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INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 11/01/2012
au 28/01/2012

Théâtre 71
3 place du 11 Novembre
92240 MALAKOFF
Métro 13 Malakoff-Plateau de Vanves sortie gauche (n°2)
Réservations :
01 55 48 91 00
Site Internet
Quinze ans après son écriture, Frühling Erwachen (L’Éveil du printemps) rencontre un public scandalisé qui, dans une mise en abime des plus savoureuses, persiste à nier cette sexualité naissante impossible à regarder en face, à l’instar des adultes de la pièce s’obstinant à nommer amour "les ardeurs du mâle". Fils d’un père médecin et d’une mère cantatrice aux activités révolutionnaires, attaché aux marginaux de tous milieux, Frank Wedekind (1864-1918) ne prend pas de gants pour bousculer les tabous, il faut bien le dire : quand untel évoquerait avec prudence un divorce ou la naissance d’un enfant hors mariage, lui traite en un seul volume du coït hasardeux chez les moins de quinze ans, d’onanisme, d’homosexualité, de sadomasochisme, du suicide et d’avortement sauvage. Il n’est pas inutile de rappeler combien ce pourfendeur de morale a impressionné le jeune Brecht – qui voyait en lui "l’un des plus grands éducateurs de l’Allemagne moderne" – ou encore Freud, à l’inverse de ceux qui le censuraient, voire l’emprisonnaient, pour ses transgressions.

Natif de Bogota (Colombie), fondateur du Teatro Malandro qui joue ce soir, Omar Porras n’est plus un inconnu pour les amateurs de théâtre (Ubu Roi, La Visite de la vieille dame, etc.) et d’opéra (Histoire du soldat, L’Elixir d’amour, etc.), d’autant qu’il s’intéresse à des œuvres emblématiques qui mêlent critique sociale et fantasmagorie.

Adaptant la pièce centenaire de Wedekind avec l’aide de Marco Sabbatini, il choisit d’en faire vivre les personnages entre des murets bétonnés dominant un sol terreux sur fond de forêt, reflet de ses "entre deux" urbains qu’affectionnent les adolescents qui se retrouvent à l’abri des regards. Loin du syndrome "Liaisons dangereuses génération sms", l’actualisation reste cependant discrète et intemporelle – quoique ces postiches à nuque rasée, ces oreilles rouges et ces teints pâles nous évoquent les orphelinats franquistes dessinés par C. Gimenez (Paracuellos).

Assumant pour la plupart plusieurs rôles, les neuf comédiens ne manquent pas d’émouvoir et d’amuser. Car si le propos est souvent grave et qu’une pudeur visuelle est de mise concernant l’onirisme érotique et la mort de Moritz et Wendla, Porras ne fait rien sans humour. Le mélodrame en play back joué par le couple Gabor le prouve assez : ces parents puritains ne sont pas nuisibles par méchanceté mais par bêtise ; il faut donc en grossir le ridicule plus que la perversité puisqu’ils sont les instruments pitoyables de conditionnements opérés à leur insu. En fin de compte, ne perdent-ils pas leur enfant d’une façon ou d’une autre, pour avoir refusé un dialogue véritable ?

Sur scène ou en bande son, les musiques variées d’Alessandro Ratoci, plus les différentes chansons (Promenons-nous dans les bois, Riders on the Storm, une parodie de cantique au piano, etc.), rythment un spectacle profond qui poursuit sa tournée franco-suisse.
Mis à jour le 30/01/2012
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