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Quand le classique et le contemporain se mêlent pour célébrer un amour que même la mort ne peut séparer.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 26/10/2011
au 30/10/2011

Du 26 au 29 octobre à 20h, les 29 et 30 à 15h.
Théâtre du Capitole
1, place du Capitole
31000 TOULOUSE
Réservations :
05 61 63 13 13
Site Internet
C’est en 1340 que tout a débuté. Nous sommes au Portugal, le prince héritier Don Pedro, doit rencontrer sa promise, Constance Manuel de Castille. Mais la vie a voulu que ce soit Dona Inès de Castro, jeune femme venue à la cour pour être une des dames d'honneur de la future épouse, qui toucha le jeune homme en plein cœur. Il en tomba fou amoureux. De par les tensions politiques de l’époque et les pressions exercées par son père, le roi Alphonse IV, l’amour passionné de Pedro et Inès est mis à rude épreuve. Tant bien que ma,l ces deux âmes sœurs résistent et affirment leur amour au grand jour. Ils auront même quatre enfants. Mais le 13 janvier 1355, Inès est décapitée par trois sbires du roi Alphonse IV. Pedro, rempli de colère et de chagrin, veut venger la mort de sa dulcinée et tente d’assassiner les coupables. Il tient également son père pour responsable. A la mort de ce dernier, Pedro, devenu roi, fait exhumer le cadavre d’Inès et la fait conduire au monastère d’Alcobaça. Il organise une somptueuse cérémonie au cour de laquelle il déclare qu’Inès est sa femme légitime (ils s’étaient mariés en secret), il revêt le squelette d’Inès de vêtements royaux, la couronne, l’assoit sur son trône et exige que chacun des membres de la noblesse lui baise la main en signe d’allégeance, faisant d’elle "la reine morte".

Cette histoire d’amour passionnelle et tragique à inspiré bon nombre d’artistes. On retient ici la pièce espagnole de Luis Vélez de Guevara, Reinar después de morir (1652) et celle de Montherlant, La Reine morte (1942). Aujourd’hui, c’est le danseur et chorégraphe Kader Belarbi qui nous offre sa vision de la défunte reine.

En un mot : génial ! Il y a du génie dans l’œuvre de Belarbi. On n'en attendait pas moins d’un artiste Officier des arts et des lettres (2006), Chevalier de l’Ordre national du mérite (2006) et Chevalier de la Légion d’honneur (2008). Il mêle la danse classique et la danse contemporaine pour créer un ballet original et complet. Il va même plus loin qu’une œuvre dansée, sa création est quasiment cinématographique. Belarbi joue avec les couleurs, les lumières et les ambiances. Les clairs-obscurs des scènes du roi du Portugal sont magnifiques, à la fois profondes et sombres, tout en rappelant ce coté humain et aimant du personnage. Belarbi aime peindre à ses heures, l’esthétisme de son travail est soigné et même calculé jusqu’au moindre détail. Sa scénographie est simple, quelques panneaux et chaises amovibles, quelques rideaux et lanternes descendant à loisir du plafond, rien de plus. L’essentiel est basé sur les ambiances et les danseurs.

La performance de chaque danseur est impressionnante. Il est vrai que le corps de ballet du théâtre du Capitole nous régale toujours d’un haut niveau de danse ; mais combiné avec le savoir-faire de Belarbi, on atteint un spectacle de très haute qualité.

Maria Gutierrez est belle, fine et gracieuse, elle semble être une jeune femme fragile prise dans le tourbillon de cet amour qu’elle ne contrôle pas et qui lui sera fatal. C’est bien simple, cette danseuse ne marche pas, elle vole. Son interprétation est époustouflante. De jeune première amoureuse et pleine de vie, elle se transforme en cadavre squelettique à l’allure spectrale pour son dernier duo avec Don Pedro, luttant à chaque pas pour finir leur ultime danse. Quant à son partenaire de scène, Kazbek Akhmedyarov, il est convaincant en jeune prince fougueux, amoureux et révolté. Tel une gazelle, il passe près de deux heures à bondir, tournoyer et à porter, caresser, enlacer et embrasser sa dulcinée. Tout cela avec le sourire et sans montrer le moindre signe de fatigue, s'il vous plaît. Incroyable. Ces deux danseurs forment un duo touchant et charmant.

Valerio Mangianti, qui interprète Ferrante, le roi du Portugal, marque les esprits. Il a conquis le public. Son roi est impressionnant, inquiétant, même cruel, en étant tout à la fois vieux, fatigué et tiraillé entre le bonheur de son fils qu’il aime et ses obligations politiques. Pour un homme pas si âgé que cela, ce rôle de composition lui sied à merveille.

Paola Pagano nous offre une chorégraphie moderne dans un ballet classique et c’est un régal. Cette danseuse charismatique fait une Infante (épouse choisie par le roi Alphonse pour son fils) remarquable. Elle est forte, fière et orgueilleuse mais touchée en plein cœur et dans son orgueil par le choix de son prétendant, nous offrant ainsi une danse en aparté empreinte de dureté et de douleur pour reprendre son masque de femme inébranlable.

Ce mélange de classique et de moderne est intéressant et utilisé de manière intelligente. Aussi, les bouffons de la Cour sont-ils parés de costumes élastiques flashant, apportant une touche de couleurs, de légèreté et de joie de vivre dans cet univers où, dés l’annonce du titre, on sait très bien que ça va mal finir. Ce sont de véritables clowns.

Quant au choix de la musique, qui n’est pas une composition originale, le choix de Tchaïkovski est parfait. Les œuvres de ce compositeur accompagnent et subliment les danses. Et réciproquement. Belarbi affirme : "Avec lui (Tchaïkovski), j’ai l’impression d’avoir trouvé un compagnon. Certes, il est mort mais, pour avoir réussi à trouver dans son œuvre des morceaux pour chacune de mes séquences, c’est comme si nous avions travaillé ensemble, côte à côte". Cette notion de complicité et d’échange se ressent tout au long du spectacle.

Une remarque toutefois sur la longueur de certaines scènes pas toujours indispensables et parfois redondantes. Cela dit, c’est une notion propre à l’opéra et au ballet, de prendre vingt minutes pour raconter quelque chose qui n’en demande que cinq. Il suffit juste d’être prévenu.

En résumé, un spectacle magnifique ! A tous ceux qui aiment la danse, les histoires d’amour, de trahison et de famille ; à tous ceux qui aiment la peinture, le cinéma et les jolies choses, courez découvrir La Reine morte (le spectacle n’offre que peu de représentations). Vous serez émerveillés !
Mis à jour le 29/10/2011
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