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''Chacun appelle barbarie, ce qui n’est pas de son usage'' Michel De Montaigne, Les Essais. Alors, quelque part, nous sommes tous le barbare de quelqu’un.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 02/11/2012
au 09/12/2012

2 novembre à 18h, 3 novembre à 20h, 4 novembre à 18h, 5 novembre à 20h, 16 novembre à 21h, 17 novembre à 17h, 8 décembre à 17h, 9 décembre à 14h.
Théâtre du Soleil
Cartoucherie
75012 PARIS
Métro Château de Vincennes
Réservations :
01 43 98 16 96
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Le jeune collectif NOSE (Nord Ouest Sud Est) présente pour la neuvième édition du festival Premiers Pas au Théâtre du Soleil, sa création La Mélancolie des Barbares. Une salle magnifique pour un spectacle de choc.

NOSE, un collectif créé en 2011 où se réunissent une quinzaine d’artistes, comédiens, scénographes, architectes, costumiers, metteurs en scène, enquêteurs, médiateurs culturels... Un collectif jeune et très prometteur, concerné par le monde actuel, qui en propose une réflexion pour et avec le public. Un public qui se veut le plus vaste et varié car le collectif NOSE se produit aussi bien dans des salles de théâtre, que dans des collèges, des granges, des squats, des parcs et dans la rue. Bref, des artistes engagés en perpétuelle remise en question, très prometteurs et animés par une envie, une passion qu’ils mettent en commun afin de réaliser des spectacles percutants qui résonnent à l’intérieur de chacun.

La création La Mélancolie des Barbares est le fruit de plusieurs sessions de travail, de l’envie d’un groupe d’élèves comédiens de créer ensemble et de l’amour d’un texte. Car avant toute chose, il y a le texte passionnant de Koffi Kwahulé, auteur, essayiste, comédien et metteur en scène. Cet artiste ivoirien commence sa formation à l’Institut national des arts d’Abidjan puis à l’Ecole nationale supérieure des arts et des techniques du Théâtre de Paris ; pour enfin obtenir un doctorat d’Etudes théâtrales à la Sorbonne Nouvelle Paris III. Il a à son actif une vingtaine de pièces de théâtre et romans édités. Il obtient le prix Kourouma pour son roman Babyface et a été nominé pour le grand prix de la littérature dramatique décerné par le ministre de la Culture française pour son œuvre. Une œuvre forte où la violence et le rêve sont entremêlés. Une représentation des sociétés à la fois crue et poétique.

C’est avec beaucoup d’amour que le collectif NOSE crée sa version théâtrale de La Mélancolie des Barbares, un texte magnifique qui ne comporte aucune didascalie, indication scénique ou même la distribution des répliques aux personnages. Telle une partition de jazz, le texte coule et les voix se mêlent et se dessinent selon le ressenti de chacun.

Dans un petit village ou une cité, un endroit clos où la vie est assez précaire due à la difficulté de trouver un travail, dans cet endroit où tout le monde se connaît et où la rumeur prend feu comme une trainée de poudre, un nouveau Komissari (flic, juge et prêcheur à la fois) arrive pour y remettre bon ordre. La vie de tous en est bouleversée et tout particulièrement celle des jeunes de la cité. Plus adolescents et encore moins enfants, ils ne sont pourtant pas encore des adultes. Ils doivent alors grandir à toute allure et choisir leur camp, la morale ou l’exclusion. Eux qui, pendant que le public s’installe, jouent et s’amusent à se taquiner dans l’insouciance de la jeunesse, rigolent ensemble et s’aiment ; ils vont se déchirer, se détester, se blesser jusqu’à la mort. Une fraction de seconde suffit à ce que tout bascule. Chacun fera face selon son vécu. Zac, un jeune homme perdu depuis la mort de son père, tentera de prendre la place du patriarche, en rêvant de Tony Montana tout en cherchant dans le Komissari la figure du père. Monique devenue Baby Mo depuis son mariage avec le Komissari devra devenir une épouse modèle, portera le voile et devra obéissance à son mari. Elle qui était la plus jolie, la plus convoitée et la plus "joueuse" des filles de la cité. Et puis, il y a Lulu, la sœur de Zac, qui cherche désespérément du travail pour subvenir aux besoins de la famille. Cette jeune femme révoltée doit faire face à une société masculine malveillante et à un frère qui se veut trop protecteur. Il y a aussi leur mère, l’ami de Zac qui l’aime mais n’avoue pas son amour homosexuel au grand jour, et puis tous les autres...

Des portraits se dessinent et offrent une vision de la société, de la vie. Une vision, en écho avec le texte, dure et enfantine à la fois. La Mélancolie des Barbares oscille sans cesse entre les opposés, le rêve/la réalité, l’amour/la haine, la morale/la délinquance... Dans l’interprétation même des personnages, le collectif NOSE joue avec les contresens. Ainsi, c’est une jeune demoiselle toute blonde et fraiche qui nous dépeint comment un homme, un vrai, doit prendre une femme qui lui dit non, et nous raconte avec exaltation comment violer une femme. C’est fort, tant par le texte et le thème que l’interprétation de chacun des comédiens ainsi que le visuel.

La scénographie est d’une telle simplicité qu’elle oblige les comédiens à l’exploiter en profondeur. Sur un plateau nu où le jeu important des lumières permet la variation des ambiances, une rangée de machines à laver sur roulettes sert à la fois de bureau, de parc, de lit... Référence à la "souillure", aux taches que l’on essaye de laver ou que l’on fait, au linge sale des familles, des amants et des amis. C’est intelligent et parlant.

Qu’elle soit une création originale pour donner une ambiance particulière à la scène, ou qu’elle soit réalisée directement par les comédiens, la musique occupe une part importante du spectacle. Tout comme le travail du corps qui est exploré et abouti. La représentation du film Scarface par des gestes répétés est géniale. Tous se donnent sur scène sans pudeur ni exhibition.

Casser le quatrième mur et apporter des moments de l’action dans le public permet un rapport direct entre les spectateurs et les personnages. Le public devient plus qu’un spectateur, il est le témoin de cette société, de ce monde dont il fait partie.

La Mélancolie des Barbares touche chaque personne, peu importe le sexe, l’âge ou le niveau social car cette pièce est un concentré de notre monde actuel. La religion, le monde du travail, la précarité, la mort, l’amour, le désir d’un avenir meilleur, le sexe, le mariage, l’homosexualité, la famille... Une infinité de thèmes sont traités avec justesse et sincérité.

Avec cette création plus que réussie, le collectif NOSE va plus loin en interviewant ceux qui le désirent avant et après le spectacle. Les réponses aux questions posées sont rassemblées dans une création auditive mise à disposition des spectateurs avant la représentation. Une mise en bouche qui permet une réflexion par et pour tous. Cela dans le pur esprit du collectif NOSE. Intéressant et judicieux.

La Mélancolie des Barbares est un spectacle percutant, accessible à tous, qui apporte une réflexion sur notre monde avec finesse et poésie. Un beau rêve-réalité qui a de beaux jours devant lui ainsi que le collectif dont nous ne pouvons qu’attendre les prochaines créations avec impatience.
Mis à jour le 08/11/2012
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