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L'adaptation de Volpone au théâtre Ranelagh par Toni Cecchinato et Jean Collette ne défaille pas à la réputation qui est sienne depuis le XVIIe siècle.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 28/03/2012
au 02/06/2012

Du mercredi au samedi à 19h, matinée samedi à 14h et dimanche à 15h. Relâches exceptionnelles les 1er avril et 11 mai.
Théâtre Ranelagh
5 Rue des Vignes
75016 PARIS
Métro Muette (9) / Passy (6)
Réservations :
01 42 88 64 44
Site Internet
Ben Jonson marqua le théâtre anglais de la Renaissance à double titres, inventeur de la comédie des humeurs et, ami et rival de Shakespeare. Deux écritures dont le style s’apparente à la dramaturgie et converge vers la singularisation des rapports de l’homme avec les femmes. La comédie des humeurs, inventée par Jonson, est une variation dramatique de la comédie dont l'intérêt est de mettre en avant l'atypie des traits de caractère du personnage central. Si Volpone est une pièce qui invite à la loufoquerie, est-ce cela qui a ouvert les guillemets du délit personnel de concurrence opposant ouvertement Jonson à Shakespeare.

Volpone use habilement de sa faconde pour séduire les jeunes femmes. Sa position de riche notable vénitien l’aide à fomenter une machiavélique machination. Mosca, l’impénitente intendante, le soutient dans le subterfuge qui consiste à feindre d’être mourant. Avertis par les deux bonnes, les amis intéressés par l’héritage viennent à tour de rôle lui amener des cadeaux de valeur. Chacun étant assuré d’être l’unique légataire de la fortune, conforté en leur âme et conscience par Mosca, audacieuse et perfide. La complicité entre Volpone et Mosca se joue des scrupules, une succession d’impromptus alimente ce jeu de dupes. Lequel des convoiteurs sera couché sur le testament ?

Le décor se minimalise à un cube pivotant sur une face découvrant la chambre à coucher de Volpone et une autre dévoilant la tribune d’une salle d’audience. Les autres faces conviennent à la circonstance car elles stimulent l’imaginaire. Scénographie construite sur l’inventivité d’une farce moderne, prompte et irrévérencieuse. La mascarade se fourvoie jusque dans les costumes portés par Corbaccio, Corvino et Voltore. Des patrons cousus avec le fil du ridicule de situation, le biais est gauche et facétieux. Les masques dissimulent la cupidité exagérément navrante des bonnes, domestiquées jusque dans la luxure de leur patron.

Samir Dib interprète un Volpone physiquement repoussant et à la moralité dédaigneuse. Sa réputation l’engraisse en chaire et en biens, ses yeux sont aussi gros que son estomac car de richesses accumulées, il n’en a point assez à satisfaire son égo. La grossièreté du personnage se prête admirablement au Volpone original de l’auteur éponyme. Samir Dib ne ménage pas ses rondeurs pour donner le sens qui est sien, lubrique et pervers, dans cette pièce à multiples rebondissements.

Dans le rôle de Mosca, Céline Sorin brille par son regard sombre et perçant. Un rien angoissante, elle aiguise la tension en noir et blanc car son personnage ressemble à un cauchemar de série B. Céline Sorin, une présence, un talent.

Yannick Rosset joue un Corbaccio marqué par la date limite de vie, mais tout à fait lucide avec les questions d’argent. Un rôle sur mesure pour ce comédien adepte des scènes classiques et contemporaines.

Célia est une jeune femme frêle en apparence et prête à se découvrir aisément avec qui comblera ses désirs sexuels et pécuniaires. Anne Mino accapare bien ce rôle où le jeu de la double personnalité ne trahit jamais la précédente. Une agréable prestation.

François Juillard, Corvino, porte les cornes de la tromperie à ravir car il manifeste une prétention déconcertante. Un rôle sur mesure pour ce bon comédien.

Grégory Benoit interprète Voltore, le savoureux fils indigne de Corbaccio. Des apparitions convaincantes marquées par l’insouciance de son âge pour le rôle. De souhaiter un avenir prometteur à ce jeune comédien.

La mise en scène d’ Alfred Le Renard et de Céline Sorin est fraiche et légère. Elle n’est pas sans rappeler en son époque les représentations jouées, in situ, par Molière et sa troupe quand ils faisaient bancs sur les places de marché des villages. Une pièce menée tambour battant qui mélange les genres, le burlesque, le cynisme, la mise à l’épreuve, la bêtise, l’arrogance, la flatterie et la duperie. Un texte adapté et répliqué sans gueule de bois. Une expressivité libérée de toute emprise consensuelle car Volpone est une comédie amorale côté chambre à coucher, une fable de belle moralité côté chambre de justice.

Les juges représentés par des marionnettes dénoncent d’une certaine façon les codes du langage institutionnel car ils prennent partie sur les tiers rapportés. Le verdict respire l’essence de la liberté et de la considération. Cette pièce ainsi montée sur la scène du Ranelagh se dévoile sur une galerie de portraits hauts en couleurs. Les masques tombent car la raison du plus fort n’est pas toujours la meilleure.

Volpone d’ Alfred Le Renard et de Céline Sorin souligne l’attachement au théâtre classique conceptualisé en farce moderne avec les attributs et les artifices qui conviennent à créer une atmosphère radieuse et rieuse. Une pièce à mettre en tous les yeux de dix à cent ans car Volpone est qui le veut.
Mis à jour le 01/04/2012
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