• Un jeu d’acteurs virevoltant et une pièce pleine de facĂ©ties.
  • Un conte Ă©cofĂ©ministe pour enfants ! Original, inventif, dynamique et questionnant ! Une vĂ©ritable pĂ©pite Ă  aller dĂ©couvrir au ThĂ©o Théâtre.
  • Après un arrĂŞt cardio-respiratoire de 35 minutes, Olivier Maillet, atterrit plus mort que vif au service rĂ©animation de l'hĂ´pital Bichat, Ă  Paris.
  • A applaudir tant il est rare d'Ă©couter un texte lĂ©gendaire se dire avec humilitĂ©.
  • Une vraie prouesse. L'un des meilleurs spectacles pour enfants depuis longtemps.


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Un barbecue Ă  la campagne, c'est chouette. Mais quand il n'y a pas de saucisses, c'est la catastrophe.

INFOS PRATIQUES
Affiche du spectacle
© X,dr
Du 16/05/2011
au 28/06/2011

Lundi et mardi à 21h30. Relâche exceptionnelle le 7 juin.
Aktéon Théâtre
11, rue du Général Blaise
75011 PARIS
MĂ©tro Saint-Ambroise
Réservations :
01 43 38 74 62
AmĂ©lie Cornu est une jeune auteure qui trouve les mots justes en posant un regard extĂ©rieur sur les situations du quotidien. La qualitĂ© de son Ă©criture se dĂ©finit par des petites phrases simples et convaincantes, des expressions touchantes et blessantes, des sentiments maquillĂ©s et amers. Tri(s) sĂ©lectif(s) est une pièce d'aujourd'hui qui soulève la question du dĂ©veloppement durable chez les jeunes couples. Osmose Ă©motionnelle et conflit d'intĂ©rĂŞt portĂ© sur la supĂ©rioritĂ© matĂ©rielle de l'homme sur la femme ne font pas toujours bon mĂ©nage. Clin d'œil Ă  la gĂ©nĂ©ration de grand-papa et grand-maman. Le fil conducteur des mentalitĂ©s a Ă©voluĂ© en suivant les lacets serpentĂ©s de la sociĂ©tĂ©. Cependant, la libertĂ© de l'un se conditionne aux exigences de l'autre.

L'histoire de Tri(s) sĂ©lectif(s). Pierre (Thomas Baudeau) et Louise (Pauline Savoye) sont sur le dĂ©part. Agitation dans l'appartement, les saucisses manquent Ă  l'appel. Ce week-end, le jeune couple a dĂ©cidĂ© d'inviter Diane (sœur de Pierre, AmĂ©lie Cornu) et Max (ami de Louise, François Grolier) Ă  une barbecue-partie Ă  la campagne. Pierre est un jeune chef d'entreprise, soucieux de son image. A dĂ©faut de porter le costume trois pièces de patron, l'arrogance, l'insolence et la mauvaise foi l'habillent de la tĂŞte aux pieds. Il harangue sa femme comme s'il s'agissait d'une chose mĂ©canique qui doit obĂ©ir Ă  la moindre impulsion. Louise, c'est une Ă©pouse qui dit amen Ă  tout. Les remontrances de Pierre font mine de ne pas l'affecter. Sa gentillesse quasi surnaturelle lui donne l'apparence des braves filles de la campagne. Le sourire en pointe Ă  pitre exaspère ses proches. Pourtant, il faut toujours se mĂ©fier de l'eau qui dort.

Diane, la sœur de Pierre, est une fille qui organise sa vie selon ses convictions Ă©co-citoyenne. Un peu marginale, un soupçon cassante, elle Ă©prouve maintes difficultĂ©s de s'accrocher Ă  un garçon. Faudrait-il qu'elle le sĂ©duise et le trouve Ă  son goĂ»t. Toutes ses aventures pseudo-amoureuses se sont soldĂ©es par des Ă©checs qui finissent par lui ternir le caractère.

Max, ami de Louise, c'est l'intello du mini groupe. Prof de latin futur ex-Khâgne, il manifeste son désenchantement pour la campagne. Il est libre Max, il n'est pas libre Max. Libre d'assumer sa condition d'homo, pas libre de s'exprimer comme il le souhaiterait. Il faut préciser que ses amis sont adeptes d'une culture en friche.

Le cercle des joyeux amis devient rapidement au fil de la pièce le cercle des joyeux désespérés. Une barbecue-partie qui tourne en cocotte minute.

Pour tout décor, des cubes en bois blanc feront l'affaire. D'utilité collective, ils sont aisément modulables et transformables en éléments de mobilier intérieur et extérieur. La pièce se construit sur la base de plusieurs saynètes durant lesquelles les comédiens n'arrêtent pas de déménager, gesticuler, se poser quelques secondes et c'est reparti pour un tour de piste. Aux convenances succèdent la malchance, l'intempérance, l'arrogance et peut-être la vengeance. La vraie personnalité des quatre protagonistes se dévoilent dans l'évolution de la pièce. Un streap-psycho très chaud. Les amitiés sont fugaces, les règlements de compte sont cocasses.

Les quatre comédiens jouent des rôles taillés sur mesure car chacun véhicule le reflet de l'individu croisé dans la rue. Des caricatures contextuelles interprétées avec réalisme et conviction. Tout le monde se reconnait dans l'un des traits de caractère exprimé in situ : la bonté, la désinvolture, l'agacement, l'ennui.

La mise en scène ressemble à un jeu de cubes qui se montent et se démontent en un rien de temps. Justement, la trame de l'histoire passe de scène en scène sans ménagement. La musique électro s'acoustique selon la tension dégagée entre deux épisodes. Franck Duarte, le metteur en scène, pose sa griffe avec brio sur un état de fait sociétal qui gagne les jeunes générations et gangrène les relations de couple : on s'identifie à l'autre selon une apparence matérielle librement voulue. La consommation outrancière ouvre les portes d'une nouvelle forme d'isolement psychique, le harcèlement.

Celui qui s'est construit un empire à la force du poignet, a-t-il le droit et le pouvoir d'écraser les autres sur son passage ? La réponse est négative, bien entendu. Sinon, la communication est définitivement coupée dans le couple. Une mise en scène intelligente, contemporaine et raffinée par la qualité du texte exprimé.
Mis à jour le 02/06/2011
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