• Trente-neuf ans de règne : plus que la prĂ©sence au pouvoir de tous les prĂ©sidents de la Ve RĂ©publique ...
  • Trio endiablĂ© Ă  la manière d'un vaudeville, 
  • Une chanteuse provocante, trois musiciens dĂ©jantĂ©s, des textes drĂ´les et percutants, voilĂ  la recette de ce spectacle vivifiant et fantaisiste ! Ils puis en tournĂ©e en France.
  • Ne manquez pas ce spectacle Ă©bouriffant et drĂ´le qui tourne en rĂ©gion parisienne et en province !
  • ''<i>L’homme le plus aimĂ© des Français</i>'' revient parmi nous. Il nous raconte sa vie, affirmant que rien n’est dĂ©sespĂ©rĂ©.


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... comme un rasoir ouvert !

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© Guy Delahaye
Jusqu'au 18/07/2012
18h.
Tinel de la Chartreuse
La Chartreuse
30400 VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON
D’emblĂ©e, le titre mystĂ©rieux de ce spectacle semble une Ă©nigme posĂ©e au spectateur potentiel. Jean-François Matignon, le metteur en scène, directeur de la cie Avignonnaise Fraction, a voulu rĂ©unir deux œuvres majeures : le Woyzeck de Georg BĂĽchner et GB84 de David Peace. Deux œuvres temporellement distantes l’une de l’autre, mais qui ici se trouvent rĂ©unies Ă  travers le personnage de Martin, un "homme du peuple" en 1984 et de Franz un "homme de peu" en 1837. Un prolĂ©taire et un soldat de base... tous deux victimes de leur situation sociale. InĂ©vitablement, ces deux ĂŞtres se rencontrent dans le théâtre par une sorte de mimĂ©tisme funeste. Comme par une fatalitĂ© aussi de l’écriture scĂ©nique, le metteur en scène les a rĂ©unis "comme un seul homme" pourrait-on dire... dans un dĂ©sespoir partagĂ©.

Le plateau du théâtre est un lieu où se rencontrent les tenants de l’Histoire récente du XXe siècle et particulièrement de l’évolution politico-économique ultra libérale du système capitaliste en Grande Bretagne à son acmé sous les années Thatcher... Et notamment avec la grande grève des mineurs. Nous sommes dans les bureaux et services de Margaret Thatcher, Premier Ministre, puis au Syndicat des Mineurs, sous l’égide d’un personnage emblématique des luttes, le dirigeant Arthur Scargill, principal opposant à Thatcher, enfin chez Martin, un gréviste qui va voir sa vie personnelle, professionnelle, sentimentale voler en éclats à cause de la répression. Les mineurs sont en effet fliqués autant qu’il est possible par les services de police tout spécialement chargés de ce travail. Pendant toute une année, les affrontements seront d’une extrême brutalité.

En vérité, le gouvernement Thatcher avait préparé la stratégie de cet affrontement comme celle d’une véritable guerre. "La putain de Troisième Guerre mondiale" telle que la qualifiera un mineur... C’est sur cette situation que la lumière se fait sur le plateau. D’innombrables personnages, acteurs officiels ou masqués, avec ou sans noms connus, autour de Martin et sa compagne. Faute de se servir d’une parole désormais tout à fait inefficace, et devenu Franz, qui n’avait pas lui non plus droit à la parole, il assassine celle qui est encore sa compagne. Assassinat métaphorique sans doute, car ce que Martin détruit ainsi, c’est surtout la part de lui-même qui le gardait en contact avec une réalité qui désormais lui est devenue invivable. "Si vous regardez à l’intérieur, tout homme est un abîme. Cela donne vertige d’y regarder", disait Büchner... Privé de ses ressources psychologiques, intellectuelles et de toute espérance sociale, ne reste à l’être humain que le plus total désespoir...

La dimension sociale et politique est présente ici au-delà de ce que l’on pouvait en attendre, mais sans didactisme superflu. C’est un théâtre qui, sans trop le montrer ouvertement, va du côté de l’épique... Sans oublier Artaud. Brecht surtout n’est pas loin. Mais un Brecht qui aurait intégré toutes les technologies de plateau et qui tiendrait compte de l’évolution d’un public, désormais ultra informé. En vérité, si Brecht revenait dans ces conditions, sans nul doute irait-il vers cette forme de théâtre, analyste, dénonciateur, éveilleur de consciences, exemplaire donc.

Il faut citer les neuf comédiens, tous excellents, qui apportent leur concours à cette formidable entreprise, ainsi que le faisait Jean Vilar, dans l’ordre de l’alphabet : Valère Bertrand, Stéphane Czopek, Michèle Dorlhac, Sophie Mangin, Julie Palmier, Valérie Paüs, Roland Pichaud, Thomas Rousselot et Sophie Vaude.
Mis à jour le 15/07/2012
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