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INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 19/10/2011
au 08/01/2012

Lucernaire
53 Rue Notre-Dame des Champs
75006 PARIS
Métro Vavin, Notre-Dame des Champs, Montparnasse Bienvenüe
Réservations :
01 45 44 57 34
Le vieil acteur se réveille brusquement et apparait sous son grand manteau. Il fait nuit noire dans le théâtre et à l’extérieur. Ce soir, au théâtre, on a célébré comme il se doit sa dernière. Ce soir, le vieil homme quitte la scène sous les ovations du public et se retire des planches à tout jamais. Il a beaucoup bu pour fêter ça et s’est endormi dans un fauteuil sur scène. Ils sont tous partis maintenant et le voilà qui se retrouve seul dans l’obscurité et le silence du grand théâtre. Enfin dans le silence... Un théâtre, ce n’est jamais complétement silencieux. Les fauteuils et le planches craquent, et puis ils sont là, eux aussi... Les fantômes des personnages qui sont passés sur scène, qui ont été joués, interprétés, qui ont pris vie. Ils hantent le théâtre. Et puis surtout, il y a le souffleur (Aurélien Tourte) qui dort ici en secret car il n’a pas d’autre toit pour la nuit. Alors, dans cette nuit complice et propre aux souvenirs, le comédien (Serge Noël) et lui vont se remémorer les spectacles d’antan, ceux qui ont fait leur gloire.

Petit à petit, le comédien fatigué par les années semble voir les matérialisations de tous ses personnages qu’il a incarnés. Est-ce l’alcool, la fatigue, l’émotion de la fin de sa carrière, la folie ? D’abord méfiant, le souffleur va finir par le suivre dans sa rétrospective pour revivre avec lui ces moments de bonheur.

Une histoire originale et très intéressante. Un vieil acteur en fin de carrière et en fin de vie, qui se remémore et trace une sorte de bilan de son œuvre et par là même, de sa vie. Car quel comédien ne fait pas de parallèle entre les rôles marquants qu’il interprète et sa propre vie ?! Comment quitter le plateau, cet univers merveilleux, magique, attrayant et attractif, voire même chamanique qu’est la scène, sans ressentir une émotion profonde et intense ?

Les esprits sont interprétés par trois comédiens bien vivants (un homme, Anthony Audoux, et deux femmes, Marie Frémont et Sarah Gabrielle) qui rejouent les scènes de l’époque. Ils apparaissent et disparaissent, leur voix se fait écho ; parfois, ils s’adressent directement au vieil homme. Les effets sont bien menés et les gestes chorégraphiés. On sent que la mise en scène a été travaillée et que peu de choses sont laissées au hasard. Anthony Audoux interprète le personnage de Serge Noël lorsqu’il était un comédien plus vif, plus jeune, plus passionné et plus frais. Ce duo est visuellement très beau, voire un peu troublant. En effet, Audoux ressemble véritablement à Noël. Si bien que l’on pourrait s’imaginer voir le père et le fils se donnant la réplique. Marie Frémont est une demoiselle d’une beauté à vous couper le souffle et elle possède beaucoup de charme, de maintien et de classe. Quant à Aurélien Tourte, c’est un acteur à l’écoute de ses partenaires.

Les costumes sont magnifiques et les maquillages ainsi que les coiffures sont travaillés avec soin. Toute la scénographie est justifiée et nous replonge adroitement dans un théâtre, à résonance russe, du XIXe siècle (une vieille malle, des affiches de l’époque, une ancienne coiffeuse...). Et le texte ! Une idée intéressante de reprendre diverses œuvres du génialissime Tchékhov pour en faire une sorte de pot-pourri comme fil conducteur de l’histoire. Intéressant et audacieux ! Et voilà le hic.

Tchékhov, grand dramaturge russe dont les pièces sont loin d’être des comédies, est extrêmement difficile à mettre en scène et à interpréter à sa juste valeur. Bon nombre de compagnies et de comédiens s’y sont cassé les dents. Et les acteurs du spectacle Le Chant du cygne ne font pas exception à la règle.

Contrairement à beaucoup d’auteurs qui travaillent en surface, Tchékhov aborde les passions humaines en profondeur. Cet homme né dans un pays (et une nation) aussi beau et puissant, que rude et froid, connait le mal de l’âme slave. Il s’est d’ailleurs associé durant de nombreuses années avec Constantin Stanislavski dans son travail. On ne peut pas travailler Tchékhov en surface, c’est un jeu qui vient de l’intérieur. C’est exactement ce qui manque aux acteurs de la compagnie du Théâtre Mordoré.

Alors que ce spectacle devrait nous donner des frissons, la chair de poule et nous faire monter les larmes aux yeux, on regarde les comédiens évoluer dans une mise en scène aux nombreuses bonnes idées mais sans ressentir aucune vive émotion. Ils semblent être des coquilles vides, des pantins qui se déplacent sur scène en récitant leur texte. Le public rit durant l’extrait de L’Ours joué sous une forme clownesque, voire plutôt grotesque et ce, sans aucune justification. Délire du metteur en scène ou des comédiens ? Quel dommage, qu’ils passent à côté de l’essentiel même de leur création. Car beaucoup de choses sont intéressantes et peuvent amener à un beau spectacle. Qu’ils relisent La Formation de l’acteur de Stanislavski et reprennent le travail au plus vite. Car même s'il y a de bonnes idées et que cette création part des meilleures intentions, son interprétation ne rend pas hommage à l’auteur, loin de là.
Mis à jour le 11/01/2012
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