreux, se multiplient tout au long du spectacle, faisant tombés les masques un à un. Le voile visant à "protéger et sanctifier" les femmes, n'est qu'un leurre. La cité avec ou sans flic est en danger, l'Homme est un danger pour l'Homme. Après le noir final, on s'interroge sur les mécanismes qui nous ont conduit jusqu'ici et on se demande s'il est possible de faire machine arrière...
Mis à jour le 22/11/2013
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