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  • ''<i>L’homme le plus aimé des Français</i>'' revient parmi nous. Il nous raconte sa vie, affirmant que rien n’est désespéré.


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Macbeth
TNT Théâtre national de Toulouse (TOULOUSE)
de William Shakespeare
Mise en scène de Laurent Pelly
Avec Thierry Hancisse (Macbeth), Marie-Sophie Ferdane (Lady Macbeth), Pierre Aussedat (Duncan / Hécate / Siward), Emmanuel Daumas (Malcolm / une apparition), Rémi Gibier (Macduff / un capitaine), Benjamin Hubert (Donalbain / un médecin / une apparition), Eddy Letexier (une sorcière / un meurtrier / Seyton), Régis Lux (Lennox), Laurent Meininger (Banquo / Caithness), Ronan Rivière (une sorcière / Fléance / un serviteur), Fabienne Rocaboy (Lady Macduff / une noble dame de compagnie), Jean-Benoît Terral (Ross / un meurtrier / une apparition), Damien Vigouroux (une sorcière / un messager / un meurtrier / le jeune Siward), Killian Montaudié, Hugo Moan (fils de Macduff en alternance), Jean-Jacques Duquesnoy, Eric Soucaze

Voilà une des créations les plus attendus de cette saison. Après Ionesco, Goldoni et Victor Hugo, Laurent Pelly se fait plaisir avec une des plus grandes tragédies du maître W. Shakespeare : Macbeth.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Jusqu'au 16/03/2012
TNT Théâtre national de Toulouse
1 rue Pierre Baudis
31000 TOULOUSE
Réservations :
05 34 45 05 05
Site Internet
Nous savons tous combien il est difficile de reprendre les œuvres, ô combien de fois jouées et rejouées, de William Shakespeare. Tout spécialement cette histoire de trahison, de guerre et de pouvoir qu’est cette grande pièce dont on ne doit pas prononcer le nom sur une scène de théâtre car elle porte malheur.

Inutile de la raconter tant elle est pleine de ressorts et de rebondissements. Toutefois, pour la résumer aux non-initiés, il s’agit de l’histoire de Macbeth, brillant commandant des armées du roi d’Ecosse Duncan. En revenant de bataille, il croise trois sorcières qui lui prédisent qu’il deviendra roi, tandis que son ami, à ses côtés, Banquo, engendrera, lui, toute une lignée de rois. En apprenant la prédiction faite à son époux, Lady Macbeth le convainc d’assassiner le roi Duncan. Dès lors, tous deux tombent dans une spirale infernale pour la conquête du pouvoir, puis dans la paranoïa qui va les conduire à leur propre perte.

On retrouve la patte de Pelly dans cette mise en scène très visuelle voire cinématographique. La scénographie, certes épurée mais gigantesque, est un labyrinthe évolutif, tel l’esprit des personnages pris au piège de leurs propre émotions (désir, peur, culpabilité...). Entre chaque scène, le rideau tombe afin que les murs de deux mètres de hauteur soient déplacés sur scène pour nous emmener dans un espace-temps différent. Laurent Pelly aime jouer avec les ambiances. Pour son Macbeth, il donne un ton obscur avec des lumières très travaillées : l’acteur ne subit pas la lumière aveuglante des projecteurs. Les ombres, l'obscurité et la fumée créent une ambiance sombre, pesante, inquiétante. Le metteur en scène joue avec les clair-obscur faisant de chaque scène une évocation de l’univers des œuvres du peintre Rembrandt. L’époque n’est pas définie, tout comme l’œuvre de Shakespeare : elle est intemporelle. Les costumes, toutefois à caractère contemporain, ne permettent pas de dater l’action. Ils sont simples et efficaces, usant de symboles pour définir les personnages : des lances pour les guerriers, des couronnes brillantes pour les rois et la reine... Parti pris très intéressant : le choix de longs manteaux à col mao pour les hommes de guerre. Leurs costumes rigides et protocolaires associés à leur démarche aux pas cadencés sont nettement inspirés de l’armée du IIIe Reich. Les talons claquent. Tous les déplacements se font en ligne droite. On retrouve cette discipline fanatique des combattants devant un homme manipulateur qui obtient le pouvoir absolu. Ce parallèle avec notre histoire est judicieux.

Un bémol toutefois : comme c'est souvent le cas avec les créations du TNT, la mise en scène et le visuel l'emportent sur le jeu des acteurs, bien que, cette fois, Macbeth et Lady Macbeth soient interprétés par deux comédiens de la Comédie française. Leur diction ne souffre d'aucun défaut et le spectateur saisit le texte à merveille. Cependant, leur jeu – au début en tout cas, jusqu’à ce que les deux soient couronnés – peut décevoir : Thierry Hancisse campe un Macbeth bien trop couard à notre goût, pour un général des armées qui brille au combat et reçoit des distinctions pour ses faits d’armes. Où sont la tenue, la rigueur, la fierté et même l’ego démesuré du général Macbeth ? Une fois devenu roi d’Ecosse, Thierry semble toutefois s’approprier le personnage et son Macbeth devient alors plus coloré. Son ascension puis sa descente vers la folie sont vécus et son personnage prend enfin de l’épaisseur.

Dans la première partie, Lady Macbeth manque de sensualité, de sexualité, de force, de courage, de détermination. Elle n’est pas vraiment crédible dans la manipulation de son époux, un homme de guerre, fort et dévoué à son roi. Son jeu nous semble trop lent, ce qui le rend ennuyeux et risible. Jusqu'à ce que Lady Macbeth soit sacrée reine. Dès lors, Marie-Sophie Ferdane s’amuse enfin dans son rôle et on savoure la puissance et la sexualité du personnage, de même que son autorité. La scène de la tache, grand moment de folie de Lady Macbeth, est bien menée. Une Lady Macbeth à la hauteur du rôle !

Notons l’interprétation des trois sorcières. Pelly a choisi trois hommes pour interpréter ces êtres ambiguës tant par leur sexe que par leurs intentions. Eddy Letexier, Ronan Rivière et Jean-Benoît Terral nous offrent un tableau visuellement magnifique et une interprétation marquante des trois sœurs. Elles sont la grande réussite de cette pièce. Les mouvements des corps, les voix et les costumes donnent une vision diabolique des prophétesses. On ne s’en lasse pas et leurs scènes sont un vrai bonheur. Las, tout dégringole lors de l’apparition d’Hécate. Quelle déchéance ! Pierre Aussedat, affublé d’une robe en pilou à poix avec de grosses lunettes en cul de bouteille, chevauche un balai synthétique dans son interprétation de la déesse Hécate, représentation du pouvoir mystique féminin. Risible et... affreux !

D’autant que Pierre Aussedat nous offre jusque-là un roi Duncan touchant et très juste. Ce vieillard qu’il faut continuellement porter car il n’est plus en mesure de se déplacer lui-même, est encore respecté et aimé de tous. Il est ferme et despotique, tout autant qu’il peut être aimant et reconnaissant. Il est la figure paternelle de tous les autres personnages.

La pièce, qui dure plus de 3 heures, est sans doute un peu trop longue. Elle n'en demeure pas moins magnifique d’un point de vue esthétique, mais peine à démarrer véritablement. Certaines scènes semblent avoir été plus travaillées que d’autres, complétement bâclées. En l'état, le Macbeth de Laurent Pelly n’est pas à la hauteur du grand dramaturge qu'est William Shakespeare. Dommage. Cela dit, en retravaillant certains points, elle pourrait le devenir.
Mis à jour le 05/03/2012
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