• Un conte Ă©cofĂ©ministe pour enfants ! Original, inventif, dynamique et questionnant ! Une vĂ©ritable pĂ©pite Ă  aller dĂ©couvrir au ThĂ©o Théâtre.
  • Une vraie prouesse. L'un des meilleurs spectacles pour enfants depuis longtemps.
  • Courez vraiment voir son show, vous n’allez pas ĂŞtre déçu !
  • Trio endiablĂ© Ă  la manière d'un vaudeville, 
  • Une chanteuse provocante, trois musiciens dĂ©jantĂ©s, des textes drĂ´les et percutants, voilĂ  la recette de ce spectacle vivifiant et fantaisiste ! Ils puis en tournĂ©e en France.


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Un conte étrange qui relate l’histoire singulière de deux bonnes meurtrières.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 07/02/2012
au 10/02/2012

20h.
TNT Théâtre national de Toulouse
1 rue Pierre Baudis
31000 TOULOUSE
Réservations :
05 34 45 05 05
Site Internet
En 1947, Jean Genet Ă©crit une pièce atypique basĂ©e sur un fait divers. Genet, lecteur assidu du journal DĂ©tective, adapte l’histoire des sœurs Papin. Les deux sœurs firent la une du journal lorsque, le 2 fĂ©vrier 1933, elles assassinèrent leur patronne, Madame Lancelin, et sa fille. On symbolisa leur geste comme la rĂ©volte des domestiques contre les bourgeois. Cette affaire devint un point important dans la lutte des classes. Mais au final, personne ne sait rĂ©ellement pourquoi les sœurs Papin ont frappĂ© ce jour-lĂ . Aussi, avec beaucoup de poĂ©sie et d’une manière dĂ©calĂ©e, Jean Genet nous offre-t-il sa vision de l’histoire.

Solange et sa sœur Claire sont au service de Madame depuis plusieurs annĂ©es. Et depuis un certain temps, quand Madame n’est pas Ă  la maison, les deux sœurs portent les robes et le maquillage de leur maĂ®tresse, et jouent son assassinat. Elles ont d’ailleurs concoctĂ© un plan qu’elles ont dĂ©jĂ  mis Ă  exĂ©cution. Et ce soir sera l’épisode final et fatal de leur plan.

Aujourd’hui, c’est la compagnie Sirènes qui s’approprie les mots des Bonnes et décide de nous les relater sous forme de conte. Oui, mais un conte particulier, étrange, déroutant voire terrible. On y retrouve la patte du théâtre de l’absurde avec des personnages extrêmes évoluant dans un univers de folie.

La scénographie est propice à ce jeu décalé. Une grande structure métallique sur roue qui tourne sur elle-même, évoque la maison sur deux étages avec deux grands escaliers aux extrémités. Cette grande plateforme de fer sans murs apporte une ambiance d'usine. Avec, au milieu, une petite cuisine évoquée par un évier et une plaque électrique. Du plafond, tombent de gros confettis gris et brillants qui apportent une touche de poésie et de lumière au spectacle.

Si le noir et le blanc dominent, quelques couleurs ressortent de ce tableau. Comme le rose aux joues de Claire, le rouge de Madame, le rose et le bleu des gants de ménagère de Solange... Telles qu'elles sont maquillées, Claire et Solange font penser à des clowns avec une base blanche, des points noirs pour les yeux... Madame, quant à elle, dans tout son faste et la grandiloquence de son personnage, ressemble aux sorcières des dessins animés de Walt Disney. Elle a un air de Cruella Denfer, mélangée à la sorcière de Kuzco. Dans son apparence, dans ses gestes également et sa façon de s’exprimer avec un léger accent. Marilu Marini est d’ailleurs géniale dans ce rôle de vieille bourgeoise délurée et complètement folle. On ne peut que l’aimer même si elle est détestable.

Ainsi, on oscille dans cet univers fragile qui peut basculer dans la folie à tout moment. Le spectacle commence d’entrée par Claire, jouant Madame, et Solange qui la menace, l’insulte et va pour la tuer. C’est dérangeant mais visuellement parlant et très esthétique. Les comédiennes incarnent leur personnage avec justesse et folie, passant d’une émotion à une autre, jouant d’autres personnages dans leur propre personnage. Le rythme est soutenu et les variations des bonnes et de Madame rendent le jeu intense et sur le fil du rasoir. Notons la voix d’Hélène Alexandridis qui nous régale d’une petite chanson. Elle possède un très bel organe. Tout comme Myrto Procopiou qui possède une puissance vocale qu’on ne lui soupçonne pas jusqu’à ce qu’elle nous réveille vers la fin.

Cette version est portĂ©e par de bonnes comĂ©diennes, une scĂ©nographie stylisĂ©e, un choix de mise en scène intĂ©ressant. Pourtant, on y trouve beaucoup de longueurs. C’est que la majoritĂ© de l’œuvre est portĂ©e par le texte. La comprĂ©hension de l'histoire ne se fait qu’au fur et Ă  mesure. Or, il est difficile de tenir le public attentif de bout en bout durant près de deux heures (1h50), sur du texte et une action qui ne se joue que dans une seule pièce.

Outre les trois comĂ©diennes qui incarnent les personnages de l’œuvre, Jacques Vincey a fait le choix d’inclure un jeune homme, Vanassay Khamphommala. ComĂ©dien au physique d’éphèbe, il est prĂ©sent tout au long de la pièce. Tel Jean Genet dĂ©couvrant ou s’imaginant l’histoire des sœurs Papin, il observe, silencieux, le destin de ces femmes qui bascule doucement mais surement vers l’horreur. Tel un mauvais gĂ©nie, il dĂ©place les objets afin que ces dames les retrouvent sur leur passage. Ce choix de mise en scène est intĂ©ressant, quoiqu’un peu superflu. Mais c’est surtout son ouverture de la pièce en tenue d’Adam qui laisse perplexe ! Quel intĂ©rĂŞt pour l’œuvre... si ce n’est pour le plaisir des yeux ?

Cette version des Bonnes n'en demeure pas moins réussie. L’interprétation de ces dames y est pour beaucoup. Les Bonnes de Jacques Vincey, version moderne, ou comment faire d’un fait divers tragique et sanglant un conte absurde et délirant.
Mis à jour le 10/02/2012
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