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  • Ne manquez pas ce spectacle ébouriffant et drôle qui tourne en région parisienne et en province !
  • ''<i>L’homme le plus aimé des Français</i>'' revient parmi nous. Il nous raconte sa vie, affirmant que rien n’est désespéré.
  • Théâtre de papier, d’objets et de marionnettes, de la Cie Les Ateliers du capricorne pour les enfants (à partir de 7 ans), d'après les dessins de Sempé.


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L’homme est homme juste avant de livrer son ultime combat.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Le 23/11/2012
Théâtre du Garde-Chasse
181 bis rue de Paris
93260 LES LILAS
Métro Mairie des Lilas (11)
Réservations :
01 43 60 41 89
Site Internet
Le théâtre du Garde-Chasse au Lilas aurait plu à Henrik Ibsen si son chemin avait croisé celui de l’architecte Bévière. Edifice inspiré du Grand Trianon, certains éléments font penser au style IIIe République. La structure assurée en pierre de taille est desservie en son centre par un grand escalier, les magistrales porte-fenêtres sur-dimensionnent l’ensemble et l’importance accordée aux volumes à l’intérieur prompts à accueillir cérémonies et autres manifestations. Salle des fêtes à son origine, le monument ceint dans un square est depuis voué en un magnifique théâtre. Au plaisir d’aller assister à une nouvelle scène, se conjugue celui de découvrir un lieu de culture chargé d’Histoire et d’histoires.

La perméabilité du monde est conjoncturellement liée à la vulnérabilité des hommes. Confluences et divergences octroient le mythe de Psyché traduit en une version asexuée de la conscience. De la profondeur des formes psychologiques, l’homme se construit une existence parsemée de raison et déraison. Le présent honore l’expérience et le vécu en transmission à un passé vibrant et superficiellement enfoui. Le prévisible évolue en son antonyme, synonyme du refus d’inacceptable. Les univers se confrontent à des prises d’intérêt hors-les-murs et transposent les images d’un réalisme démenti en façade de l’égo. Le passé est à considérer comme une œuvre testamentaire léguée à qui s’y intéressera et contribuera à sa pérennité.

L’histoire. Solness est un vieil homme acariâtre, peu enclin au dialogue avec qui cherche à lui ressembler. Sa vie, un échafaudage monté de travers et gradué de perversité. Légitimement marié, il court la jeunesse éprise de liberté sentimentale. Un drame entache cette ascension professionnelle et extra-conjugale, l’incendie de la demeure de ses beaux-parents et le décès prématuré des jumeaux. Dès lors, son épouse s’enferme dans un mutisme ouvrant une brèche dans le couple. Solness ne feint pas d’y engouffrer corps et âme à vivre comme bon lui semble. Sa vie durant, il a édifié des églises car s’il porte le culte, il traine une croix fondue en un alliage indémoulable. Une jeune femme frappe à la porte et manifeste entrain dans la résurgence de souvenirs signés sur le pacte de la compromission quelque dix années antérieures. Solness aurait promis de bâtir un château à la fillette, vierge et crédule, rencontrée au moment de la restauration du clocher de l’église. Sous couvert de sa bonne foi, elle s’installe chez le couple en attendant que Solness lui offre cette promesse dissimulant une vérité inavouable.

La scénographie. Une scène modulable juxtaposée en un plateau à l’ouverture de la pièce, laquelle évoluera en des éléments de mobilier, bibliothèques chargées de livres et murs couverts de lambeaux de papier peint fané. De retour de l’entracte, lesdits panneaux ont mué en des portes couvertes d’un tissu rouge vermillon. Sur l'horloge franc-comtoise, les aiguilles sont figées sur le mode silence.

Un auguste fauteuil fera office de prise de position dans le premier acte et remisé en coulisse ensuite. Une banquette verra les protagonistes l’occuper à tour de rôle. Elle sera le témoin des crises d’angoisse et des revers de conscience.

La mise en scène de Jean-Christophe Blondel pose l’apostrophe à l’entre-âge de l’homme. Quintessence de la séduction exprimée à l’égard de la secrétaire et de la providentielle jeune femme et la saturation sentimentale envers sa femme. L’assurance d’un homme ayant gravi les sommets jusqu’à atteindre le vertige fatidique le basculant vers l’irrémédiable. Des univers antagonistes qui plongent la pièce dans une dissension entre les personnages. Pièce jouée à sept comédiens qui intrigue par son côté théâtre d’anticipation. La noirceur du texte d’Ibsen laisse deviner dans l’ombre des interprètes une galerie d’intervenants sous-jacents car la complexité de chacun est telle qu’elle revendique plusieurs portraits atypiques. La révélation couche la perplexité sur le lit de l’incompréhension, les à-coups trompétisés en témoignent. La gravité prolonge l’intrigue avec l’archet "démusiquant" cette partition écrite sur le faîte d’existences maquillées d’invraisemblances.

La tessiture de Philippe Hottier dramatise la puissance et le déclin de Solness. L’homme s’extirpe de ses entrailles pour poser un personnage versatile confondu dans un vertige existentiel. Le regard tranche l’exigence en fines lamelles inégales et la voix foudroie la verticalité des rapports créant une force symétrique entre ce qu’il souhaite et ce qu’il impose.

En la jeune femme, Eléonore Joncquez apparait plus vraie que nature avec ses convictions clamées en écho à une forme d’hystérie Elle cherche à amorcer sans coup férir une vérité engagée dix ans plus tôt avec Solness. Elle marque la pièce d’une présence imposante et fragile diaphragmée à la seule condition qu’un château lui soit érigé. Château de chimère, Eléonore Joncquez est construite de fluidité et de subtilité.

Dans l’interprétation de l’épouse, Valérie Blanchon semble en retrait de son personnage. Femme victime à double titre d’un drame maternel et familial, elle s’affirme dans la persistance des souvenirs qui lui occultent le présent. Enfermée dans une sphère éclairée à claire-voie par les doutes, Valérie Blanchon ressuscite à l’arrivée improviste de la jeune femme. Le bonheur se glisse sous cape pour ne pas froisser la tension permanente.

L’éblouissement de la pièce se manifeste avec Claire Chastel interprétant une secrétaire fugitive et éprise de deux hommes à contre-courant. Elle est intègre et spontanée, généreuse et expressive. Claire a l’apparence d’une fleur qui se berce selon l’intensité des palpitations de son cœur. A n’en point douter qu’elle fera chavirer des scènes, son regard évoque la sensibilité de Juliette Binoche.

Solness, le constructeur, une pièce du répertoire de Henrik Ibsen, laquelle ainsi mise en scène par Jean-Christophe Blondel pose l’étrangeté du monde et des hommes qui caressent et bousculent l’existence mêlée d’imbroglios heureux et malheureux. Somme toute, la construction et la déconstruction de soi à l’image de Solness.
Mis à jour le 04/12/2012
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