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 Un huis clos traitant de l’univers étrange de l’adolescence joué par des marionnettes.
INFOS PRATIQUES |
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© X,dr |
Du 10/01/2012 au 21/01/2012
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TNT Théâtre national de Toulouse 1 rue Pierre Baudis 31000 TOULOUSE |
Réservations : 05 34 45 05 05 |
| Site Internet |
Cinq marionnettes humaines plus grandes que nature, deux mètres de hauteur, quatre garçons et une fille, troublantes de réalisme, vont durant plus d’une heure, nous jouer le drame et la complexité de l’adolescence. Dans une sorte de bunker perdu dans le sous-sol d’une usine désaffectée, quatre garçons ont installé leur local de répétition pour leur tout nouveau groupe de musique. Avant la répétition, le guitariste amène une fille dans ce local sale, poussiéreux et froid. Ils discutent de tout et de rien, se testent et luttent contre cette irrésistible attraction (sexuelle) qui les pousse l’un vers l’autre. Puis arrive le batteur qui trouve amusant que sa petite amie soit présente dans ce lieu étrange. Il lui propose même de faire partie du groupe comme choriste. Mais la gêne et la tension monte. Un gros malaise s’installe. La fille décide de partir et les deux garçons vont se retrouver face à face, tous les deux conscients de leur mal-être mais sans pouvoir l’exprimer avec les mots justes, sans pouvoir l’exprimer avec des mots tout simplement.
Et puis, le problème n’est pas vraiment celui auquel on peut s’attendre... Le reste du groupe, le bassiste et le chanteur, arrivent en retard. La répétition peut commencer mais vue la brouille qu’il y a entre le batteur et le guitariste, impossible de faire quoi que ce soit. Voilà, de façon simplifiée, l’histoire de Violet, une répétition de jeunes gens qui tourne mal.
Le travail est centré autour de ces cinq grandes marionnettes. C’est un travail de recherche qui aboutit à un résultat saisissant de réalisme. Les six comédiens, entièrement vêtus de noir mais volontairement visibles du public (de toute façon, il n’est pas possible de faire autrement), manipulent les marionnettes ensemble et tour à tour dans une chorégraphie précise et bien rodée. Ils leur donnent également leur voix, et bien que ces mannequins de cire soient dans l’incapacité de remuer les lèvres, leurs corps s’expriment. Leurs pupilles brillent. On en oublie les comédiens manipulateurs tant les marionnettes semblent animées de vie. C’est beau et c’est une performance remarquable.
Cela dit, le spectacle est lent, beaucoup trop lent ! Les comédiens ne proposent aucune intonation ou variation dans les textes des personnages, ils répètent toujours la même chose et prennent leur temps. Où est la fougue de la jeunesse, la passion et la révolte des années rebelles ? Certes, dans ce passage difficile de l’enfance vers la vie adulte, le corps est gauche, il est difficile de s’exprimer clairement par des mots, on hésite beaucoup et faire un choix, prendre une décision, peut prendre un certain temps (je ne parle même pas d’agir), mais quand même ! Pour un spectacle sur scène, il faut un minimum de rythme afin d’accrocher le public et de ne pas le laisser sombrer dans l’ennui et, finalement... le sommeil. Alors, oui, la performance de marionnettiste est sans conteste une réussite, mais le jeu des acteurs est à revoir du début à la fin.
Pourtant, psychologiquement, il y a une matière inouïe pour jouer ces adolescents en plein questionnement et mal dans leur peau. Les thèmes de l’attirance, de la sexualité, du désir, de l’envie, de la peur, de la jalousie, de la trahison, des liens familiaux et de tous les troubles que cela peut engendrer, de l’amitié... On devrait assister à un feu d’artifice d’émotions, de sensations, de sentiments. Surtout à cette période de la vie où il nous semble que l’on est écorché vif et que tout (et surtout n’importe quoi) prend des dimensions gigantesques et disproportionnées. Les acteurs auraient-ils oublié leur ressenti à cet âge ? De plus, la mise en scène oscille entre fantasme et réalité sur un fond de musique rock'n'roll ou sur une douce berceuse qui revient comme un gimmick selon les moments. Il y a vraiment matière à se lâcher et laisser les marionnettes prendre le pas sur la manipulation précise et minutieuse.
Violet est une belle performance travaillée et approfondie dans la dimension des marionnettes, mais terriblement décevante au niveau du jeu des acteurs et de la mise en scène qui impose un rythme si lent. Ce qui, en définitif, gâche tout à un spectacle qui pourrait être absolument génial. |
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Mis à jour le 15/01/2012
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