• François Cavanna livre le récit drôle et émouvant de son enfance de petit italien...
  • Trio endiablé à la manière d'un vaudeville, 
  • Une chanteuse provocante, trois musiciens déjantés, des textes drôles et percutants, voilà la recette de ce spectacle vivifiant et fantaisiste ! Ils puis en tournée en France.
  • Ne manquez pas ce spectacle ébouriffant et drôle qui tourne en région parisienne et en province !
  • ''<i>L’homme le plus aimé des Français</i>'' revient parmi nous. Il nous raconte sa vie, affirmant que rien n’est désespéré.


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"Zola est le poète de l’alchimie moderne", disait Michel Serres.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 12/01/2013
au 19/01/2013

12 janvier à 20h30, 18 janvier à 20h30, 19 janvier à 20h30, 13 janvier à 15h30.
Théâtre de Saint-Maur
20 rue de la Liberté
94100 SAINT-MAUR-DES-FOSSES
RER A, sortie Parc de Saint-Maur
Réservations :
01 48 89 22 11
Site Internet
Rares sont les pièces de théâtre adaptées des Rougon-Macquart d’Emile Zola. Florence Camoin s’est essayée à styliser Le Bonheur des dames. Le réalisé, une pièce exigeante qui répond aux conventions et à l’académisme des us de la bonne société parisienne du XIXe siècle. Le fossé entre Paris et la Province est creusé sur des on-dit et des préjugés. L’écriture de Florence Camoin ne va pas à contre-sens de l’œuvre originale de l’auteur éponyme. La plume pointe l’accent en la différenciation de la classe ouvrière et le cercle restreint des hommes d’influence arguant en leur faveur. De Zola à Camoin, la Seine coule toujours à Paris et d’Emile à Florence, le ventre de la capitale vibre encore de démolitions et de reconstructions. Les intérêts économiques du Grand Paris rejoignent en bien des points les projets de refondation urbaine du Baron Haussmann. Pour l’anecdote, Paris au XXe siècle écrit par Jules Verne en 1863, fut édité en 1994. Roman avant-gardiste à la croisée des idées néo-contemporaines tant les visions de l’auteur à propos de la capitale ont été vecteur d’innovation, de progrès et de réalisme.

Le roman de Zola prend pour modèle le magasin de Boucicaut fondé en 1852 "Le Bon Marché". Début d’une nouvelle ère socio-culturelle avec l’arrivée du marketing, des catalogues, des bons de fidélité, d’une cantine pour les employés, d’une caisse de secours pour les imprévus, d’une bibliothèque pour le personnel.

Octave Mouret, personnage du roman Pot-Bouille, a gravi les marches avec fermeté et conviction à être devenu directeur d’un magasin entièrement voué aux articles de mode féminine déclinés en frivolité, dentelle de valenciennes, soie, étoffes, articles de confection. Le Bonheur des dames a ouvert ses portes et sa meilleure publicité tient des visites des femmes qui viennent y dépenser sans compter entre excès et désir d’être vues.

Les patrons sans demi mesure sont taillés pour séduire, les robes à crinoline invitent à la contemplation des jeunes femmes qui les revêtent, la dentelle est portée avec élégance, les costumes dessinés pour des hommes d’envergure. Eloge à Elisabeth de Sauverzac pour la création des costumes, l’élément incontournable de la pièce. La scénographie, une alchimie artistique confondue en la création vidéo de Christoph Guillermet, les effets lumières et photos d’Anne Gayan et les décors de Philippe Blanc.

Le Bonheur des dames, une histoire familiale en ses débuts avec l’arrivée de Denise, son enfant et son frère à Paris. Ici, la vie bat son plein, les commerces ont pignon sur rue, les dames sont élégantes, les messieurs ajustés pour commander. Du travail, il y en a, mais à quel prix. Surtout quand on arrive fagoté comme un épouvantail de sa campagne, le personnel n’épargne pas l’intrus de remarques mal à-propos. Denise trouve un emploi de vendeuse au Bonheur des dames. Mouret, le jeune et ambitieux patron, n’a d’yeux que pour son magasin. La clientèle répond présent et l’argent rentre dans les tiroirs-caisses. Séducteur et fin tacticien, il a un penchant à convoiter les douces à intervalle régulier. L’histoire devient sentimentale quand Mouret lève les yeux vers Denise. La jeune provinciale se laissera-t-elle emporter par le talentueux Mouret ?

Le décor s’articule autour de paravents sur lesquels des vidéos projettent des images laissant deviner les rayonnages d’une grande boutique sur couleur d’époque. Des tables de démonstration de linge et articles de confection vont et viennent selon les passages. Les prétentieuses s’usent sous leur belle robe à s’offusquer du personnel inconvenant et propre à rien, à se moquer d’elles-mêmes lors d’achats intempestifs et inutiles. Elles tiennent salon à boire du thé agrémenté de petits fours et à reçoivent les hommes en vogue du moment.

Les comédiens jouent plus vrai que nature car à s’y méprendre, le public assiste à un ballet évanescent dans les allées du Bonheur des dames. Personnel et clientèle se croisent, se toisent, s’interpellent et finissent par trouver l’article, une feinte au plaisir. Olivia Demorge interprète Denise avec une profonde humanité d’où est extraite l’humilité de sa condition de fille de province conjuguée à son métier de vendeuse. Elle se montre sincère et généreuse de bout en bout et porte fièrement un caractère affiné à souhait. Olivia Demorge, une comédienne qu’il ferait plaisir de voir de nouveau sur une scène classique.

Alexis Moncorgé, dans le rôle de Mouret, l’équation de la complexité entre un homme manifestant la volonté d’étendre au tout Paris son Bonheur des dames et, un séducteur avéré, soudainement épris de son employée. L’exercice est délicat car s’il porte l’élégance du propos en bouche, il s’affirme en avançant les yeux fermés. Alexis Moncorgé excelle dans ce registre et ce personnage lui va à ravir. La mise en scène de Florence Camoin, une dentelle de Tulle cousue sur un mouchoir de Cholet.
Mis à jour le 22/01/2013
VOTRE AVIS
CLELIAA. Le bonheur des dames enfin à Paris, au vingtième théâtre du 30 octobre au 30 novembre du jeudi au dimanche à 19h30 et 15h Réservations 01 48 65 97 90
FLOTHEA. Reprise du spectacle le vendredi 26 avril à 20h30 à l'espace Georges Simenon Places Carnot à Rosny-sous-Bois
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