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Un jour ici et ailleurs, aujourd’hui et hier... Demain peut-être. Un macramé sentimental assemblé de ficelles qui s’entrelacent et glissent vers l’inconnu.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 27/09/2011
au 29/10/2011

Le Monfort
106, rue Brancion
75015 PARIS
MĂ©tro Porte de Vanves
Réservations :
01 56 08 33 88
Site Internet
La lumière dessine une esquisse transparente sur la toile blanche étendue sur la scène du Monfort Théâtre. Le décor est épuré de tout artifice, les objet se devinent posés là dans l’invisible. Seule une chaise sise dans un coin fait face au vide.

Sensation d’apesanteur à l’entrée des comédiens, une famille recomposée pour la pièce, une famille décomposée dans l’histoire du manga de Jirô Taniguchi, Quartier lointain.

Au Pays du Soleil levant, Jirô Taniguchi est un poète de la bande dessinée. La culture japonaise s’apparente à un manuel de philosophie feuilleté pour chaque circonstance de la vie. La réputation de mangaka de l’auteur éponyme a traversé l’océan Pacifique et s’est progressivement installé sur le vieux continent. Le 9e art s’est trouvé un humaniste, lequel exprime avec délicatesse dans sa narration le silence mis en bulle comme une musique interprétée sur le fil de l’intimité.

L’œuvre de Taniguchi prend le caractère intemporel des relations humaines. Les us et les coutumes de la sociĂ©tĂ© japonaise sont issues d’un hĂ©ritage ancestral. Un regard intĂ©rieur inspirĂ© par Murasaki Shikibu dans Le Dit du Genji. Une œuvre incomparable de la littĂ©rature japonaise au XIe siècle qui pose les fondements de la psychologie dans la sociĂ©tĂ©. Ainsi, pourrions-nous dessiner deux lignes parallèles dĂ©clinant les comparaisons entre les personnages extraits de Quartier lointain et ceux abordĂ©s dans le roman de Shikibu.

Les comédiens, lingette en main, synchronisent le ballet de leurs gestes pour laver la scène. Une façon d’effacer les traces du passé.

L’histoire commence en 1998 en gare de Kyoto. "Le 9 avril 1998 à 9h42 du matin, c’est là que j’ai disparu." Un père de famille se retrouve soudainement confronté à sa propre histoire. Le train dans lequel il a pris place n’est pas le bon. Coïncidence ou farce du destin, l’homme arrive dans sa ville natale. Immersion dans une cité qu’il ne reconnait pas. Le hall de la gare grouille de monde, des visages anonymes qui se précipitent, le bousculent dans ses souvenirs. Il arpente la rue cheminant jusqu’à la maison où il vécut avec sa famille.

Le dĂ©cor bascule sur le profil intĂ©rieur de cette maison et la couleur des murs n’est pas sans rappeler le raffinement des familles, mĂŞme les plus humbles. Notre homme, la cinquantaine avancĂ©e, est propulsĂ© dans l’annĂ©e de ses 14 ans. Ses parents, sa sœur, sa grand-mère et le chien lui redeviennent familiers. Acteur et tĂ©moin de sa propre vie, il sourit et s’amuse de la situation. Le lycĂ©e oĂą il a le plaisir de retrouver ses meilleurs copains et dĂ©couvre la tendresse aux cĂ´tĂ©s de sa petite amie. Son père exerce le mĂ©tier de couturier et s’absente souvent pour livrer les pièces chez les clients, sa mère Ă©lève les enfants et s’occupe de la grand-mère invalide.

Ce père, il le considère comme la charpente du foyer. Pourtant, un soir dans le hall d’une gare...

Dorian Rossel a judicieusement expertisé les personnages de Quartier lointain afin de les restituer au plus près de la narration de Taniguchi. De la réalité au rêve, il y a un coup de crayon et un texte, et une brillante adaptation sur la scène du Monfort. Récit initiatique catapulté dans un théâtre d’ombre où les apparences et les similitudes gravitent sur l’échelle de la considération de soi. Regrets amers d’avoir laissé filer le bonheur. La question existentielle repose sur cette inquiétude "Maman, as-tu été heureuse ?".

La mise en scène échafaude une pyramide construite à partir de matériaux fragiles l’angoisse, la mort, la maladie, l’exil. La base de ce édifice est structurellement fondée à partir du bonheur, la confiance, la protection et l’amour. Entre la base et les éléments constituant cet ensemble, l’architecture de cette famille laisse un vide considérable.

Rossel réinvente l’écriture de Taniguchi, une calligraphie esquissée avec l’harmonie des pinceaux. Le corollaire de cette mise en scène, c’est la provocation du regard du personnage principal. Une profondeur intense mêlée à un sentiment d’injustice définissent cette longue traversée dans le temps. Une vie en suspension dont le sort se tend et le ressort se détend.

Les comédiens ont tour à tour été les personnages du manga, in situ, jouant une partition difficile dont l’évocation du contexte s’échappe dans des bulles transparentes. Leur interprétation a été convaincante et a apporté un second souffle à cette très belle histoire humaine de Taniguchi.

La musique est intervenue à des moments clés de la pièce et a permis de découvrir des airs balayant l’inconditionnel pour le présent.

La lumière a percé de mille feux les silences et réduit les frasques du personnage central pour mieux mettre en valeur les autres protagonistes.

Quartier lointain de Jirô Taniguchi, mis en scène par Dorian Rossel et interprété par la Cie SST, un très grand moment de 9e Art sur la scène du Monfort Théâtre.
Mis à jour le 30/09/2011
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