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Tragi-comédie de l'ordinaire

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 04/11/2011
au 17/11/2011

Du mardi au samedi 20h30, dimanche à 16h30.
Les Célestins
4 rue Charles-Dullin
69002 LYON
Métro Bellecour
Tarif : 28€ / 22€ / 16€
Réservations :
04 72 77 40 00
Site Internet
Vous vous rappelez cette émission de télévision qui s’intitulait Strip-tease ? Eh bien, le diptyque imaginé par la compagnie Pôle Nord, installée en Ardèche, nous y fait fortement penser. On entre dans le quotidien de deux héros de l’ordinaire. Sandrine est trieuse de verre, célibataire, solitaire ; sa vie est rythmée par le travail, les coups de téléphone à sa mère, les courses à Intermarché et le karaoké du mercredi soir. Son homologue masculin est surnommé Chacal ; il conduit des pelleteuses sur les chantiers, va de CDD en CDD, téléphone à sa femme (imaginaire ?) le soir, de la chambre d’hôtel qu’il occupe. Il espère gagner le gros lot au Bingo ou au Millionnaire, mais, en attendant, comme Sandrine, il passe la majorité de son temps et de son énergie au travail.

Pièces sociales ? Discours sur l’aliénation de l’individu par le travail ? Comédie façon Deschiens ? Tragédie du quotidien morose des ouvriers ? Le diptyque O mon pays ! est tout cela à la fois. Il suscite inévitablement le rire du public lorsque les héros se livrent à des dialogues sans queue ni tête, sur la pluie et le beau ou l’agencement des rayons du supermarché. Mais c’est un rire jaune, un rire par lequel on se moque des personnages, tout en s’identifiant parfois à eux au détour d’une réplique ; on se sent presque gêné de s’esclaffer face à un spectacle finalement plutôt glauque, dont le but semble être avant tout de montrer la misère sociale.

Sandrine comme Chacal font pitié, parce qu’ils sont profondément seuls, englués dans une petite vie étriquée sur laquelle ils n’ont pas de recul, voire dépressifs (Sandrine semble perdre pied, petit à petit, jusqu’à sombrer dans une douce folie aquatique). Mais ils nous font rire parce qu’ils sont naïfs, maladroits et parfois un peu bizarres, déconnectés du réel.

Ces deux petites pièces qui composent le diptyque, CDI Sandrine et CDD Chacal, possèdent donc de nombreux points communs : le thème traité, les comédiens qui les interprètent (Lise Maussion et Damien Mongin, co-créateurs de ce spectacle, issus du collectif D’Ores et déjà, qui nous avait offert Le Père Tralalère et Notre Terreur, tous les deux très convaincants ici), mais aussi le décor très dépouillé : une table (en formica !), un lit (une place), un bidet (en porcelaine bleue), ainsi que la mise en scène très sobre. Elles peuvent se voir indépendamment l’une de l’autre ou à la suite.

Pour notre part, nous avons une préférence pour CDI Sandrine, plus rythmée, plus comique et plus dialoguée puisque les deux comédiens y sont plus souvent ensemble en scène. Voir CDD Chacal juste après n’apporte pas grand-chose, il nous semble, d’autant que Damien Mongin est encore mieux en Jean-François, voisin de Sandrine et vendeur de cuisines chez Mobalpa, qu’en Chacal !
Mis à jour le 13/11/2011
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