• Il est trois heures du matin, Franck bougon termine de ranger le bar et 
s'apprĂŞte Ă  fermer l'Ă©tablissement, quand surgit une jeune fille. C'est 
vrai il pleut très fort dehors et il tonne même. Mais bon il est trois 
heures du matin !!
  • Un an après leur rupture, Alice dĂ©barque Ă  trois heures du matin, chez Hugo !! Elle qui croyait Ă  l’amour Ă©ternel, pur, absolu, lui plus terre Ă  terre, rĂ©aliste, peut-ĂŞtre moins envie de « s’installer ».
  • Encore ! Allez-vous me crier dans les oreilles. Ben oui, encore, mais lĂ  c’est un misanthrope pas commun. D’abord cela se passe de nos jours. Ils ont tous des tĂ©lĂ©phones portables. Rien ne choque, tout est plausible. VoilĂ  l’extraordinaire talent de Molière.
  • Et nous voilĂ  embarquĂ©s dans une sĂ©rie d'Ă©vènements avec les spectateurs comme principaux
  • HystĂ©ries est une sĂ©rie de saynètes sur la rupture, l’amour, la trahison et mĂŞme le meurtre .


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Dis-moi papa, mais alors ton métier, c’est de rêver et de faire voyager les gens ?

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 07/02/2013
au 17/02/2013

Tous les jours à 20h, dimanche à 15h, représentation mercredi 13 février à 15h, relâche en soirée.
Théâtre du Soleil
Cartoucherie
75012 PARIS
Métro Château de Vincennes
Réservations :
01 43 98 16 96
Acteur, comédien, saltimbanque, troubadour, artiste... Une activité controversée. Longtemps rendus diaboliques, les comédiens étaient excommuniés et rejetés. Pourtant, de tous temps, ce sont eux qui ont raconté l’histoire du monde, l’histoire des hommes. Ce sont eux qui ont ému leurs pairs, les ont fait trembler de terreur ou frissonner d’amour, rire aux larmes ou pleurer devant les passions et les destins de leurs personnages. Un métier merveilleux, magique, exaltant et exigeant. Un métier qui ne paraît pas en être un.

Comment le comprendre si on ne le pratique pas ? Comment comprendre et accepter que son amour ou son parent travaille pratiquement tout le temps ? Que cette personne préfère les planches sacrées à la douceur du foyer ? Que le soir, elle sera rarement présente pour l’histoire ou le baiser du soir ? Et comment se fait-il que ces comédiens, qui pourtant passent leur temps ensemble, dès qu’ils se retrouvent à la maison, n’ont de cesse de parler de leur métier, de leur passion ? La vie du comédien est intense. L’exigence que demande son travail est considérable ! Peut-être que quelques explications du point de vue d’un comédien qui passa plus de la moitié de sa vie dans la compagnie la plus célèbre et la plus exigeante de France, pourront lever le voile sur ce mystère.

Maurice Durozier est un enfant de la balle dirait-on. Sa mère était comédienne. Il grandit dans le milieu du théâtre, de la scène, des costumes, du maquillage et des projecteurs. Son père n’eut peut-être pas le courage de rester avec une femme de scène, quoi qu’il en soit, il quitta Maurice et sa mère alors que ce dernier n’était encore qu’un enfant. Ainsi, comme il le dit lui-même, le théâtre lui prit à la fois son père et sa mère. Il avait donc des comptes à régler. Aujourd’hui, après des années à exercer ce métier, et qui plus est dans la plus vieille compagnie de France, véritable trésor français, pépite de notre patrimoine culturel, il décide de transmettre sa vision de son art. Et quelle personne serait la plus intéressée par cette explication (confession ?) que sa propre fille ?! Sous forme de conférence théâtralisée, en premier lieu travaillée et représentée au Brésil, Maurice Durozier nous fait part de son histoire et de son ressenti.

L’influence du Théâtre du Soleil est présentee dès l’entrée du public. Un tapis oriental est le cadre sacré sur la scène consacrée. Une représentation de Ganesh à jardin et à cour avec encens et offrandes apporte sérénité et de bonnes énergies au comédien et au public qui s’installe. Avec sa petite table en bois et ses deux chaises, il nous semble que la scène est le salon ou le bureau de Maurice Durozier et qu’il nous invite dans l’intimité de son logis pour nous dévoiler l’intimité de sa vie.

La ravissante Aline Borsari interprète la fille de Maurice, lui posant des questions sur sa vie et son univers. Bien que sa présence sur scène soit agréable, elle n’est nullement indispensable. Maurice Durozier peut assurer tout le spectacle sans la moindre réplique. Les questions posées directement par sa fille, présente sur scène physiquement ou par bande sonore, seraient plus réalistes et touchantes.

Avec sincérité et simplicité, le comédien nous raconte sa rencontre avec le théâtre. De par sa mère en premier lieu, mais aussi de son envie personnelle de créer quelque chose de différent. Il nous raconte sa rencontre avec Ariane Mnouchkine et cette rencontre décisive avec son premier personnage, Polichinelle. Pour l’occasion, il ressort son masque découvert il y a maintenant un certain nombre d’années. Il raconte les voyages, les anecdotes. Les moments de doutes de l’acteur et ceux de bonheur. Il tente d’expliquer pourquoi ce métier, si particulier, est presque indéfinissable car tellement propre à chaque comédien et tellement intense. Le métier d’acteur est avant tout une grande histoire d’amour, ou amour et haine se touchent constamment. De l’amour pour les personnages, pour les copains avec qui l’on rit et l’on pleure sur scène, avec qui l’on s’adore et s’engueule dans la vie. Une histoire d’amour avec la metteur en scène, à la fois mère et bourreau. Une histoire d’amour avec le public...

Maurice Durozier nous dévoile une infime partie de tout cet univers riche et complexe. Dans son beau costume, il revit son histoire et devient parfois les personnages qui ont marqué sa vie. Les cheveux grisonnants et sa barbe blanche ne l’empêchent pas d’effectuer quelques pas de la danse de bharata-natyam (traditionnelle indienne) de la création du monde par le dieu Shiva. Un moment partagé, accentué par la dégustation de tchaï offerte et dégustée avec tout le public.

Certaine œuvres ont marquĂ© les mĂ©moires et sont incontournables pour toutes les gĂ©nĂ©rations de comĂ©diens. On pensera Ă  La Formation de l’acteur de Stanislavski ; Le Théâtre et son Double d’Antonin Artaud, L’Acteur et la Cible de Declan Donnnellan, et bien d’autres encore. Une grande majoritĂ© d’acteurs ont Ă©crit leur expĂ©rience de la scène et de la vie d’artiste pour partager ce vĂ©cu si atypique et merveilleux. Comment oublier Les Carnets d’un jeune homme de Philippe Caubère et la sĂ©rie de spectacles qui s’en suivit ?

Parole d’acteur est dans cette lignée, comme une synthèse à la fois personnelle est universelle du métier d’acteur en Occident. Un témoignage émouvant que professionnels, amateurs et amoureux du théâtre ne devraient rater sous aucun prétexte.
Mis à jour le 12/02/2013
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