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Scènes transfrontalières, destins de l’Histoire, cris et souffrances d’un conflit ethnique, Les Descendants ressuscitent la mémoire collective au Théâtre de l’Aquarium.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 02/05/2012
au 27/05/2012

Du mardi au samedi à 20h30, dimanche à 16h.
La Cartoucherie - Théâtre de l'Aquarium
La Cartoucherie
Route du Champ de Manœuvre
75020 PARIS
Métro Château de Vincennes
Réservations :
01 43 74 99 61 du mardi au samedi de 14h à 19h
Site Internet
Les Descendants, une main à l’écriture, celle de Sedef Ecer. Une histoire, des histoires sur des mains tendues à l’Allemagne, l’Arménie, la Turquie et la France. Le destin des victimes de guerre. Un adulte, des adultes aujourd’hui. Un orphelin, des orphelins hier. Sedef Ecer est une auteure dramatique franco-turque. Une plume stylisée pour la presse turque, des romans, des scenarii de longs métrages et documentaires. Des formes d’écriture aussi variées qu’expressives, Sedef les met à disposition dans son garde-mots. Cette pièce de théâtre, une bibliothèque d’images extraites des archives de l’Histoire par Serge Avédikian et restituées à la vie par l’interprétation des comédiens, selon un modus operandi contemporain.

Bruno Freyssinet est de cette génération de metteur en scène qui pose les fondements d’un théâtre du renouveau. L’actualité et le présent composent les structures existentielles d’une géométrie artistique, lesquelles s’articulent sur un polygone à inclinaison variable. Tendances néo-surréalistes conçues sur les technologies pluri-visuelles et sonores, la mise en scène de ce spectacle réalisé par Bruno Freyssinet dessine deux parallèles sur le champ de la créativité, l’innovation et l’ouverture.

L’histoire, in situ, se déroule sous la coupole d’un observatoire astronomique. Autrefois dans un pays comme dans tant d’autres pays, l’amour a rapproché une fille d’un garçon. La passion a décliné en séparation, leur communauté a été massacrée. Orphelins sans famille et sans origines, que reste-t-il de leur véritable identité ? A contre-courant, les chemins du destin les ont de nouveau réunis.

Aux questions sans réponses succèdent les mystères du passé. Les mots s’enchainent dans des phrases courtes ; en lieu et place des virgules, les points d’interrogation imposent le doute et la souffrance. La vérité s’écrit à l’encre rouge comme le sang des victimes qui a longtemps coulé et à cette heure, continue de laisser un gout amer dans les consciences collectives. Procès d’un génocide sans tribunal, les amants-orphelins endossent virtuellement la robe des avocats. De la haine, ils en éprouvent contre les bourreaux. Point de condamnation, il y a prescription. De la réconciliation, ils revivent leurs amours passées. Mais demain, que deviendront-ils ? Retrouveront-ils l’âme de leur peuple décimé ou vivront-ils aveuglément sans pouvoir pousser les lourdes portes de l’Histoire ?

Théâtre du Temps écrit avec un T majuscule, Les Descendants jettent le trouble sur une méprise et une traitrise. L’Orient et l’Occident, géographiquement distancés et culturellement différents, se fondent en un territoire imaginaire. Grâce à l’intensité du texte de Sedef Ecer, la France, l’Allemagne, l’Arménie et la Turquie sont vicinales. Les mots s’expriment en toute liberté. De traduction, il convient de comprendre les cris du cœur et cerner l’expression des regards. Les dialogues se nouent et se dénouent selon, car cette pièce est une fresque documentaire qui dégage des émotions en couleur et imprime les contradictions en noir et blanc. Les échanges linguistiques entre les comédiens, originaires des quatre états cités en aval, donnent naissance à une nouvelle langue. La grammaire, c’est la conjonction du perçu et du ressenti, du toucher et de l’écoute.

Julia Penner et Andréas Worsch (Allemagne), Tatevik Ghazarian et Vardan Mkrtchian (Arménie), Hadrien Bouvier et Gérard Torikian (France), Selin Altiparmak et Serra Yilmaz (Turquie) immortalisent un fait d’histoire dramatique. Force est de les écouter et de les voir évoluer sur une scène transeuropéenne et intergénérationnelle. C’est tremblant et émouvant. Serra Yilmaz, une présence marquée par une personnalité dure et sincère, une magnifique interprétation pour cette comédienne turque.

La mise en scène tourne comme le cadran circulaire conçue pour réconcilier le passé au présent, la haine à l’acceptation. Chaque passage est dosé comme une parenthèse qui s’ouvre et se referme presqu’aussitôt sur cette tragédie jamais traduite de cette façon.

Le texte de Sedef est antique en un sens car il n’est pas sans rappeler Antigone menacée d’être enterrée vivante et, in situ, les mères pleurant leurs enfants sacrifiés. La beauté de ce texte réside en la douleur des évocations entendues et dans l’innocence et la pureté des émotions exprimées. La mise en scène se veut contemporaine et factuelle car elle est Tour de Babel et Arc de Triomphe d’un sanglant épisode de l’Histoire des Hommes. Une réalisation empreinte de réflexion et de compréhension.
Mis à jour le 08/05/2012

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