• Un conte Ă©cofĂ©ministe pour enfants ! Original, inventif, dynamique et questionnant ! Une vĂ©ritable pĂ©pite Ă  aller dĂ©couvrir au ThĂ©o Théâtre.
  • Une vraie prouesse. L'un des meilleurs spectacles pour enfants depuis longtemps.
  • Courez vraiment voir son show, vous n’allez pas ĂŞtre déçu !
  • Trio endiablĂ© Ă  la manière d'un vaudeville, 
  • Une chanteuse provocante, trois musiciens dĂ©jantĂ©s, des textes drĂ´les et percutants, voilĂ  la recette de ce spectacle vivifiant et fantaisiste ! Ils puis en tournĂ©e en France.


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François Rabelais n’était pas homme à s’écouter. Pris de conscience de la douleur des hommes, il fit voeu d’humilité dans un apostolat au service de Dieu et de dévouement au chevet des malades. Humaniste et fin limier de la langue française, il exprima dans des écrits les misères rencontrées. Lesquels libérés de tout didactisme lui valurent, après maintes critiques, la censure des gens de La Sorbonne. Le Quart Livre paru en 1552 livre la quintessence de l’écriture provocatrice et ô combien crue de l’auteur éponyme. S’il est homme qui a su s’immerger du Quart Livre avec des yeux tiers, Jean Bellorini invite quiconque à le suivre dans une traversée pour le moins épique.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 25/01/2013
au 26/01/2013

Théâtre Firmin Gemier - La Piscine
254 av. de la Division Leclerc
92290 CHATENAY-MALABRY
Réservations :
01 49 84 11 94
Site Internet
De la pointe de sa plume, François Rabelais dĂ©flore l’intimitĂ© de la langue française. Le pouvoir des mots s’enchâssent entre l’emploi de la matière crue et une exode littĂ©raire confrontĂ©e au dogmatisme des thĂ©ologiens de La Sorbonne. La religion catholique, reprĂ©sentĂ©e par des Ă©rudits Ă  l’esprit non dĂ©calottĂ©, se donne l’octroi d’approuver ou d’interdire la publication d’un manuscrit. Rabelais dut en prendre son parti quand ses premiers romans furent mis Ă  l’index librorum prohibitorum – index des libres interdits par l’église catholique en 1544.

L’affiche de Paroles gelĂ©es ouvre l’appĂ©tit Ă  la connaissance de l’histoire de l’art confondue Ă  celle de la littĂ©rature. Arcimboldo, peintre maniĂ©riste italien du XVIe siècle, reprĂ©sentait des portraits composĂ©s de fruits, de lĂ©gumes et d’animaux. Ses tableaux offrent le privilège de se regarder Ă  l’endroit et Ă  l’envers. Rabelais avait la facultĂ© de prĂ©parer le mot cru dans une marinade composĂ©e des Ă©pices impropres Ă  la conscience collective de l’époque. Le mot servi Ă  point croquait Ă  l’œil Ă  qui savait en trouver la saveur originelle.

Jean Bellorini a concoctĂ© une mise en scène, une sorte d’hommage rendu aux deux artistes, imposant un dĂ©sordre bigarrĂ© avec l’adaptation du roman de Rabelais. Exigeant et scrupuleux jusque dans les moindres dĂ©tails, son travail crĂ©e une fracture avec les œuvres du rĂ©pertoire classique montĂ©es en scène. Il exĂ©cute, in situ, un spectacle mĂ©langeant la variĂ©tĂ© des disciplines artistiques dans une scĂ©nographie renversante. Laquelle prend l’eau de toute part et le public n’en perd pas une goutte.

Rideau tiré, trois trublions s’invitent en front de scène. Leur accoutrement ne passe pas inaperçu et chaussés de bottes de couleur en caoutchouc, ils se dévergondent en déclamant l’art et la manière "du torcher". Si "François Rabelais se joue du langage", le trio s’amuse des expressions déversant la matière dans la fosse commune. De pudeur, il y a le cachet de la langue française dénudée et ce, sans voyeurisme. Les propos fusent comme une succession de pets argumentés d’odeurs et de fumets. Quant aux répliques dégoulinantes comme une diarrhée, la salle serre les fesses... Abondance de rires agit sur la prostate et la vessie.

L’espace ouvert au dĂ©cor se compose d’une table ceint d’eau dans un enclos couvrant la surface de la scène et des escabeaux s’ajoutent Ă  l’ensemble. La modularitĂ© des Ă©lĂ©ments de la scĂ©nographie engendre la surprise, synonyme de fantastique et d’inconnu, avec l’évolution de la pièce. La particularitĂ© de la dynamique organisationnelle bouleversant la cadence de Paroles gelĂ©es tient de l’association intrigue – exploration, si habilement rĂ©flĂ©chie et mise en pratique par Jean Bellorini et Laurianne Scimeni. Les costumes portĂ©s par les personnages, le souci d’être hors-le-temps jusque dans le superflu. Laurianne Scimeni et Delphine Capossela, deux talents qui se greffent Ă  l’alchimie des Ă©nergies rythmant la pièce. Les jeux de lumière font de l’effet en clair de lune quand un halo se reflète Ă  la surface de l’eau. ImbibĂ©s d’eau et de lumière, les personnages prennent vie Ă  chaque page du roman tournĂ©e.

L’histoire du Quart Livre raconte l’épopée de Pantagruel embarqué avec ses compagnons dans une traversée les conduisant vers l’Oracle de la Divine Bouteille. Sur scène, ils sont treize à déambuler dans cette quête du Graal portée par autant d’histoires que de situations effleurant le loufoque du vaudeville, jonglant avec le burlesque de cabaret, s’approchant de la comédie musicale avec les chansons et la spontanéité des artistes.

L’eau constitue l’élément porteur du spectacle, les protagonistes s’y jettent tout habillés, s’y produisent individuellement ou en groupe lors des prises de paroles, s’y débauchent sans feindre leur plaisir. Le passage de "la chaude-pisse" avec Pantagruel vulgarise les images subtilisées à Rabelais et Bellorini a su les dresser en un langage non figé pour capter l’attention du public. L’hilarité se lit sur le visage des comédiens, les yeux témoignent du bonheur collectif partagé, les gens en salle sont conquis. Il règne une ambiance, comment dire, gargantuesque !

Jean Bellorini a imaginé un voyage initiatique où le fantastique renait d’entre le merveilleux et l’insoupçonnable. Le style cru et grossier de Rabelais s’écoute, in situ, à l’envers de la poésie homérique. Le texte, ainsi répliqué, revivifie une langue trop souvent masquée des dérives d’expressions usuelles. La langue française est l’une des plus riches, ainsi soit-elle, et la compagnie du Clair de lune la restitue avec brio et générosité. De la traduction contemporaine adaptée du Quart Livre, le metteur en scène libère des eaux, la créativité et l’inventivité.

La scène de La Piscine a pris des airs de l’Arche de Noé avec ces treize comédiens embarqués au Clair de lune pour une traversée inoubliable.
Mis à jour le 28/01/2013
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